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Comment aménager un jardin écologique?

Par Mise en ligne : 02 avril 2019  |  Magazine : juin 2019

Shutterstock.com, Réjean Poudrette

Shutterstock.com, Réjean Poudrette

Analyser le sol, planifier, choisir des plantes adaptées, bien nourrir la terre : les principes du jardinage écologique s’appliquent aussi bien aux platebandes fleuries qu’au potager. Voici les règles à suivre pour bien connaître votre lopin de terre, choisir vos plantes, nourrir le sol et le protéger.

Pour vous accompagner dans vos premiers pas de jardinier écolo, nous avons sollicité les conseils de plusieurs experts : Yves Gagnon, agriculteur aux Jardins du Grand-Portage et auteur du livre Le jardin écologique; Édith Smeesters, biologiste et auteure du Guide du jardinage écologique; Jean-Pierre Parent, chargé des renseignements horticoles au Jardin botanique de Montréal; et Lili Michaud, agronome et auteure du Guide de l’eau au jardin.

Les experts sont unanimes: avant de commencer à bêcher, il est important de bien définir le type de jardin que vous souhaitez aménager. Aimeriez-vous avoir un potager débordant de légumes? Des plates-bandes fleuries? Une pelouse agrémentée de trèfles et de violettes sauvages? Ou un peu des trois à la fois?

De plus, assurez-vous que vos envies ne dépassent pas vos possibilités, notamment par rapport au temps dont vous disposez pour jardiner et à la superficie de votre terrain. Si vous avez un jardin à la maison, vous pourrez y travailler un peu chaque jour, tandis qu’il vous sera possible d’espacer vos visites dans la semaine si vous êtes plutôt adepte des jardins communautaires.

Une chose est certaine : les principes de jardinage écologique que nous vous présentons sont adaptés à tous les types de jardinage, affirme Édith Smeesters. Il s’agit de pratiques préventives qui améliorent la qualité des sols, préviennent les infestations de ravageurs et, par conséquent, réduisent considérablement l’utilisation de produits de synthèse nocifs pour la santé et l’environnement.

Et n’oubliez pas que jardiner est à la fois un loisir actif, mais aussi une halte contemplative. Pour Bernard Lemieux, jardinier montréalais autodidacte qui consacre plusieurs heures par semaine à sa parcelle de jardin communautaire de 28 mètres carrés dans Verdun, cette activité crée un rapport à la nature particulier, qui « ralentit le temps ». Yves Gagnon abonde dans ce sens : « Le jardinage est une façon formidable de s’arrimer au rythme du vivant. »

>> À lire aussi: Conseils pour planifier un aménagement paysager

1. Bien connaître votre lopin de terre

« Un diagnostic de votre terrain est la première chose à faire », explique Yves Gagnon. Plusieurs facteurs permettent de réaliser cet état des lieux :

• Zone de rusticité

Commencez par déterminer celle de votre lieu de résidence. Cinq zones, numérotées de 1 à 5, ont été établies au Québec en fonction de la température moyenne dans chaque région. Chaque zone est subdivisée en deux pour plus de précision (a et b). Plus le chiffre est élevé, plus la zone climatique est dite tempérée et plus vous pouvez cultiver de plantes différentes, dit Édith Smeesters.

Vous aurez le choix de planter une centaine de variétés de pivoines si vous résidez en zone 4, comme à Baie-Saint-Paul ou à Beauceville, mais une seule si vous habitez en zone 2, comme à Rouyn-Noranda ou à Malartic.

>> Trouvez la zone de rusticité de votre cour!

• pH du sol

Le pH d’un sol « équilibré » est compris entre 6,5 et 7,5. Jean-Pierre Parent explique qu’un sol trop acide (moins de 6,5) empêche les plantes d’assimiler les engrais que vous leur fournirez, ce qui les rend plus vulnérables, aux ravageurs notamment.

Vous pouvez vous procurer des trousses de mesure du pH en jardinerie, qui coûtent de 5 à 10 $ environ.

De nombreux centres de jardinage proposent également des analyses de sol moyennant quelques dizaines de dollars. Vous apportez un prélèvement de terre qui est ensuite envoyé dans un laboratoire. Michel Champagne, PDG d’AgroEnviroLab, qui fournit ce type de service dans quelque 150 centres de jardinage au Québec, précise qu’un rapport d’analyse est envoyé en quelques jours et qu’il inclut des recommandations pour améliorer la qualité de la terre.

