Acheter son premier véhicule électrique : hybride branchable ou 100 % électrique ?
Autonomie, vitesse de recharge, assurances : voici quoi savoir avant d’acheter un véhicule électrique ou hybride branchable qui répond vraiment à vos besoins. Aussi: la liste des véhicules électriques les plus appréciés et les notions clés à connaître avant de faire le grand saut: batterie, recharge, bornes rapides, pneus spécifiques, etc.
Le type de véhicule idéal est celui qui correspond au kilométrage que vous faites sur une base quotidienne, ainsi qu’à votre accès à une borne de recharge.
Les véhicules 100 % électriques récents permettent en moyenne de rouler 400 km avec une seule charge l’été, et moins l’hiver. Cela peut sembler insuffisant si vous effectuez régulièrement le trajet Montréal-Gaspé, par exemple, mais une telle autonomie fera amplement l’affaire si vos déplacements se limitent à votre ville ou votre région. « Si vous parcourez 50 km aller-retour pour aller au travail, n’importe quel véhicule électrique vous conviendra, y compris si vous n’avez pas de borne à la maison », estime Daniel Rochefort, conseiller en mobilité durable à Roulons électrique, géré par Équiterre.
Quant au véhicule hybride branchable, il représente un compromis entre la voiture 100 % électrique et celle à essence. Toutefois, en raison de sa faible autonomie électrique (souvent entre 40 et 70 km), vous devrez disposer d’une borne à la maison ou au travail pour pouvoir le recharger quotidiennement, sans quoi vous ne profiterez pas du bénéfice lié au moteur électrique. Ne confondez pas ce type de véhicule avec l’hybride non branchable, dont la batterie se recharge automatiquement pendant la conduite.
À lire aussi : Cinq véhicules électriques chinois qui pourraient vous intéresser
Caractéristiques des véhicules 100 % électriques
- Subventions : jusqu'à 7 000 $ (modèle neuf) ou 1 000 $ (modèle usagé).
- Moteur : électrique (aucune vidange d’huile).
- Autonomie : de 227 à plus de 800 km, mais souvent au moins 400 km.
- Avantages : faible coût énergétique; moteur silencieux; aucune émission de gaz à effet de serre à l’usage; entretien peu dispendieux.
- Inconvénients : nécessite parfois de planifier les arrêts pour la recharge; aucune option de rechange si vous n’avez pas accès à une borne; réparations et entretien des composants mécaniques et électriques limités aux concessionnaires ainsi qu’à certains garages.
- Modèle idéal : parmi nos « meilleurs choix », le spacieux Tesla Model Y (à partir d’environ 52 600 $) convient à une famille de banlieue qui roule beaucoup, tandis que le Kia Niro EV (à partir d'environ 48 610 $) est adapté à un couple de retraités qui veut un modèle moins cher.
Caractéristiques des hybrides branchables (hybrides rechargeables ou PHEV)
- Subventions : jusqu'à 3 500 $ (modèle neuf).
- Moteurs : un électrique, l’autre à essence (vidange d’huile requise).
- Autonomie : souvent comparable à celle d’un véhicule à essence, car le moteur à essence prend le relais quand la batterie électrique est déchargée (bien que quelques modèles aient une autonomie combinée dépassant 800 km, comme les Prius et Volvo XC60).
- Avantages : possibilité de rouler avec de l’essence si la batterie électrique est déchargée; convient aux déplacements dans des zones dépourvues de bornes.
- Inconvénients : faible autonomie du moteur électrique (souvent entre 40 et 70 km pour les modèles 2026); calendrier d’entretien semblable à celui d’un véhicule à essence.
- Modèle idéal : parmi nos « meilleurs choix », le Toyota RAV4 hybride branchable et le Mitsubishi Outlander PHEV conviennent bien à une famille de banlieue; la berline Toyota Prius hybride branchable (à partir d'environ 42 930 $), elle, constitue un bon choix pour un couple de retraités.
Valeur de revente : avantage hybrides
Président de l’Association pour la protection des automobilistes (APA), George Iny estime que, de manière générale, les véhicules 100 % électriques ont une forte dépréciation prévue. À l’opposé, les véhicules hybrides et hybrides branchables – surtout des Toyota jusqu’à récemment – maintiennent très bien leur valeur de revente.
