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Est-il plus payant de demander sa rente du RRQ à 60 ans et de l’investir soi-même ?

Par Jean-Luc Lavallée
Est-il plus payant de demander sa rente du RRQ à 60 ans et de l’investir soi-même ? fizkes/Shutterstock.com

À l’aide d’une experte, notre journaliste répond à cette question d’un lecteur.

Est-il plus payant de demander sa rente du RRQ à 60 ans et de l’investir soi-même ?

De nombreux Québécois, craignant de laisser de l’argent sur la table, sont persuadés qu’ils réussiront à « battre le système » en demandant leur rente le plus tôt possible pour l’investir dès l’âge de 60 ans, même s’ils n’en ont pas besoin dans l’immédiat.

Cette théorie, largement répandue sur les réseaux sociaux, a incité Retraite Québec à produire un article pour déboulonner ce « mythe ».

« Si vous attendez pour prendre votre rente, déjà, sa valeur augmente chaque année de 6 à 7,2 % avant vos 65 ans et de 8,4 % par année après cet âge. Est-ce que vos placements pourraient vous rapporter autant, de façon garantie? Probablement pas », fait-on valoir.

L’organisme gouvernemental – qui administre le Régime de rentes du Québec (RRQ) – rappelle aussi que la rente est réajustée chaque année au coût de la vie. L’incidence de l’indexation sera forcément plus grande si votre rente est plus élevée.

Des calculs souvent incomplets

Planificatrice financière au groupe-conseil Bachand Lafleur, Nathalie Bachand voit souvent défiler dans son bureau des clients séduits par l’idée d’investir leur rente à 60 ans. Le hic ? Ils omettent plusieurs facteurs dans leurs projections.

Ces personnes négligent la fiscalité, ne comprennent pas toujours la façon dont leur rente sera établie et ne maîtrisent pas toujours la règle du maximum de gains admissibles au cours d’une vie, qui peut influencer le montant de leur rente entre 60 et 65 ans.

« Les gens disent qu’ils ont fait tous les calculs, mais ça ne balance pas. Ça prend un rendement incroyable pour battre la bonification », insiste celle qui préside aussi l’organisme ÉducÉpargne.

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- Nathalie Bachand est planificatrice financière, Fellow de l’Institut de planification financière et présidente d’ÉducÉpargne. Photo courtoisie

Elle nous soumet le scénario suivant : supposons qu’une personne cesse de travailler à 60 ans. Cette dernière a droit à une rente de 11 100 $ par année (option A), alors qu’elle aurait obtenu une rente de 15 500 $ (option B), en dollars d’aujourd’hui, à 65 ans.

Lorsqu’elle aura réellement atteint l’âge de 65 ans, sa rente indexée de 11 100 $ vaudra 12 300 $. Si elle avait choisi l’option B, la rente de 15 500 $ – qui continuera de croître durant ces cinq années, notamment grâce aux ajustements à l'inflation – aura atteint la somme de 18 000 $, une différence de 5 700 $ par année, à vie.

Gagnante au début, perdante à 78 ans

En investissant la rente dans un régime enregistré d’épargne-retraite (REER), si elle en a la possibilité, cette personne aura accumulé 63 900 $ en 5 ans, avec un taux de rendement conservateur de 4 %. Ce pactole, bien qu’impressionnant, ne permettra plus de combler la différence – la perte de 5 700 $ par an (et davantage dans le futur) – à partir de 77,7 ans.

« Pour maintenir le même revenu jusqu’à 90 ans, il faudrait obtenir un rendement dans le REER de 8,5 % par année, durant toute la période, souligne Nathalie Bachand. C’est prendre beaucoup de risques en comparaison d’une rente garantie. »

Chaque individu a donc un choix à faire, lourd de conséquences. Il est vrai que, dans certaines situations, le pari de demander la rente à 60 ans et de l’investir pourrait être plus payant, si vous décédez plus jeune. Mais dans la majorité des cas, l’attente est plus rentable.