Vous pourrez ensuite rééquilibrer le pH dans votre jardin à l’aide de différents produits et techniques. Par exemple, si votre sol est vraiment très acide (au-dessous de 6), l’ajout de chaux dolomitique (environ 7 $ les 20 kg) réglera le problème. Inversement, si votre sol est trop alcalin (au-dessus de 8), vous le rééquilibrerez en y ajoutant des matières plus acides (sphaigne, soufre ou sulfate d’aluminium).

• Structure du sol

Est-il plutôt composé de particules de sable, de limon ou d’argile ? Vous pourrez le déterminer facilement en retournant la terre. Un sol sablonneux comporte des particules de terre assez grossières souvent visibles à l’œil nu. Un sol limoneux contient des particules intermédiaires, et une terre argileuse est composée de particules très fines et denses. Chaque sol a ses caractéristiques propres et peut avoir une texture majoritairement sablonneuse avec du limon, ou encore majoritairement argileuse avec du sable.

Sable

Avantages
Facile à travailler, se réchauffe rapidement au printemps et se draine bien.
Inconvénients
Se dessèche très vite et peut être pauvre (en matières organiques et minéraux) et acide.

Limon

Avantages
Relativement facile à travailler, retient bien l’eau.
Inconvénients
Se compacte rapidement (peu d’air dans le sol).

Argile

Avantages
Résiste bien à la sécheresse et peut constituer un sol très riche (en matières organiques, en minéraux, etc.).
Inconvénients
Lourd et se draine mal. Plus dur à travailler que les autres types de sols.

Source : Édith Smeesters, Guide du jardinage écologique.

• Humidité du sol

La structure du sol influence sa capacité à retenir l’eau. « Un sol bien drainé est un sol où tout surplus d’eau disparaît assez rapidement après une bonne pluie », écrit Larry Hodgson sur son blogue Jardinier paresseux. Sachez toutefois qu’un sol argileux aura tendance à être plus humide qu’un sol sablonneux. Observez lorsque vous arrosez si l’eau s’écoule vite ou non. Lili Michaud ne recommande pas les outils de mesure comme les hygromètres : « La précision est variable d’un modèle à l’autre.»

Larry Hodgson suggère de creuser un trou de 30 cm de profondeur et de diamètre et de le remplir d’eau : « Si l’eau disparaît rapidement, votre sol est bien drainé. S’il lui faut une heure pour se vider, le drainage est un peu faible, mais acceptable pour la plupart des plantations. S’il y a encore de l’eau dans le fond deux heures plus tard, votre sol est réellement mal drainé et la plupart des végétaux n’y pousseront qu’avec grande difficulté. »

Si le sol est trop sec ou trop humide, il faudra corriger la situation, précise Édith Smeesters. Dans un cas comme dans l’autre, l’ajout de matières organiques est essentiel. S’il est trop sec, l’apport de compost, de feuilles déchiquetées ou de fumier aidera le sol à absorber et retenir l’eau. À l’inverse, l’ajout de compost ou de fumier et, au besoin, de calcium sous forme de chaux horticole, permettra d’aérer le sol trop humide. Il est aussi indispensable de bien gérer vos arrosages.

• Luminosité

La parcelle est-elle ensoleillée ou ombragée? Cela influera sur vos choix de plantes. Pour aménager un potager par exemple, assurez-vous que la parcelle bénéficie de plusieurs heures d’ensoleillement par jour.

>> À lire aussi: Où et quand planter les arbustes, plantes et arbres

2. Planifier et choisir ses plantes

• Semis

Plusieurs options s’offrent à vous. Si vous souhaitez faire vous-même vos semis, « il est important de planifier assez tôt dans l’année ce que vous allez planter », explique Yves Gagnon, en particulier si vous faites un potager. Vous pouvez commencer dès le mois de mars pour certains légumes, par exemple les poireaux, les oignons, le persil, le céleri ou l’aubergine.