Selon un sondage de Protégez-Vous mené en 2025 (et dont les résultats complets seront bientôt publiés), les véhicules hybrides rechargeables ont offert le meilleur taux de fiabilité au cours des trois dernières années (79 %), suivis par les modèles à essence (76 %) et les électriques (71 %).
- Le prix pour assurer un véhicule électrifié n’est pas toujours plus élevé que pour son équivalent à essence. Lors d’une enquête sur les assurances, le montant le plus élevé obtenu pour assurer une Tesla Model 3 était 7 320 $, et la soumission la plus basse était 3 850 $.
Liste des véhicules électriques et hybrides les plus appréciés
Un sondage mené en 2023 par Protégez-Vous auprès de 1 525 propriétaires nous a permis de déterminer les modèles les plus appréciés. Les voici, avec le taux de satisfaction et les années-modèles incluses dans l’analyse.
- Kia Niro électrique, à partir de 2019 (100 %)
- Tesla Model Y, à partir de 2020 (96 %)
- Toyota Camry hybride, à partir de 2013 (96 %)
- Hyundai Ioniq 5, à partir de 2021 (95 %)
- Volkswagen ID.4, à partir de 2021 (93 %)
- Polestar 2, à partir de 2021 (92 %)
- Toyota Prius Prime, à partir de 2013 (92 %)
- Chevrolet Bolt, à partir de 2017 (91 %)
- Ford Mustang Mach-E, à partir de 2021 (91 %)
- Tesla Model 3, à partir de 2018 (91 %)
Petit guide technique pour les premiers acheteurs
Avant de faire le grand saut, prenez le temps de vous familiariser avec certains éléments techniques. Pour vous aider, nous vous expliquons, en termes simples, ce qu’il faut savoir.
Batterie. La plupart sont assorties d’une garantie de 8 ans ou 160 000 km, et les constructeurs assurent souvent qu’elles fonctionneront à au moins 70 % de leur capacité pendant cette période. Or, de nombreux facteurs entrent en jeu quant à leur durabilité. « Leur perte d’autonomie annuelle est moins marquée qu’auparavant, et en excluant les rappels massifs comme celui de la Chevrolet Bolt EV, les bris majeurs sont rares », spécifie Jesse Caron, expert automobile à CAA-Québec. À noter que les histoires concernant le remplacement coûteux de la batterie résultent souvent d’un accident de la route l’ayant rendue inutilisable, plutôt que d’une dégradation.
Recharge. Si l’idée de devoir limiter la recharge à 80 % pour préserver la batterie vous refroidit, sachez que, selon Mikaël Langlois, directeur général de l’Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ), le progrès rend cette précaution inutile pour certaines batteries récentes, notamment celles de type LFP (lithium-fer-phosphate) que possède par exemple la Tesla Model 3. Pour un acheteur, il n’est pas simple de s’y retrouver, car les constructeurs ne mentionnent pas toujours le type de batterie utilisé, et ultimement, l’information se trouve… dans le manuel d’utilisation du véhicule.
Alimenter sa maison avec l’auto. En cas de panne, certains véhicules ont une prise qui permet d’y brancher un fil afin d’alimenter la maison (ex. Ford F-150) ou de petits appareils (ex. Hyundai Ioniq 5 et Kia EV6). Les autos qui n’en ont pas peuvent alimenter de petits appareils si vous achetez un ondulateur pour quelques centaines de dollars.
Bornes rapides. Même si leur coût d’utilisation est plus élevé que celui des bornes standards, cela ne devrait pas freiner l’achat d’un véhicule électrique de votre côté, car comme le fait remarquer Daniel Rochefort, conseiller en mobilité durable à Roulons électrique, la plupart des gens ne les utilisent que pour avoir assez d’énergie afin de se rendre à destination et de se brancher. À lire sur notre site : Petit guide de savoir-vivre à la borne de recharge.
