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Armez-vous de patience si vous voulez une voiture électrique

Par Vincent Aubé
voiture-electrique Shutterstock.com

Le virage électrique s’accélère dans l’industrie automobile, mais qu’en est-il de la disponibilité de ces véhicules zéro émission en 2022? On fait le point sur la situation.

Les deux dernières années ont été complexes pour les constructeurs automobiles. Les effets de la pandémie se sont propagés jusqu’aux usines d’assemblage, qui ont dû fermer pendant quelques semaines au début de la crise. La pause forcée a ralenti tous les fournisseurs et les entreprises connexes. Depuis, l’industrie automobile est en mode rattrapage… du moins en ce qui a trait aux stocks de véhicules assemblés.

Les cours des concessionnaires sont vides, ce qui fige les prix d’une majorité de modèles. Vous voulez négocier? Bonne chance, à moins de viser un modèle peu convoité ou en fin de cycle. Même les véhicules usagés sont affectés par cette vertigineuse inflation. La crise des semi-conducteurs s’est ajoutée à la liste des cauchemars avec lesquels les concessionnaires – et, du même coup, les consommateurs – doivent jongler tous les jours depuis la mi-mars 2020.

Pendant ce temps, l’industrie au complet accélère le développement de ses nouveaux véhicules électriques, un geste quelque peu forcé à travers le monde par les gouvernements, qui veulent des flottes automobiles zéro émission le plus tôt possible. Le hic, dans cette histoire, c’est que les livraisons de véhicules électriques se font au compte-gouttes, même au Québec où, de toutes les provinces canadiennes, l’engouement des automobilistes est le plus fort.

Manque de véhicules

Selon un sondage commandé par Transports Canada auprès du groupe Dunsky Energy and Climate Advisors, près de 80 % des concessionnaires interrogés ont constaté une hausse du nombre de modèles de véhicules électriques disponibles sur le marché. En revanche, plus de la moitié de ces concessionnaires n’ont «toujours pas d’inventaire», c’est-à-dire un nombre suffisant de voitures pour répondre à la demande. C’est notamment le cas au Québec.

L’étude, baptisée Zero Emission Vehicle Availability Estimating Inventories in Canada, a interrogé 3 182 concessionnaires canadiens. Une facette de cette étude a de quoi susciter de l’inquiétude concernant les délais de livraison. En effet, 31 % des répondants ont affirmé que le temps d’attente était de plus de six mois. Or, en 2020, seulement 10 % des concessionnaires estimaient le délai de livraison à plus de six mois.

Des délais de plus de six mois

La situation est unique pour chaque concessionnaire, mais, dans l’ensemble, les délais de livraison varient selon les modèles ou les déclinaisons de ces modèles, en fonction de leur popularité auprès des clients.

Une source du constructeur Kia, qui préfère ne pas être identifiée, a confirmé que la version EX – la moins équipée de la gamme – était plus facile à trouver dans les stocks des concessionnaires, mais que, en général, il fallait prévoir de trois à six mois d’attente avant de prendre livraison de son nouveau véhicule électrique. L’arrivée ces jours-ci du premier véhicule de Kia disponible uniquement en version électrique, le Kia EV6, devrait stimuler l’intérêt des consommateurs.

Le constructeur américain Tesla annonce un délai de quatre à huit semaines pour sa Model S Plaid, alors que la version moins puissante ne sera pas livrée avant juillet 2022. La Model X fait patienter ses acheteurs un peu plus longtemps, avec une livraison prévue en octobre 2022 pour la Plaid et en janvier 2023 pour la version plus abordable. Heureusement, la Model 3, la voiture la plus populaire de la marque, peut être disponible en mars ou en juin, selon la version sélectionnée.

L’histoire se répète chez Porsche où le délai de livraison varie entre trois et six mois, selon les versions de la Taycan. Le directeur des relations publiques pour Porsche Canada, Patrick St-Pierre, souligne que le temps d’attente varie beaucoup selon les niveaux de finition disponibles. En général, les modèles plus performants font patienter leurs acheteurs un peu plus longtemps.

Stéphane Dalmat, directeur adjoint aux ventes chez Hyundai Saint-Laurent, indique que le carnet de commandes du multisegment IONIQ 5 est déjà plein pour 2022 et qu’il ne sait pas à quel moment celui de 2023 sera accessible aux consommateurs. «Il y a encore beaucoup de véhicules 2022 qui ne sont pas livrés et, dans certains cas, il faudra attendre jusqu’à l’été 2022, voire la fin de l’année pour les modèles les plus équipés. Les consommateurs qui ont commandé leur véhicule il y a cinq mois, avec une date de production en décembre 2022, devront, selon moi, attendre de 12 à 18 mois avant de le recevoir.»

