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Votre argent est-il en sécurité dans une banque en ligne?

Par Jean-Luc Lavallée
Votre argent est-il en sécurité dans une banque en ligne? Copilot AI

Les banques numériques et « fintechs » inspirent confiance aux consommateurs, qui sont de plus en plus nombreux à les adopter. Derrière leurs interfaces modernes, offrent-elles les mêmes garanties que les établissements traditionnels en cas de fraude? Qu’arriverait-il à votre argent si elles faisaient faillite?

Notre sondage révèle que 89 % des personnes ayant évalué une institution virtuelle croient que leur argent est à l’abri, contre 78 % pour les établissements traditionnels. Un résultat qui peut surprendre dans un pays où le système bancaire est pourtant très encadré.

Mais cela n’étonne guère le professeur titulaire à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal, Maher Kooli.

Selon lui, les plateformes numériques de plusieurs banques traditionnelles sont « archaïques » comparativement à celles de fintechs, plus avancées technologiquement. « Les fintechs sont, à mon avis, aussi sécuritaires, sinon plus, que les banques traditionnelles avec l’authentification multifactorielle, les alertes instantanées, le verrouillage immédiat si on se fait pirater sa carte, etc. La technologie, c’est le cœur de leur activité », rappelle-t-il.

Cela dit, que vous fassiez affaire avec une institution traditionnelle ou virtuelle, vous n’êtes jamais totalement à l’abri d’une fraude. Courriels d’hameçonnage, textos ou appels alarmants peuvent pousser les consommateurs à divulguer eux-mêmes des informations sensibles. La vigilance demeure essentielle.

Sur le réseau social Reddit, plusieurs clients de Wealthsimple – dont les témoignages n’ont pu être vérifiés – affirment aussi avoir été victimes de stratagèmes frauduleux ou de transactions non autorisées.

Vos dépôts sont-ils protégés en cas de faillite?

« Le vrai enjeu avec les fintechs, ce n’est pas la cybersécurité pure, mais la structure réglementaire et la clarté des protections » en cas de faillite, insiste le professeur Kooli, qui est également titulaire de la Chaire Caisse de dépôt et placement du Québec de gestion de portefeuille. 

Pour les banques numériques titulaires d’une charte (comme la Banque EQ, Tangerine, Manuvie ou Alterna), les dépôts sont protégés par la Société d’assurance-dépôts du Canada (SADC), au même titre que dans les banques traditionnelles.

Du côté de certaines fintechs (comme Wealthsimple, Koho ou Neo Financial), la protection est indirecte : ces entreprises ne sont pas membres de la SADC. Les fonds peuvent toutefois être déposés auprès de banques partenaires membres, ce qui les rend admissibles à la protection, sous certaines conditions.

Certaines fintechs répartissent les dépôts entre plusieurs institutions membres afin d’augmenter la couverture totale. C’est le cas de Wealthsimple, qui indique offrir une couverture allant jusqu’à un million de dollars.

Avant de confier votre argent à n’importe quelle entreprise sur le Web, il est essentiel de vérifier si elle est membre de la SADC ou si elle offre une protection équivalente. 

Faites vos vérifications

Comme le rappelle Johanne Le Blanc, conseillère budgétaire chez Option consommateurs, il vaut mieux prendre quelques minutes pour s’informer avant d’ouvrir un compte que de le regretter par la suite. « Pour le consommateur, je pense que c’est important de prendre ce petit moment-là avant d’y aller [tête baissée] », recommande-t-elle.

Cette mise en garde est encore plus pertinente pour les plateformes numériques moins connues. « Pour l’instant, il n’y a pas beaucoup de joueurs. On commence à les connaître et à les accepter dans le paysage bancaire. S’il y en a davantage, c’est là que le travail du consommateur va commencer à être difficile. Plus il y en aura, plus ça va être compliqué », expose Maher Kooli.

Consultez d’abord le site web de la SADC pour savoir si une institution financière en particulier fait partie de la liste des membres. Si ce n’est pas le cas, fouillez sur son site web pour trouver l’information. Vous avez encore un doute? Posez la question directement à l’entreprise concernée.

À lire aussi : Palmarès des institutions financières traditionnelles, Palmarès des institutions financières virtuelles et Quelle est la différence entre une banque, une néobanque et une fintech?

Ce que couvre (et ne couvre pas) la SADC
 

Voici la protection offerte par la Société d’assurance-dépôts du Canada (SADC). Cela vous concerne si votre argent est détenu par une institution membre de la SADC – directement ou par l’intermédiaire d’une fintech qui y dépose vos fonds en votre nom.
 

La SADC protège :

  • Jusqu’à 100 000 $ par catégorie de dépôt assurable, (comptes d’épargne, comptes chèques, certificats de placements garantis [CPG], etc.);
  • Les devises étrangères (par exemple les dollars américains), par institution financière;

Mais elle ne couvre pas :

  • Les placements (actions, fonds communs, fonds négociés en bourse [FNB], obligations);
  • Les cryptomonnaies;
  • Les pertes liées aux fluctuations du marché et aux fraudes.

Dans un compte de placement (comme un REER ou un CELI), seule la portion en dépôts assurables – par exemple, l’argent non investi ou certains CPG – est protégée par la SADC. Les actions, les FNB ou autres placements ne sont pas considérés comme des « dépôts » et sont habituellement protégés par le Fonds canadien de protection des investisseurs.
 

En résumé, votre argent est protégé si l’institution fait faillite, mais pas si vos placements perdent de la valeur.

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