La question des semis se pose également dans le cas où vous préférez un aménagement fleuri plutôt qu’un potager. Les semis de plusieurs plantes annuelles (qui ne durent qu’une année) sont à préparer très tôt dans l’année. C’est le cas, par exemple pour la région de Montréal, des bégonias et des pensées (janvier), des impatiens (février) ou du pourpier (mars).

Au printemps, vous pourrez privilégier des plantes dont la germination est rapide, propice à cette période de l’année (mai, juin), comme la betterave, la chicorée, le chou chinois, le concombre ou encore les radis. Pour les autres variétés, vous devrez acheter des plants prêts à être transplantés dans votre potager.

Plusieurs municipalités régionales de comté (MRC) organisent une Fête des semences tous les ans, entre le début de février et le début de mars, selon les régions. Il est aussi possible d’en commander en ligne, notamment auprès des Jardins de l’écoumène, semencier réputé de Saint-Damien, dans Lanaudière.

Par ailleurs, « en planifiant votre saison, vous allez organiser votre jardin en fonction de la période où les légumes arrivent à maturité. Vous favoriserez ainsi une valse légumière qui vous permettra d’alterner cultures hâtives, estivales et tardives », précise Yves Gagnon.

Cette rotation des cultures est un principe important de l’agriculture biologique. Elle consiste à alterner les végétaux (légumes, plantes aromatiques, fleurs) sur une même parcelle, pendant la saison mais également d’une année à l’autre. « La présence de nombreuses variétés dans un jardin diminue le risque d’avoir des insectes ravageurs, mais surtout préserve la structure et la fertilité du sol », détaille Yves Gagnon.

Voici quelques exemples de végétaux à privilégier selon la période à laquelle ils arrivent à maturité :

Type de cultureVariétés
Hâtive
(cueillette au printemps et au début de l’été)
Laitue, roquette, épinard, chicorée, mâche, ainsi que petits pois, betterave ou carotte primeur (précoce), etc.
Estivale
(cueillette de la mi-juillet à la mi-octobre)
Tomate, aubergine, céleri, courge, melon, poivron, piments, etc.
Tardive
(cueillette en octobre et novembre)
Radis, mâche, échalote d’automne, légumes asiatiques (le chou chinois, par exemple) et légumes racines (comme le rabiole)


Source : Yves Gagnon, Le jardin écologique

• Compagnonnage

Le compagnonnage consiste à associer certaines plantes – légumes, fleurs, fines herbes – qui se protègent mutuellement, notamment contre certains insectes nuisibles. « Combiner des plantes de familles différentes permet, par exemple, de créer de la confusion pour les ravageurs en mélangeant teintes et odeurs », précise Yves Gagnon.

Ainsi :

• la marjolaine protège les concombres des insectes;

• le maïs protège courges et citrouilles du vent et du soleil;

• le haricot nain stimule la croissance de la pomme de terre et éloigne le doryphore (insecte ravageur).

Néanmoins, le compagnonnage implique aussi de laisser place à certaines espèces d’insectes. « Votre jardin va attirer de nombreux hôtes inattendus, explique Jean-Pierre Parent. C’est important d’apprendre à les tolérer, car ils contribuent à la biodiversité du milieu et sont, dans la grande majorité des cas, inoffensifs, voire bénéfiques. » La présence d’insectes est le signe d’une nature en santé, riche, attirante. Plusieurs d’entre eux luttent en fait contre les insectes ravageurs.

Ainsi :

• la coccinelle mange les pucerons qui abîment vos cultures;

• les acariens prédateurs se régalent des acariens phytophages, qui se nourrissent de la sève de vos plantes;

• les araignées, quant à elles, sont de redoutables chasseuses d’insectes nuisibles;

• les abeilles domestiques agissent comme de formidables pollinisatrices que vous pouvez attirer en plantant des fleurs mellifères dont elles raffolent, comme la luzerne, les trèfles, le thym serpolet ou encore la verge d’or.

>> Tableau: Comment associer les bonnes plantes ensemble (effet attractif et effet répulsif)

3. Nourrir et protéger le sol

Pour fournir à vos plantes tous les ingrédients nécessaires à leur croissance, la terre doit être bien nourrie. Vous allez donc chercher « à bâtir la fertilité de votre sol au fil du temps », explique Jean-Pierre Parent.

