Comment lire les nouvelles étiquettes nutritionnelles
Les aliments riches en gras saturés, en sodium ou en sucres seront désormais plus faciles à identifier à l’épicerie grâce au nouveau système d’étiquettes mis en place par Santé Canada. L’organisme fédéral veut ainsi vous aider à faire des choix plus sains et plus nutritifs.
La nouvelle étiquette vise à rendre les renseignements nutritionnels plus faciles à repérer. Elle présente une loupe, en noir et blanc, et indique qu’un produit a une teneur élevée en gras saturés, en sodium ou en sucres, des nutriments associés à un risque accru de maladies chroniques.
Elle doit figurer sur le devant de l’emballage (boîte, sac, boîte de conserve) des aliments et boissons qui contiennent 15 % ou plus de la valeur quotidienne (VQ) de l’un de ces nutriments et qui sont fabriqués à partir du 1er janvier 2026. Vous pourriez donc encore trouver sur les tablettes des produits qui n’affichent pas la loupe, bien qu’ils dépassent la limite établie pour un ou plusieurs des trois nutriments.
L’objectif de Santé Canada est d’aider les consommateurs à repérer les produits les moins nutritifs et d’encourager l’adoption de saines habitudes alimentaires. L’organisme fédéral veut aussi inciter les fabricants à améliorer la valeur nutritive de leurs produits, ce qui serait bénéfique pour la santé de tous les Canadiens.
Quels produits devront afficher la loupe ?
Les aliments préemballés, comme les charcuteries, les soupes ou les desserts glacés, devront afficher la nouvelle étiquette s’ils atteignent ou dépassent 15 % de la valeur quotidienne recommandée pour un ou plusieurs des trois nutriments. Le seuil est abaissé à 10 % pour les petites portions et les assaisonnements, et s’élève à 30 % pour les plats principaux préemballés, comme les lasagnes et pizzas surgelées.
Les fruits et légumes, les viandes et les poissons à ingrédient unique, les noix, les huiles végétales, les œufs et le lait sont exemptés, tout comme les fromages et les yogourts qui contiennent suffisamment de calcium. Santé Canada considère que ces aliments présentent « un avantage reconnu pour la protection de la santé », à condition qu’ils soient consommés avec modération.
Autre exception, les aliments où le symbole serait « redondant », comme le sucre, le sirop d’érable, le sel de table ou le beurre.
Selon une étude menée par des chercheuses de l’Université Laval et publiée dans la revue Public Health Nutrition, 60 % des aliments les plus vendus en épicerie devront afficher une loupe nutritionnelle.
Un outil de choix supplémentaire
Ce symbole d’avertissement s’ajoute au tableau de la valeur nutritive qui figure au dos de la plupart des aliments emballés et qui indique la quantité de nutriments par portion ainsi que les pourcentages de la valeur quotidienne correspondants. Ces informations demeurent utiles pour connaître précisément la valeur nutritive d’un aliment, que la loupe figure ou non sur l’emballage.
Cette mention pourrait également aider les consommateurs à comprendre que l’analyse nutritionnelle d’un aliment comporte plusieurs éléments. Par exemple, un produit affichant une allégation comme « source élevée de fibres » ou « riche en calcium » peut aussi être riche en sucres ou en sodium, ce qui peut augmenter le risque d’obésité, d’hypertension ou de maladies cardiaques.
Un premier pas
La loupe nutritionnelle a cependant ses limites, puisqu’elle ne concerne que trois nutriments. Elle ne présente donc pas un portrait juste de la valeur nutritive d’un aliment, d’après la nutritionniste Sonia Pomerleau, professionnelle de recherche à l’Observatoire de la qualité de l’offre alimentaire à l’Université Laval.
Ainsi, une barre tendre qui contient des sucres provenant des fruits (pâte de dattes, pommes déshydratées, etc.) pourrait être identifiée comme riche en sucres, bien que les fruits s’accompagnent de fibres, d’antioxydants et de vitamines.
Le chercheur Benoît Lamarche, directeur du Centre Nutrition, santé et société (NUTRISS) de l’Université Laval, émet, pour sa part, des doutes quant aux effets de l’étiquetage sur les modifications des habitudes alimentaires. « Les changements en alimentation se font sur des années et exigent souvent des politiques musclées, précise-t-il. Ce n’est pas le cas avec la loupe. C’est tout de même un pas dans la bonne direction. »
La nouvelle étiquette a toutefois l’avantage d’encourager les entreprises à rendre leurs produits plus sains pour échapper à la loupe. Reste à voir par quoi elles remplaceront le sel, les sucres et les gras. « Si elles utilisent des édulcorants comme l’aspartame ou le sucralose, elles n’améliorent pas la valeur nutritive de l’aliment », illustre Sonia Pomerleau.
Selon Benoît Lamarche, il faudra quelques années pour mesurer les effets des loupes nutritionnelles sur les habitudes des Québécois et sur la composition des produits alimentaires vendus au pays.
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