Bientôt de nouveaux outils pour vous aider à repérer l’écoblanchiment
Le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) réclame des réformes en matière d’affichage et de publicité pour aider les consommateurs qui veulent faire des choix cohérents avec leurs convictions écologiques. L’organisme travaille également sur deux outils destinés aux acheteurs.
Les produits qui affichent des logos et des mentions concernant leur empreinte environnementale ne cessent de se multiplier. Il existe actuellement plus de 450 écoétiquettes à l’échelle mondiale, selon la base de données Ecolabel Index. Or, ces certifications peuvent être trompeuses, voire mensongères, suivant un procédé marketing baptisé écoblanchiment.
« Nous avons constaté qu’il est encore difficile pour les consommateurs de faire des choix écoresponsables, car il y a peu d’information, et [que] cette information peut-être floue ou ambiguë, en plus d’être souvent partielle », relève Charles Codère, avocat en matière d’écoblanchiment et de finance durable au CQDE et coauteur du rapport de recherche Consommation « verte » : pour une véritable transparence environnementale.
Ce document d’une centaine de pages, publié à la fin mars, contient cinq recommandations, qui se divisent en deux catégories : l’affichage et la publicité trompeuse.
« D’une part, nous proposons de mettre sur pied un système d’affichage qui présente les impacts environnementaux et les instructions de tri, et de mieux encadrer les certifications environnementales et les écoétiquettes. D’autre part, nous appelons à intensifier l’application des lois sur la publicité trompeuse et à forcer les entreprises à divulguer aux consommateurs les informations qui soutiennent leurs allégations environnementales », résume Me Codère.
En matière d’affichage – qu’il souhaite obligatoire et uniformisé – l’organisme fait des recommandations inspirées des systèmes mis en place ailleurs dans le monde (notamment au Royaume-Uni, au Chili et en France) et des nouvelles étiquettes nutritionnelles de Santé Canada.
- Exemple d’affichage des données énergétiques et de l’indice de réparabilité d’électroménagers sur le site web du détaillant français Darty. Crédit : Darty (image tirée de Consommation « verte » : pour une véritable transparence environnementale, CQDE, 2026)
Un guide citoyen et un outil en ligne en préparation
Outre son rapport qui vise à encourager « des réformes possibles en matière de lois et de politiques publiques » en lien avec l’écoblanchiment, l’organisme élabore des outils destinés aux consommateurs.
Un guide citoyen est en phase de rédaction. Il présentera les grandes lignes de ce qui peut être considéré comme trompeur et expliquera, de manière la plus simple possible, comment formuler une plainte au Bureau de la concurrence du Canada et à l’Office de la protection du consommateur (OPC) – au Québec –, selon les dires de l’avocat. Le document devrait être disponible « dans le courant de l’année ».
Le CQDE planche également sur un outil en ligne pour aider à repérer les représentations trompeuses de produits et à faciliter la navigation dans les sites gouvernementaux tels l’OPC et le Bureau de la concurrence afin de porter plainte.
Le tout « dans l’optique de renforcer le pouvoir du consommateur à exiger des comptes des entreprises », soutient Me Codère, comme ce fut le cas, entre autres, avec les informations trompeuses fournies par Keurig Canada sur la recyclabilité et l’élimination de ses capsules individuelles de café K-Cup ou avec les communications incomplètes d’Énergir à propos du gaz naturel renouvelable distribué à ses clients.
En attendant la sortie de ces dispositifs, l’avocat du CQDE souligne que le Décodeur – l’outil d’évaluation des logos, écoétiquettes et ingrédients de Protégez-Vous – est un bon point de départ pour le consommateur qui cherche à débusquer les tentatives d’écoblanchiment.
À lire aussi : Écoblanchiment : le Canada appelé à en faire plus et Enquête : les consommateurs méfiants envers les écoétiquettes
L’arrivée du printemps marque le retour des vendeurs itinérants désireux...
L’animatrice Marie-Claude Barrette, dont l’identité a été usurpée dans u...
Vous étiez abonné à Prime l’an dernier et vous avez été victime d’un ret...
Les consommateurs qui se sont procuré des cartes prépayées sur lesquelle...
L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.
Déjà abonné? Connectez-vous