Réduire les TMS au travail : comprendre et reconnaître les risques ergonomiques avant qu’ils ne blessent
Par CNESST Partenaire de Protégez-Vous Mise en ligne : 19 mars 2026
Les risques ergonomiques en milieu de travail représentent aujourd’hui l’une des principales sources de blessures professionnelles au Québec. Près du quart des lésions acceptées par la CNESST sont liées aux troubles musculosquelettiques (TMS), ce qui en fait un enjeu prioritaire pour les milieux de travail.
Ces blessures, qui entraînent souvent des douleurs persistantes et de longues périodes d’absence, sont principalement attribuables à deux facteurs omniprésents dans les milieux de travail : les postures contraignantes et les efforts excessifs.
Les risques ergonomiques sont présents dans tous les milieux de travail, que ce soit dans un environnement manufacturier ou commercial, un établissement de santé, une cuisine ou un poste en télétravail, partout où le corps est sollicité. Les reconnaître rapidement et intervenir à la source est essentiel pour protéger la santé des travailleuses et travailleurs, réduire les blessures et instaurer une culture de prévention durable.
Postures contraignantes : un risque fréquent, mais souvent invisible
Une posture devient contraignante lorsqu’elle oblige le corps à s’éloigner de sa zone de confort. Cela peut prendre plusieurs formes : bras au-dessus des épaules, dos courbé vers l’avant, tronc en torsion, cou incliné, appui prolongé sur les genoux ou station debout immobile pendant de longues périodes.
Ces postures ne sont pas problématiques en soi. Elles le deviennent lorsqu’elles sont maintenues trop longtemps, répétées trop souvent ou réalisées sans possibilité de récupération. Elles imposent alors une tension continue aux muscles, aux tendons et aux articulations, ce qui finit par provoquer de la douleur, de la fatigue, puis des lésions.
Les milieux de travail ont parfois tendance à associer ces postures uniquement à des tâches physiques. Pourtant, un employé de bureau qui travaille plusieurs heures le cou penché vers l’écran, un commis à la caisse qui balaie des articles à répétition ou un technicien qui effectue des manipulations fines dans un espace restreint sont tout autant exposés.
Efforts excessifs : quand le corps dépasse ses limites
L’effort excessif survient lorsqu’une tâche exige plus de force que ce que le corps peut fournir de façon sécuritaire. Soulever une charge trop lourde ou volumineuse, pousser un chariot mal entretenu, tirer un objet coincé ou transporter des boîtes sans poignées ou sans prises pour les mains sont des exemples courants.
L’effort peut être statique, lorsqu’une position est maintenue longtemps sans bouger. Il peut être soudain, lors d’une perte d’équilibre qui oblige un mouvement brusque, par exemple. Il peut aussi être asymétrique, lorsque le mouvement sollicite un seul côté du corps. Enfin, il peut s’installer par cumul, à force de répéter un geste ou une activité pendant une longue période.
Ce risque est particulièrement sournois, car il ne dépend pas uniquement du poids d’un objet. La distance pour atteindre l’objet, la stabilité de la charge, la posture adoptée, la fréquence des manipulations ou la vitesse d’exécution influencent directement l’effort réel demandé au corps.
Un effort excessif peut provoquer une blessure immédiate, mais il peut aussi entraîner une usure progressive qui se manifeste après des mois, voire des années. Dans tous les cas, la prévention repose sur la capacité à observer les tâches, à comprendre les contraintes physiques et à adapter l’organisation du travail.
Les risques ergonomiques ne se limitent pas à l’ergonomie de bureau
L’ergonomie est trop souvent réduite à l’ajustement d’une chaise ou à la hauteur d’un écran. Cette vision limitée, souvent due au fait que ces risques sont mal compris, mal identifiés ou sous-estimés, fait en sorte que plusieurs milieux de travail passent à côté de risques bien réels, particulièrement dans les environnements où les tâches sont variées, dynamiques ou physiquement exigeantes. Reconnaître que l’ergonomie touche l’ensemble des emplois, peu importe le secteur, permet de mieux cibler les facteurs de risque et d’en assurer une prise en charge plus complète.
Dans les milieux manufacturiers, par exemple, les travailleuses et travailleurs manipulent des pièces lourdes, se penchent pour atteindre des éléments situés à l’intérieur des équipements ou répètent les mêmes gestes pendant de longues périodes. Les milieux de la santé présentent d’autres défis : déplacements de patients, postures penchées, efforts imprévus. Dans les commerces, les tâches exigent souvent de lever des boîtes, de remplir des étagères ou de travailler en espaces restreints. En cuisines, on combine mouvements rapides, surfaces glissantes et positions où le corps travaille de côté ou en torsion.
Cette diversité de situations illustre bien que les risques ergonomiques ne se limitent pas au travail de bureau et peuvent se produire dans tous les types de tâches et d’environnements. Pour les réduire, les milieux de travail doivent les identifier et mettre en place des moyens de prévention adaptés, en favorisant la participation active des travailleuses et travailleurs. En tout temps, la prévention des risques ergonomiques demeure une responsabilité partagée entre employeur et travailleur.
Agir en prévention : reconnaître et corriger les risques ergonomiques
La prévention des TMS repose sur une démarche continue et proactive. Elle exige d’observer les tâches réelles, d’écouter les travailleuses et travailleurs, d’analyser les contraintes et de mettre en place des solutions durables. Certains principes demeurent essentiels : adapter le travail aux personnes qui le réalisent plutôt que l’inverse, réduire les sollicitations physiques en modifiant l’organisation, l’équipement ou l’environnement, favoriser la variation des tâches pour limiter la répétition, prévoir des pauses régulières pour permettre la récupération, former le personnel à reconnaître les signaux d’alerte et impliquer les équipes dans l’identification des risques et des solutions.
En reconnaissant les postures contraignantes et les efforts excessifs ainsi qu’en élargissant la vision de l’ergonomie à l’ensemble des activités, les milieux de travail peuvent non seulement intervenir sur les situations problématiques, mais aussi instaurer des pratiques durables qui préviennent les risques à la source.
Des outils concrets pour soutenir les milieux de travail
Pour accompagner les milieux de travail dans la prise en charge des risques ergonomiques, la CNESST offre plusieurs outils d’accompagnement, dont des pages Web informationnelles, un aide-mémoire sur les risques ergonomiques, un programme de santé spécifique aux risques ergonomiques (risques biomécaniques) ainsi qu’un soutien par l’entremise de ses conseillères et conseillers en prévention et de ses inspectrices et inspecteurs. Toutes les informations sont disponibles sur le site Web de la CNESST.
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