• Le compost

Cet outil est le plus important pour bien fertiliser le sol. « C’est l’or noir des jardiniers, dit M. Parent. Non seulement il améliore la structure du sol, mais aussi il équilibre son pH et fournit tous les éléments nutritifs essentiels aux végétaux. »

Trois éléments sont indispensables à la fabrication du compost : la matière organique, l’air et l’eau. Les sources de matière organique sont multiples. Il peut s’agir de déchets de table, de plantes adventices (qui n’ont pas été plantées par le jardinier, comme les pissenlits), de résidus de jardin verts (feuilles des arbres, fleurs fanées, gazon coupé) ou ligneux (branchages), de feuilles mortes, de sciure de bois, etc.

En se décomposant, certaines matières organiques produisent de l’azote et d’autres du carbone. « Les matières azotées sont vertes et humides, alors que les matières carbonées sont brunes et sèches », détaille Yves Gagnon. Il faut les équilibrer pour obtenir un compost idéal.

La formule indispensable à retenir est la suivante : 2 parties de matière carbonée pour 1 partie de matière azotée. Autrement dit : si vous mettez 6 cm de paille et de feuilles mortes dans votre tas de compost, vous devrez ajouter 3 cm, par exemple, de déchets de table pour l’équilibrer. Vous devrez également vous procurer un composteur. En milieu urbain, pour des raisons esthétiques, les jardiniers utilisent de préférence des composteurs fermés.

La durée du compostage varie de six mois à un an, en fonction de la saison à laquelle la fabrication du compost a été commencée, de la température extérieure, mais aussi du type de matériaux organiques à décomposer.

Sachez que plusieurs municipalités distribuent gratuitement du compost une ou deux fois par année. C’est le cas de Montréal, Lévis, Rimouski, Terrebonne, de la MRC de La Vallée‐de‐l’Or, etc. Vous trouverez également en jardinerie le compost que vous ne pouvez pas produire vous-même : fumiers divers, farine de plumes ou de poisson, paille, phosphate minéral, farine d’algues.

Notez enfin que, lorsque vous préparez le sol pour la première fois, le compost doit être incorporé dans les 10 à 15 premiers centimètres de profondeur. Lors de l’entretien des plantations par la suite, le compost peut être enfoui superficiellement ou simplement recouvert d’un paillis.

• Le paillis

Il est utile dans vos parterres fleuris et votre potager. Il permet notamment de maintenir un certain niveau de fraîcheur et de limiter l’évaporation de l’eau présente dans le sol. Ce qui réduit le besoin d’arrosage. Par ailleurs, la couche de paillis limite le développement des herbes indésirables et réduit les infestations d’insectes, de limaces et les maladies. Enfin, le paillis enrichit le sol en matières organiques.

Vous pouvez en acheter en jardinerie, où vous trouverez du paillis de cèdre, de pruche, de bois raméal fragmenté (BRF), lequel est composé d’un mélange de copeaux d’essences d’arbres à prédominance feuillue, etc. Le prix varie selon les essences : de 4 à 10 $ environ pour 2 pi3 (56,6 L). « Le paillis de BRF est un excellent amendement pour tous les types de sols », conseille Édith Smeesters.

• Les engrais

Ils fertilisent la terre, comme le compost. En libérant des éléments nutritifs, les engrais nourrissent les plantes et stimulent la vie biologique du sol, explique Jean-Pierre Parent.

Les engrais naturels peuvent être d’origine organique, comme des résidus de végétaux ou d’animaux (farines de crevettes, de plumes, d’algues, de poisson), ou minérale (basalte, mica, sulfate de potassium et de magnésium, etc.). Tous les engrais n’ont pas les mêmes bénéfices pour vos plantes. La teneur en minéraux, azote, phosphore, potassium, etc., est variable d’un engrais à l’autre. Renseignez-vous en jardinerie pour savoir lesquels seront les plus utiles à vos fleurs et vos légumes.

« Le jardinage est une façon formidable de s’arrimer au rythme du vivant. »
- Yves Gagnon, agriculteur et auteur du livre Le jardin écologique

« Le compost, c’est l’or noir des jardiniers. Non seulement il améliore la structure du sol, mais aussi il équilibre son pH et fournit tous les éléments nutritifs essentiels aux végétaux. »
- Jean-Pierre Parent, chargé des renseignements horticoles au Jardin botanique de Montréal

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