Système de freinage par récupération d’énergie. Pour un nouvel acheteur, le fait que le véhicule recharge en partie la batterie quand il freine ou relâche l’accélérateur constitue une grande nouveauté. « Les conducteurs de véhicules électriques deviennent tellement accros à la conduite à une seule pédale qu’ils en oublient d’utiliser le frein mécanique », affirme Daniel Breton, président de Mobilité électrique Canada. Si l’idée que la rouille s’accumule sur les freins traditionnels vous fait peur, ce dernier précise qu’il suffit de les utiliser au moins une fois par jour. Dans le cas contraire, faites nettoyer les freins et les plaquettes chaque année plutôt que tous les deux ans.
Pneus. Puisqu’ils doivent supporter un poids supplémentaire ainsi que des accélérations plus rapides par rapport à un véhicule à essence, ils s’usent plus vite, comme le démontrent les essais de Consumer Reports. À cet égard, lisez notre article intitulé Comment choisir des pneus pour votre véhicule électrique.
- Sachant que des pneus usés diminuent l’autonomie du véhicule, ne tardez pas à les remplacer au besoin.
Pannes d’électricité. La peur d’une panne de courant vous fait hésiter à faire le grand saut? Tout d’abord, sachez que les véhicules à essence subissent aussi les conséquences de telles pannes, car l’absence d’électricité rend la plupart des stations-service non fonctionnelles! Au besoin, vous serez en mesure de recharger votre voiture électrifiée dans une prise de courant ordinaire chez un ami qui a de l’électricité, grâce au chargeur portatif fourni avec l’auto.
Antirouille. Passer de l’essence à l’électrique ne vous oblige pas à dire adieu à l’antirouille. Vous n’aurez qu’à opter pour une entreprise spécialisée en véhicules électriques et hybrides ou à vous informer auprès de l’atelier pour vous assurer qu’il prend les précautions nécessaires pour protéger certains composants. Des constructeurs interdisent l’application d’un antirouille sous peine d’invalider la garantie (c’est la même interdiction qui vaut pour leurs véhicules à essence). Néanmoins, selon l’Association pour la protection des automobilistes (APA), vous avez avantage à opter pour ce traitement quand même. L’organisme souligne que si le constructeur refusait d’appliquer la garantie, il devrait alors prouver que c’est l’antirouille qui a causé les dommages.
7 conseils pour acheter votre premier véhicule électrique
1. Lisez l’essai 50 mythes et demi-vérités sur les véhicules électriques, de Daniel Breton (Somme Toute, 2024, 30 $).
2. Utilisez l’outil « Trouvez le véhicule pour vous sur roulonselectrique.com pour déterminer quel véhicule convient à votre kilométrage et à votre budget.
3. Simulez à partir de combien de kilomètres annuels le véhicule convoité devient rentable par rapport à un modèle à essence, grâce au simulateur de CAA-Québec.
4. Conduisez une auto avec son propriétaire grâce au programme de jumelage de l’AVEQ. Vous obtiendrez le point de vue d’un utilisateur, et non celui d’un vendeur qui connaît parfois mal son produit.
5. Vérifiez si l’autonomie du modèle convoité et le temps de recharge vous conviennent en simulant vos itinéraires avec une application comme Circuit électrique, FLO ou ChargeHub.
6. Consultez l’opinion d’utilisateurs réels et passionnés sur des réseaux tels que Facebook et YouTube.
7. Voyez tous les articles de Protégez-Vous à propos des véhicules électriques et hybrides.
Ressources utiles pour choisir le véhicule électrique qui vous convient
• Connaître l’autonomie des véhicules (Ressources naturelles Canada)
• Comparer les véhicules entre eux (Roulons électrique)
• Calculatrice du coût énergétique (Hydro-Québec)
• Premier véhicule électrique : quoi savoir sur l’autonomie et la recharge (Protégez-Vous)
À lire aussi : Les véhicules électriques et hybrides les plus appréciés
Vous vous demandez quels bouchons d'oreilles choisir pour un concert ? N...
À l’aide d’un expert, notre journaliste répond à cette question d’un lec...
Youcef Ghellache, fondateur d’Éducfinance, formateur et conférencier en...
Que ce soit pour l’épargne, les investissements ou la retraite, les ques...
L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.
Déjà abonné? Connectez-vous
Il n'y a pas de commentaires, soyez le premier à commenter.