Le cas de la Chevrolet Bolt est plus épineux. La seule voiture électrique de General Motors actuellement en vente – si on regroupe la Bolt EV et la Bolt EUV – est affectée par une campagne de rappel depuis novembre 2020. La batterie est en effet susceptible de surchauffer et de prendre feu. Les concessionnaires Chevrolet ne peuvent plus vendre la Bolt depuis août 2021, à la demande de General Motors. La production des deux variantes est également stoppée depuis le mois d’août dernier, et il est impossible de prévoir le moment de leur retour sur le marché.

La seule option pour les consommateurs est de se tourner vers un exemplaire usagé, lorsque celui-ci aura été réparé selon les standards du rappel. Une source qui préfère ne pas être identifiée remarque que les Bolt usagées ne restent pas longtemps dans les cours des concessionnaires. Si vous en voulez une, il faudra faire vite.

Vers une réglementation plus contraignante?

Daniel Breton, président et directeur général de Mobilité électrique Canada, croit que le marché canadien n’est pas assez strict pour l’industrie automobile: «Dans certains pays ou États, les constructeurs sont forcés de vendre plus de véhicules électriques. Ils vont donc les fournir en priorité. Le problème d’inventaire au Québec et au Canada risque de s’accentuer si on n’arrive pas avec une réglementation qui force les constructeurs à vendre plus de véhicules électriques.»

Pour lui, il ne fait aucun doute que la réglementation est incontournable si on veut faire en sorte que les gens puissent avoir accès aux véhicules électriques au Québec et au Canada.

>> À lire aussi: Pénurie de véhicules neufs: attention si votre location vient à échéance! et Bientôt au Québec: des autos vietnamiennes, chinoises et turques


PRÉCISION 03/02/2022: Nous avons modifié un passage de l'article qui pouvait porter à confusion. Nous avons remplacé «le premier véhicule de Kia entièrement électrique» par «le premier véhicule de Kia uniquement disponible en version électrique».

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  • journalist
    Par Céline Montpetit de Protégez-Vous
    03 Février 2022

    En réponse aux commentaires de MM Légaré et Plante:
    Bonjour et merci pour votre commentaire. Il est vrai que cette formulation pouvait porter à confusion. En fait, nous aurions dû écrire «le premier véhicule uniquement disponible en version électrique» plutôt que «le premier véhicule entièrement électrique». Nous avons modifié le texte en conséquence.

     1
  • Par GILLES PLANTE
    02 Février 2022

    Extrait du texte:

    L’arrivée ces jours-ci du premier véhicule entièrement électrique de la marque, le Kia EV6, devrait stimuler l’intérêt des consommateurs.

    Non. le EV6 ne sera pas le premier Kia entièrement électrique. Il y a déjà des versions 100% électriques du Soul et di Niro. Toutefois le EV6 sera construit sur une nouvelle plateforme, et sera disponible à 2 roues motrices à propulsion - parfait pour le Québec en hiver :-(, ou à 4 roues motrices. Une façon de pousser la version plus chère ?

  • Par RENAUD BERGERON
    03 Février 2022

    Les délais pour Tesla on toujours été de cet ordre. En fait, il s'agit d'un modèle d'affaires plus rentable que celui des autres constructeurs automobiles. Les parcs de dizaine ou même de centaine de voitures qui s'accumulait coûtait une fortune aux constructeurs sans compter les rabais de fin d'année pour écouler les invendus et la possibilité de majorer les prix jusqu'à un certain point. Les Ford, GM, Toyota, etc. vont maintenant copier le modèle d'affaires de Tesla et les consommateurs devront s'habituer à attendre la livraison de leur véhicule. Peut-être pas aussi longtemps qu'on le voit chez certains constructeur mais il n'y aura plus de véhicules en attente dans les cours des concessionnaires... qui sont eux aussi appeler à disparaître pour deux raisons: 1) les ventes se font en lignes et il suffit d'une équipe de vente très réduire pour faire essayer les véhicules comme chez Tesla. 2) L'entretien des véhicules était une source de revenus importants pour les concessionnaires et cet entretien diminue énormément avec les véhicules électriques.

  • Par GUY LEGARE
    03 Février 2022

    Très bon article, il reflète bien la réalité. Un seule précision, lorsque vous mentionnez «L’arrivée ces jours-ci du premier véhicule entièrement électrique de la marque, le Kia EV6...». Ce n'est pas tout à fait vrai. La Soul EV et le Niro EV existe depuis plusieurs années et je vous garantie qu'ils sont 100% électrique! On devrait plutôt parler du premier VE construit sur la plate-forme «EGMP» exclusive aux véhicules électriques de la marque.

  • Par ISABELLE RENY
    08 Février 2022

    Se pourrait-il que les constructeurs de voitures électriques les retiennent pour d’abord se débarrasser des véhicules à essence. Est ce que les pétrolières n’ auraient pas aussi leur mot à dire?