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Débuts mitigés pour les réparations en libre-service d’Apple

Par Maxime Johnson
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Apple offre désormais aux États-Unis des pièces détachées et des manuels de réparation pour certains de ses produits. Ce nouveau service, attendu au Canada d’ici quelques mois, représente un pas vers l’avant, mais il n’est pas sans failles.

Comment ça fonctionne?

Annoncé en novembre, le programme de réparation en libre-service d’Apple est un microsite permettant de consulter des manuels de réparation de produits Apple et de faire l’acquisition du matériel nécessaire pour remplacer certaines pièces.

Le programme est pour l’instant limité aux réparations les plus courantes, comme le remplacement de la batterie ou de l’écran, de trois modèles d’iPhone: les iPhone SE, iPhone 12 et iPhone 13, ainsi que leurs différentes variantes. D’autres appareils, comme des Mac avec puces M1, s’ajouteront à la liste plus tard cette année.

Il suffit d’entrer le modèle de son téléphone puis la réparation recherchée pour obtenir la liste des composantes à acheter. Celles-ci sont offertes à l’unité, ou encore en ensemble (puisque chaque pièce vient généralement avec d’autres produits, comme des vis et des adhésifs). Dans le cas des outils, ceux-ci peuvent être achetés ou loués pour une semaine, pour environ 63 $.

Les guides, eux, sont offerts à tous au format PDF. Ils peuvent donc être utilisés dès aujourd’hui au Canada si vous achetez vos pièces ailleurs.

Ce qui touche la cible

Le nouveau programme réserve quelques belles surprises. Dans un billet de blogue, le site de réparations d’appareils électroniques iFixit se réjouit par exemple que les manuels soient offerts à tous gratuitement. «Ça fait 20 ans qu’on demande ça», écrit Elizabeth Chamberlain, la directrice du développement durable de ce site qui est devenu depuis 2003 la référence mondiale en matière de réparations électroniques.

La vente des pièces pendant sept ans après le lancement des appareils – dix dans le cas des batteries d’ordinateurs Mac – est aussi appréciée, tout comme le fait que les outils officiels d’Apple soient offerts au public pour la première fois.

Autre point positif, Apple offre de racheter les pièces usagées (environ 42 $ dans le cas d’un écran ou 31 $ dans le cas d’une batterie), ce qui est profitable pour tous: l’utilisateur peut économiser sur le prix de la réparation, Apple obtient des pièces qui pourront être réusinées et, lorsque ce n’est plus possible, l’entreprise est outillée pour les recycler convenablement.

Quelques défauts importants

«C’est un excellent premier pas pour la réparation, et un changement de cap pour la puissante Apple, mais le programme n’accomplit pas ce que vise le droit à la réparation tel que proposé un peu partout dans le monde», note toutefois Elizabeth Chamberlain dans le billet de blogue.

L’une des principales doléances d’iFixit est qu’Apple force les utilisateurs à donner le numéro d’identification de leur iPhone au moment d’acheter les pièces, et que le numéro de série de la composante est ensuite associé au téléphone. En procédant de la sorte, Apple se positionne pour devenir un incontournable dans la réparation des appareils, et limite le développement d’un véritable écosystème de réparation.

D’ailleurs, les pièces sont assez chères. Réparer un écran d’iPhone 12 Pro soi-même coûte par exemple à peine quelques dollars de moins que de confier la réparation à Apple directement (365 $ au Canada). Et en louant les outils, il est même parfois plus cher de faire la réparation à la maison qu’au Apple Store! Il est évidemment possible d’économiser grâce au programme, en achetant certaines pièces ailleurs et en évitant la location d’outils lorsque c’est possible, par exemple.

Dernier point négatif, les manuels, bien que complets, ont été rédigés pour être utilisés avec les outils officiels d’Apple, dont certains coûtent très cher. Plus de 280 $ pour enlever et remettre les écrans, notamment. Ces outils simplifient les réparations, mais ils ne sont pas essentiels et ils font grimper la facture.

Le programme de réparation en libre-service en est évidemment à sa première mouture seulement, et pourrait s’améliorer avec le temps, à mesure que la concurrence augmentera et que des pays légiféreront sur le droit à la réparation.

Une tendance qui prend son envol

Apple est le premier fabricant à offrir ses pièces, guides et outils directement aux consommateurs, mais plusieurs autres ont annoncé au cours des dernières semaines avoir l’intention de mettre en place des programmes similaires.

Google, par exemple, offrira plus tard cette année au Canada les pièces et les outils nécessaires pour réparer tous ses téléphones Pixel depuis le Pixel 2 sur le site d’iFixit. Contrairement à Apple, dont les réparations officielles nécessitent des outils chers, celles de Google pourront être effectuées avec des outils de base, en vente pour quelques dizaines de dollars.

Samsung, qui a simplifié la réparation de ses appareils l’an dernier, a annoncé vouloir offrir au début de l’été des pièces de rechange aux propriétaires de Galaxy S20, Galaxy S21 et de Galaxy Tab S7+, également par l’entremise d’iFixit. Le lancement canadien du programme n’a toujours pas été confirmé pour l’instant.

>> À lire aussi: Apprendre à réparer par soi-même: quelques adresses et initiatives et Réparer vos appareils avec l’impression 3D

 

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