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Jardinage écologique: comment récupérer l’eau de pluie

Par Rémi Leroux Mise en ligne : 17 mai 2019  |  Magazine : juin 2019 Shutterstock.com, Rémi Leroux (illustration)

eau-pluie-jardinage-ecolo Shutterstock.com, Rémi Leroux (illustration)

Prix, volume, type de robinet, trop plein, emplacement… voici tout ce que vous devez savoir pour trouver, installer et utiliser un baril récupérateur d’eau de pluie dans votre jardin écologique. Installer un système de récupération d'eau de pluie vous permettra notamment de réutiliser l'eau pour vos arrosages.

En 15 ans, le Québec a réduit sa consommation d’eau potable de 29 %, passant de 777 litres par jour et par personne en 2001 à 551 litres en 2016, selon le plus récent bilan de la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable, gérée par le gouvernement du Québec.

Mais il est possible de faire encore mieux. « L’usage extérieur de l’eau peut représenter 50 % de la consommation résidentielle au printemps et à l’été », écrit l’organisme Écohabitation sur son site internet. L’eau du robinet sert à remplir les piscines, laver les voitures, ou même rafraîchir les stationnements asphaltés. En outre, « une majorité de jardiniers utilisent l’eau potable pour arroser leur potager ou leur pelouse, ce qui n’a pas de sens », affirme Lili Michaud, agronome, conférencière et auteure du Guide de l’eau au jardin.

Pour gérer la précieuse ressource de manière plus efficace, la meilleure solution consiste à installer un récupérateur d’eau de pluie. Ce baril devrait vous faire économiser environ 4 840 litres par année, selon les données du Fonds Éco IGA. Et il vous fournira une eau sans substance ajoutée, telle que le chlore ou le fluor, et toujours à température ambiante, ce qui permet d’éviter les chocs thermiques aux végétaux, précise Lili Michaud.

>> À lire aussi: Les bienfaits du jardinage écologique

Première étape : se procurer un baril

Rendez-vous dans les quincailleries et les centres de rénovation. Vous y trouverez plusieurs modèles intéressants vendus autour de 80 à 250 $, selon les matériaux de fabrication (plastique, terre cuite, bois, etc.) et le volume des barils offerts (entre 150 et 300 litres environ).

Recherchez un baril :

• muni d’un robinet en cuivre ou en laiton, plus solide qu’un robinet en plastique ;

• dont le robinet est fileté, c’est-à-dire que vous pourrez y connecter un tuyau d’arrosage, un goutte-à-goutte ou un tuyau suintant (sorte de mousse qui laisse l’eau s’écouler doucement) ;

• doté d’un trop-plein qui se connecte à un tuyau pour envoyer l’eau qui déborde vers le jardin (et non vers les fondations de la maison) ;

• dont le couvercle a une ouverture munie d’une moustiquaire pour éviter que des insectes ne viennent y pondre ;

• entièrement opaque (une paroi transparente facilite la prolifération d’algues) et pas trop foncé (pour ne pas favoriser le réchauffement de l’eau). Au lieu du noir, privilégiez le bleu ou le gris.

Deuxième étape : installer le baril

Le baril doit être positionné sous une descente de gouttière. Autrement, il se remplirait trop lentement. Comme le robinet est tout en bas, vous devrez surélever le récupérateur à une hauteur de 30 à 50 cm environ (12 à 20 po) au-dessus du sol pour pouvoir remplir un arrosoir. En prime, cela améliorera la pression si vous choisissez d’y brancher un tuyau.

Posez-le sur une surface plane et solide, par exemple sur des blocs de béton ou des pavés de jardin. « Un baril récupérateur d’eau de pluie pèse très lourd lorsqu’il est plein, indique Lili Michaud. Il ne faut donc pas l’installer sur une surface meuble, car il pourrait s’enfoncer et se renverser. »

Une fois la hauteur du baril établie, vous devez couper la descente de gouttière et y ajouter un coude pour que l’eau s’écoule directement dans le baril. « Il n’est pas nécessaire de connecter la gouttière au baril, précise l’agronome. Alignez-les bien l’un en dessous de l’autre. »

eau-pluie-baril

Troisième étape : utiliser l’eau récupérée

L’objectif prioritaire du jardinier est de rendre ses végétaux le plus autonomes possible, explique Yves Gagnon, auteur du livre Le jardin écologique. Optez donc pour des plantes (échinacée, pourpier, tournesol, etc.) qui résistent bien aux périodes de grosses chaleurs et de sécheresse. Limitez aussi l’évaporation de l’eau présente dans le sol à l’aide de paillis pour votre potager et vos plates-bandes.