En résumé, à moins d’avoir la certitude que vous allez mourir prématurément ou d’avoir absolument besoin de votre rente à 60 ans pour subvenir à vos besoins, il est généralement conseillé de prendre votre mal en patience, au moins jusqu’à 65 ans pour bénéficier d’une pleine rente.

À lire aussi : Comment puis-je planifier le décaissement à la retraite?, À quel âge devriez-vous prendre votre RRQ? et Comment trouver un planificateur financier indépendant

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  • Par Daniel Senécal
    11 mars 2026

    Il y a tant de facteurs dont il faut tenir compte dans le calcul de la rente qu’on en perd notre latin (ou ce qu’il en reste). Ce qui me tracasse dans l’option B, c’est que pour la personne de l’exemple qui cesse de travailler à 60 ans, les cinq années d’attente avant de demander la rente seront des années avec un revenu de 0$. Si pour cette personne, on a déjà exclu du calcul toutes les années permises de faibles revenus, l'attente ne diminuera-t-elle pas le salaire moyen et par conséquent sa rente attendue ? Ou si elle ne diminue pas la rente, cette attente ne devient-elle pas beaucoup moins avantageuse ? Cette situation est de plus en plus commune, par exemple pour les personnes étant entrées sur le marché du travail après l’âge de 25 ans à la suite de longues études universitaires. Merci !

  • Par Claude Roy
    08 mars 2026

    Je ne comprend pas pourquoi le montant de 11100$ est indexé de 2% par ans de 60 à 65 ans (ce qui donne 12300$ à 65 ans), alors que le montant de 15500$ est indexé de 3 % par année de 60 à 65 ans ( ce qui donne 18 000$ à 65 ans)... pourquoi ces deux montants ne sont pas indexés avec le même taux ? À part l'inflation, y a-t-il un autre facteur à prendre en compte dans ce calcul du 18 000 $ ?

    Par Pierre Guérin
    20 avril 2026
    À partir du moment où on recevra la rente, elle sera indexée au coût de la vie, ici au taux estimé de 2%. Toutefois, le montant de la rente initiale dépend du salaire moyen au moment de la demande. Comme le salaire moyen augmente généralement plus vite que le taux d’inflation, on a fait l’hypothèse d’une augmentation annuelle de 3%. C’est pourquoi le texte dit que le montant de 15500$ sera plus élevé « notamment grâce aux ajustements à l'inflation », mais pas seulement grâce à l’inflation.Écrit par Daniel Senécal

    Merci pour votre réponse, que je crois bien comprendre. Ainsi, le montant de la rente initiale dépend du salaire moyen du rentier, et non pas du salaire moyen de l'ensemble des rentiers. En ayant un salaire moyen plus élevé de 60 à 65 ans qu'avant 60 ans, on augmente la prestation qu'on obtiendra à 65 ans. C'est bien ça?

    Cependant, l'article de protégez-vous ne me semblait pas exclure la possibilité qu'on y comparait les montants des rentes selon qu'on commence à les toucher à 60 ans ou à 65 ans, « sans faire de revenu de travail de 60 à 65 ans ». C'est ce genre de comparaison qui m'intéressait et c'est ce que je croyais que l'article faisait. Se pourrait-il que le résultat soit alors inversé? Soit qu'il serait alors plus avantageux de commencer à toucher les rentes à 60 ans, car, malgré les bonifications venant avec les années d'attentes, attendre à 65 ans viendrait alors réduire plutôt qu'augmenter le revenu moyen sur lequel sont basés les montants des prestations, au point où il serait alors préférable de commencer à toucher ces prestations dès 60 ans?

    Par Daniel Senécal
    11 mars 2026

    À partir du moment où on recevra la rente, elle sera indexée au coût de la vie, ici au taux estimé de 2%. Toutefois, le montant de la rente initiale dépend du salaire moyen au moment de la demande. Comme le salaire moyen augmente généralement plus vite que le taux d’inflation, on a fait l’hypothèse d’une augmentation annuelle de 3%. C’est pourquoi le texte dit que le montant de 15500$ sera plus élevé « notamment grâce aux ajustements à l'inflation », mais pas seulement grâce à l’inflation.