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Réparer vos appareils avec l’impression 3D

Par Sylvain A. Trottier
imprimante-3d Shutterstock.com

L’un de vos objets domestiques ne semble plus vouloir coopérer comme avant. Quelques vis en moins plus tard, vous constatez qu’une petite pièce en plastique est fendue. À votre grand désarroi, il est impossible de commander la pièce. Vous devez racheter à neuf. Pas très écologique… Mais la situation est en train de changer grâce à la démocratisation de l’imprimante 3D!

Pas besoin d’être un geek de technologie pour profiter de l’avantage indéniable d’imprimer à l’unité des pièces de remplacement. Mais comment faire? Pour le savoir, nous avons rencontré Simon Leclerc, technicien informatique au Cégep de Rivière-du-Loup. Passionné de l’impression 3D depuis une dizaine d’années, il gère les Repair Café, des évènements gratuits où se rassemblent des patenteux experts pour aider les gens à réparer des objets de tous les jours. Ces derniers sont organisés par Fabbulle, le Fab Lab Rivière-du-Loup, dont les quartiers généraux sont dans les locaux du CÉGEP.

Les Fab Labs se situent à mi-chemin entre un atelier créatif et un repère techno. Vous y trouverez toutes sortes de ressources matérielles et humaines pour fabriquer et créer, selon le site de l’association Fab Lab Québec.

L’impression 3D, qu’est-ce que c’est?

Le principe de l’impression 3D est assez simple. On utilise une machine qui va couler, couche par couche, un plastique ou une résine en suivant les plans qui lui seront donnés. «On est ici à l’inverse du modelage par soustraction où on prend un bloc d’une matière que l’on taille pour avoir la forme désirée», explique M. Leclerc.

Parmi les usagers réguliers, on retrouve autant des artistes ou hobbyistes qui utilisent cette technologie pour créer des œuvres d’art et des objets décoratifs que des professionnels qui font de l’impression industrielle, comme des pièces de voiture ou d’avion.

Par où commencer?

Si ce sont vos premiers pas, vous pouvez trouver un Fab Lab près de chez vous qui offre l’accès aux machines et de l’accompagnement. Comme le mentionne M. Leclerc, «une imprimante 3D est l’un des premiers outils achetés par un Fab Lab». Certains offrent même le service sans frais. «En une heure, l’usager peut imprimer gratuitement la pièce et l’emporter, et on est là pour le guider», indique Jérémie Dauphinais, coordonnateur du Studio des Bibliothèques de Laval.

Toutefois, que vous décidiez de vous lancer vous-même ou d’aller chercher le soutien d’un Fab Lab, il vous faut un plan. Pour ça, deux choix s’offrent à vous. Vous pouvez soit le créer sur mesure, soit le télécharger sur un des catalogues en ligne, comme Thingiverse ou Prusa. Catalogues qui sont, la plupart du temps, gratuits.

Si vous souhaitez créer vous-même votre pièce, M. Leclerc vous recommande, pour débuter, d’utiliser le site web gratuit Tinkercad. Pour un outil offrant plus d’options, Fusion 360 de l'éditeur de logiciels Autodesk est tout indiqué. Si les fonctions de base sont gratuites, vous devrez débourser 80 $ pour un abonnement mensuel qui donne accès à plus de fonctionnalités.

Quelle imprimante utiliser?

Pour les imprimantes, le choix est très diversifié. Les performances, comme la vitesse d’impression, la taille maximale des objets imprimés et les matières qui peuvent être utilisées, ne sont que quelques exemples des variables.

Pour trouver la bonne imprimante, Simon Leclerc y va de questions à la fois simples et larges: «Quel est votre projet? De quelle taille seront vos pièces? Pour quelle utilisation?» Une bonne référence, selon lui, pour ceux qui font leurs premiers pas dans cet univers, est la Creality Ender 3, parce qu’elle «ne coûte que 300 $, qu’il y a une bonne communauté de soutien et qu’il est facile de se procurer des pièces de la machine au besoin».

Avec quoi alimenter l’imprimante?

Du côté des matières premières, tout comme pour les imprimantes, il en existe une multitude, selon vos besoins. En résumé, il y a deux grands types, la résine et le filament.