Vous devrez aussi bien gérer l’arrosage. Certes, la pression ne sera pas aussi forte que celle d’un boyau relié au réseau domestique. Il sera donc préférable d’utiliser un arrosoir à main ou, si vous manquez de temps, d’installer un système d’arrosage au goutte à goutte ou un réseau de tuyaux suintants.

Le Jardinier paresseux, Larry Hodgson, est un grand utilisateur des tuyaux suintants ; ils sont faits d’un matériau poreux qui permet à l’eau de perler en fines gouttelettes sur toute leur longueur. On les laisse en permanence dans la plate-bande ou le potager, disposés entre les plants, notamment dans les endroits les plus secs, explique-t-il dans son blogue. La pression de l’eau qui sort du baril de récupération est suffisante pour alimenter ce réseau.

Dernier conseil : lorsque vous arrosez les plates-bandes ou le potager, faites-le tôt le matin ou en début de soirée. Mais surtout pas en journée, car l’eau s’évaporerait trop rapidement et vos plantes pourraient en manquer.

AJOUT 17/07/2019: À la suite de la parution de notre article, un lecteur nous a écrit afin de savoir si toutes les toitures inclinées convenaient à la récupération d'eau de pluie. Puisque le baril est généralement installé au pied d’une gouttière, notre lecteur craignait que les particules d’asphalte de sa toiture en bardeaux ne se retrouvent dans le récipient en même temps que l’eau de pluie. Nous avons donc posé la question à Lili Michaud, agronome, conférencière et auteure du Guide de l’eau au jardin. «Oui, toutes les toitures inclinées, incluant les toitures en bardeaux d’asphalte, peuvent convenir à la récupération de l’eau de pluie», soutient-elle. Toutefois, vous pouvez prendre certaines précautions pour minimiser la présence de particules dans l’eau de pluie:

• Le récupérateur doit être muni d’une moustiquaire de façon que l’eau qui y pénètre soit filtrée, ceci pour limiter l’entrée des grosses particules;

• Le robinet du récupérateur doit être distant d’au moins 10 cm du fond du récupérateur. Ainsi les petites particules se déposeront progressivement au fond et peu seront entraînées dans l’eau qui sort du robinet;

• À l’automne, le récupérateur doit être vidé totalement et l’eau qui est au fond du récupérateur doit être versée sur une surface inerte (par exemple du gravier) ou sur la pelouse.

Enfin, précise l’agronome, l’eau recueillie doit servir essentiellement à des usages extérieurs (jardins, compost, lavage d’auto). Elle ne doit pas être utilisée pour le lavage des vêtements et l’hygiène personnelle.

Et la pelouse ?

Choisissez un gazon dense qui résiste bien aux périodes de grosses chaleurs et de sécheresse, mais pas le très populaire pâturin du Kentucky (ou pâturin des prés), mal adapté à la réalité climatique du Québec, affirme Édith Smeesters, biologiste et auteure du Guide du jardinage écologique.

Faut-il arroser les pelouses ? Les avis de nos experts divergent. Édith Smeesters et Lili Michaud estiment qu’il ne faut pas, car les quantités d’eau utilisées sont très importantes. Il ne s’agit donc pas d’un choix responsable sur le plan écologique. Écohabitation estime que cela nécessitera de 4 à 5 litres d’eau par mètre carré. Lili Michaud rappelle par ailleurs que, même jaunie après une période de sécheresse, votre pelouse reverdira dès qu’elle aura été bien arrosée lors d’un épisode pluvieux.

Si vous faites tout de même le choix d’arroser, comme l’explique le Jardin botanique sur son site internet, allez-y avec parcimonie. Et évitez de le faire en mi-journée, pour ne pas que l’eau s’évapore.

Pour protéger votre pelouse, évitez de la tondre à ras et ne retirez pas les rognures de tonte, car l’herbe coupée protège le sol et, en se décomposant, contribue à le nourrir. En effet, une bonne quantité d’azote est ainsi renvoyée dans la terre. Ce nutriment joue un rôle essentiel dans la croissance des végétaux et la fertilité des sols.

Dernier conseil : n’utilisez pas d’engrais chimiques, car ils favorisent un enracinement superficiel du gazon.

7,5 cm

Hauteur à laquelle vous devriez tondre votre pelouse pour favoriser un enracinement en profondeur des graminées à gazon. Ainsi, votre pelouse résistera mieux à la sécheresse.
Source : Espace pour la vie Montréal.

>> À lire aussi:  Comment aménager un jardin écologique?

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Commentaires 1 Masquer

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  • Par CHRISTOPHE HORGUELIN | 05 juin 2019

    Toutes les toitures inclinées conviennent-elles à la récupération de l’eau de pluie, ou est-ce que certaines ne s’y prêtent pas, p. ex. celles en bardeau d’asphalte, à cause du ruissellement de particules?