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Pelouses et jardins: on n’arrose plus n’importe quand!

Par Carole Côté
arrosage-pelouse Juta/Shutterstock.com

Quand la chaleur plombe, il est tentant de sortir l’arrosoir pour préserver sa pelouse et son jardin, mais la baisse des niveaux d’eau des lacs et des rivières incite plusieurs municipalités à restreindre les heures d’arrosage pour préserver leur approvisionnement en eau.

La gestion et l’approvisionnement en eau sont devenus des éléments importants avec les changements climatiques et l’étalement urbain. Signe de l’importance de cette question, le gouvernement de la CAQ a déposé en juin un projet de loi visant la hausse des redevances sur l’eau, alors que les partis d’opposition le demandaient depuis longtemps.

Dans le sud du Québec, des villes manquent déjà d’eau potable pour leurs citoyens. C’est le cas à Saint-Lin-Laurentides où le boom immobilier laisse présager des jours difficiles pour ses habitants. La petite municipalité a récemment décrété l’interdiction totale pour les ménages utilisant le réseau municipal d’arroser les pelouses, de laver les voitures et les bateaux et de remplir une piscine, et ce, jusqu’à nouvel ordre. Des médias ont même rapporté que des citoyens n’ont plus d’eau en fin de journée.

Les résidences qui disposent de puits ne sont pas à l’abri du manque d’eau, car les nappes phréatiques diminuent elles aussi. Les puisatiers sont débordés tant la demande est forte. Les puits de surface ne suffisent plus. Il faut descendre de plus en plus profondément dans le sol pour trouver des sources d’approvisionnement.

À Sutton, en Estrie, on a interdit jusqu’à nouvel ordre la construction dans le secteur de la Montagne afin de ne pas accroître la demande en eau, qui dépasse les capacités d’approvisionnement. Québec a aussi vu ses réserves diminuer l’année dernière. Pour limiter les risques, tout arrosage-lavage avec de l’eau potable a été interdit à la fin de l’été 2021.

S’informer d’abord, agir ensuite

Il faut savoir qu’il n’y a pas de réglementation uniforme d’une ville à l’autre ou d’une municipalité à l’autre en matière d’arrosage ou de nettoyage extérieur.

La meilleure chose à faire pour éviter de recevoir une amende est de s’informer en consultant le site Internet de votre localité en matière d’arrosage extérieur ou de consulter la presse locale. À Québec, on y apprend que l’arrosage des pelouses est permis, mais seulement une journée par semaine, en soirée, «avec une tolérance pour une deuxième journée en 2022, selon un horaire précis». Dans la métropole, l’arrosage est autorisé pour de courtes périodes et seulement certains jours, par exemple de 3 à 6 h le matin (système automatique) et de 20 à 23 h (arroseur amovible).

Dans la capitale, les nouvelles pelouses ou celles récemment traitées bénéficient d’une exemption respective de 21 et de 10 jours. Montréal, pour sa part, autorise 15 jours d’arrosage à la suite de la pose ou de l’ensemencement des surfaces.

À Sherbrooke, un seul arrosage est autorisé depuis la mise à jour des règles entourant l’utilisation de l’eau. «Il n’est pas prévu de changer le règlement en fonction des canicules pour l’instant, mais nous pourrions en venir à exiger une restriction au niveau de l’usage de l’eau si cela était jugé nécessaire», explique Olivia Letendre-Dutil, du service des communications de la Ville. La métropole pourrait également agir en cas de nécessité, a indiqué un porte-parole par courriel.

Attention aux indisciplinés: un voisin pourrait vous dénoncer aux autorités! Montréal, par exemple, a mis sur pied des patrouilles de sensibilisation qui sillonneront les rues de la métropole dans les prochaines semaines et distribueront des dépliants pour informer les citoyens.

Le nettoyage des surfaces extérieures et les piscines

Interdiction formelle aussi de laver surfaces pavées, patios et murs extérieurs avec le boyau d’arrosage à Montréal, sauf pour la période du 1er avril au 15 mai. Sherbrooke, de son côté, autorise le lavage si vous utilisez un seau ou un système doté d’une fermeture automatique.

À Québec, seul le nettoyage printanier est permis du 1er mai au 15 juin. Le remplissage des piscines y est autorisé en tout temps après le 15 juin, bien qu’on recommande que le remplissage de départ se fasse de nuit. À Montréal, le propriétaire d’une piscine ne peut la remplir en journée après le 15 mai, sauf si elle est nouvellement installée. Conserver d’ailleurs vos preuves d’achat, car, si vous habitez Sherbrooke, on pourrait les exiger pour les nouveaux aménagements paysagers.

Fleurs et jardins

De manière générale, disons que l’arrosage des fleurs et des jardins est moins réglementé que celui des pelouses. Il faut dire que les superficies à entretenir sont moins grandes que celles des gazons. On conseille d’utiliser un boyau muni d’un pistolet qu’on peut fermer afin d’éviter l’écoulement inutile ou de recycler l’eau de pluie pour ses fleurs, légumes et fines herbes.

Utiliser l’eau de pluie

On entend de plus en plus parler de la récupération de l’eau de pluie pour arroser ses végétaux ou son jardin. Hydro-Québec présente cette possibilité comme l’un de ses «Dix gestes pour un été écoresponsable». Il suffit d’un grand bac ou d’une chaudière qu’on place dans sa cour; l’eau s’y accumule tout simplement lorsqu’il pleut. On peut utiliser l’eau de pluie pour laver sa voiture, son vélo, ou son allée ou son stationnement une fois qu’ils ont été balayés.

Été chaud et humide

La situation pourrait rester tendue à moyen terme. En effet, selon Eau Secours, une organisation qui milite pour la préservation de l’or bleu, les ressources mondiales d’eau suffiront à combler seulement 60 % de nos besoins en 2030. Plus près de nous, la gestion de l’eau potable risque aussi d’être un enjeu, car les experts de MétéoMédia prédisent un été 2022 chaud et humide.

Des trucs pour consommer moins d’eau potable

• Laissez le gazon coupé en place lorsque vous tondez la pelouse.

• Évitez d’arroser lors des journées ensoleillées, car l’eau s’évapore.

• Semez un peu de trèfle dans votre gazon: il consomme moins d’eau.

• Étendez du compost au printemps.

•  Essayez de découvrir la beauté d’un gazon imparfait…

>> À lire aussi: Jardinage écologique: comment récupérer l’eau de pluie et Comment aménager un jardin écologique?

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