«La résine offre une meilleure précision et beaucoup plus de détails, précise M. Leclerc. Par contre, elle est beaucoup plus chère. C’est pourquoi on retrouve principalement du filament dans le milieu. Pour le filament, là encore il en existe toutes sortes, mais les plus répandues s’appellent PLA. On peut aussi trouver du PLA mélangé avec d’autres matières, comme du bois, du liège ou des métaux.» À retenir: dans le cas d’une réparation, le PLA sera généralement l’avenue à privilégier de par sa solidité et son faible coût.

Vous pouvez acheter la résine et le filament dans des magasins de bricolage ou d'articles de bureau, mais nos experts recommandent de vous les procurer sur des sites spécialisés. Il suffit de taper «filament imprimante 3D», «3d pla» ou autres variantes de mots clés pour les trouver.

Faire appel à des spécialistes

Évidemment, si vous ne voulez pas vous casser la tête, sachez que nombre de passionnés et de petits entrepreneurs offrent des services d’impression à la pièce. La preuve: en rédigeant cet article, nous avons été sollicité par une dizaine d’entre eux qui voulaient présenter les services de leur petite compagnie! Côté coûts, les prix peuvent aller de quelques dollars à plusieurs centaines, selon vos besoins.

Pour trouver la compagnie ou l’organisme qui saura le mieux vous aider ou simplement des conseils sur quel équipement vous procurer, Simon Leclerc vous recommande d’aller consulter la communauté qui se retrouve notamment sur les groupes Facebook Québec 3D Print, imprimantes 3d au Québec ou Impression 3D Printing Quebec.

Est-ce écologique?

Aux dires de M. Leclerc, c’est le cas. «Comme on imprime par couche, on limite les pertes de matière. On peut même faire des pièces creuses qui nécessitent moins de matière et qui sont plus légères, mais tout aussi solides.»

À cela, on peut évidemment ajouter qu’une création à la pièce plutôt qu’en série limite le gaspillage potentiel. Fini les invendus qui vont, au mieux, se retrouver dans le recyclage. De plus, il faut souligner que le PLA, une des matières les plus utilisées dans les impressions 3D, est composé d’amidon de maïs, donc biodégradable.

Toutefois, comme le mentionne un guide de Polytechnique Montréal: «Fabriquer du plastique à partir de la biomasse alimentaire est souvent critiqué, car on se prive ainsi de surfaces cultivables pour l’alimentation humaine et animale.» Finalement, il ne faut pas oublier que la matière la plus utilisée pour les imprimantes 3D est le plastique. Par son utilisation grandissante, on augmente évidemment la demande pour cette matière reconnue peu écologique.

À propos des plans et des droits


S’il tombe sous le sens qu’on ne peut pas utiliser les plans conçus par d’autres pour de la revente, il n’en reste pas moins qu’on voit de plus en plus de compagnies essayer de mettre des bâtons dans les roues des imprimeurs.


Un cas tout récent (19 avril 2022): celui de Honda, qui a déclaré que «tout plan 3D portant le mot Honda sera considéré comme une infraction à l’égard des droits d’auteur et de marque de commerce» (traduction libre). Elle n’est pas la seule: Lego a demandé en 2019 à des sites comme Thingiverse de retirer tous plans qui permettent d’imprimer des blocs qui seraient leur propriété.


Un conflit complexe où d’un côté on retrouve des compagnies qui craignent de perdre le contrôle sur leurs produits et de l’autre des utilisateurs qui défendent leur droit à la réparation.

MISE À JOUR: Cet article a été modifié le 30 avril et le 2 mai. La première version associait Simon Leclerc au Cégep de Rimouski et le logiciel Fusion 360 à la suite Adobe.

>> À lire aussi: Des stratégies pour donner plusieurs vies aux jeux et aux jouets et Apprendre à réparer par soi-même: quelques adresses et initiatives

 

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  • Par Pierre L Legault
    23 Octobre 2022

    C'est Tinkercad (à https://www.tinkercad.com/), pas Thinkercad.
    Lexique: Tinker = Bricoler. Thinker = Penseur.

  • Par GAETAN LAPOINTE
    27 Avril 2022

    Fusion 360 ne fait pas partie de la suite Adobe, c’est la propriété de Autodesk.

    journalist
    Par CéLINE MONTPETIT de Protégez-Vous
    02 Mai 2022

    Bonjour Monsieur Lapointe,
    Vous avez raison, merci de votre vigilance! Nous avons apporté la correction.