Crème solaire : le FPS sous la loupe
Pourquoi l’indice FPS affiché sur les écrans solaires ne reflète‑t‑il pas toujours leur protection réelle ?
L’an dernier, nos collègues australiens du magazine Choice ont mis à l’épreuve 20 écrans solaires populaires. Résultat : 16 d’entre eux n’ont pas atteint le facteur de protection solaire (FPS) indiqué sur l’emballage.
Ce printemps, une enquête conjointe de La facture et Marketplace a soulevé un autre signal d’alarme : une même crème solaire affichant un FPS 50 a donné des résultats très variables lorsqu’elle a été testée dans cinq laboratoires nord‑américains différents, obtenant un FPS de 15, 34, 44, 50 et même 60!
Comment expliquer de tels écarts? Que se passe‑t‑il donc au royaume de la crème solaire?
Testé sur des humains
Première chose à savoir : la méthode officielle utilisée pour mesurer le FPS des écrans solaires, la norme ISO 24444, n’est pas parfaite.
Cette norme repose sur des tests in vivo, c’est‑à‑dire réalisés directement sur des volontaires. Concrètement, on évalue la protection d’un écran solaire en comparant la dose de rayons ultraviolets (UV) nécessaire pour provoquer une rougeur – un début de coup de soleil – sur une peau protégée et sur une peau non protégée.
Voici, en résumé, comment se déroule ce type de test :
- Le laboratoire recrute des volontaires à la peau claire, car ces peaux réagissent plus rapidement aux UV, ce qui facilite l’observation d’un coup de soleil.
- Une quantité précisément mesurée de crème solaire est appliquée sur de petites zones de la peau, souvent sur le dos. D’autres zones sont laissées sans protection pour servir de point de comparaison.
- Les zones de peau sont exposées à des UV produits par un simulateur de soleil, un appareil conçu pour imiter le rayonnement solaire. Chaque zone reçoit une dose contrôlée d’UVB.
- De 16 à 24 heures plus tard, des spécialistes examinent la peau afin de déterminer si une rougeur est apparue.
- Le FPS correspond alors au rapport entre la dose d’UV nécessaire pour provoquer une rougeur sur une peau protégée et celle qui est requise sur une peau non protégée.
Par exemple, un FPS 30 signifie qu’une peau protégée tolère environ 30 fois plus d’UV avant de rougir.
Des limites bien documentées
Cette approche soulève depuis longtemps plusieurs problèmes.
D’abord, elle fait naître des questions éthiques, puisqu’elle implique d’exposer volontairement des personnes à des doses d’UV suffisantes pour provoquer un coup de soleil.
Ensuite, les résultats présentent une grande variabilité. Celle-ci peut s’expliquer par plusieurs facteurs :
- la sensibilité au soleil varie considérablement d’une personne à l’autre;
- il est difficile d’appliquer une couche parfaitement uniforme de crème sur la peau;
- l’apparition d’un coup de soleil n’est pas un phénomène parfaitement net, et elle peut être interprétée différemment selon les observateurs.
Ces limites sont bien reconnues dans la littérature scientifique.
Enfin, un élément essentiel est souvent mal compris : le FPS mesure uniquement la protection contre les UVB, les rayons qui sont responsables des brûlures. Il ne renseigne pas directement sur la protection contre les UVA, qui pénètrent plus profondément dans la peau et sont eux aussi associés aux cancers cutanés.
L’approche de Protégez‑Vous
Pour toutes ces raisons, Protégez‑Vous privilégie depuis plusieurs années une méthode in vitro, réalisée entièrement en laboratoire, sans recourir à des volontaires humains.
Concrètement :
- Une petite quantité de lotion solaire est placée entre deux plaques de verre, ce qui permet d’obtenir une couche de crème à épaisseur précisément contrôlée.
- L’échantillon est ensuite exposé à une source lumineuse, et un spectromètre mesure la quantité de rayons UV qui traversent la lotion entre 280 et 400 nanomètres, soit dans les régions UVB et UVA.
Cette approche fait en sorte qu’il est possible de comparer la capacité des produits à bloquer les différents types de rayons UV, de façon reproductible et contrôlée. En revanche, elle ne permet pas de vérifier directement si le FPS mentionné sur l’emballage est exact, puisqu’elle ne reproduit pas les tests réglementaires in vivo.
Il est intéressant de noter que plusieurs pays européens adoptent progressivement de nouvelles normes in vitro, comme la norme ISO 23675, dont le principe s’apparente beaucoup à celui que nous utilisons depuis plusieurs années.
Toutefois, au Canada comme aux États‑Unis, la méthode in vivo demeure, pour l’instant, la seule à être officiellement reconnue pour justifier le FPS affiché sur les écrans solaires.
Pour connaître le détail des performances des produits testés, consultez les résultats de notre plus récent banc d’essai d’écrans solaires.
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