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La consommation, un facteur d’exclusion sociale

Par Marie-Eve Shaffer
coupons-epicerie Monkey Business Images/Shuttersock.com

Avec l’inflation qui dépasse la barre des 7 %, les ménages à faible revenu peinent à boucler leur budget. Résultat: ils coupent dans leurs dépenses, au point de s’exclure de la société, ce qui n’augure rien de bon pour la cohésion sociale.

Ce constat a été dressé par la conseillère en finances personnelles de l’ACEF du Sud-Ouest de Montréal, Isabelle Thibeault, à l’occasion de l’événement-bénéfice annuel de l’organisme d’Option consommateurs. Tous les jours, elle tente de prêter main-forte à ces consommateurs en proie à des tourments financiers, qui en sont maintenant à payer l’épicerie et le loyer à crédit.

Et ce ne sont pas des gens qui reçoivent des prestations d’aide sociale, précise l’experte. Ils occupent souvent des emplois à temps plein et se retrouvent malgré tout dans une situation précaire. Chacune de leurs dépenses doit être passée au peigne fin.

En entrevue avec Protégez-Vous, Mme Thibeault a évoqué le cas d’un couple d’aînés, propriétaires d’une demeure à Westmount, qui n’a plus les moyens de payer les taxes foncières. «Ils ne sont pas capables d’entretenir la maison et ils ne peuvent pas déménager», rapporte-t-elle pour illustrer leur situation financière périlleuse.

Où couper?

Ces ménages doivent réviser leur budget. Les forfaits cellulaires et internet passent rapidement à la trappe, même s’ils sont devenus indispensables pour «être en lien avec la société», ou même dénicher un emploi.

Pour se déplacer, ces consommateurs se tournent vers les services de transport en commun, s’ils en ont les moyens. «À certaines personnes, on envoie des billets de métro pour qu’elles viennent nous voir», relate la conseillère de l’ACEF du Sud-Ouest de Montréal.

La détresse de ces ménages qui utilisent le crédit pour équilibrer leurs finances, la conseillère budgétaire d’Option consommateurs, Johanne Le Blanc, la constate aussi. «Quand la première carte de crédit est pleine, on en utilise une autre pour payer l’épicerie ou rembourser la première. Ça fait un temps. Après, les gens frappent un mur. Malheureusement, il faut parfois des solutions drastiques, comme la faillite.»

Faire partie ou non de la société

Pour ajouter à leurs soucis, la société encourage la consommation, et même la valorise. «Si on n’arrive pas à [suivre] la consommation qu’on nous propose, ce qu’on a l’impression de vivre, c’est de l’exclusion sociale, analyse Isabelle Thibeault. On n’a plus grand-chose à offrir. Ce qui se joue est très émotif. C’est notre impression d’être inclus ou pas dans une société.»

«Un moment donné, ce qui sera en jeu, c’est la sécurité sociale, poursuit-elle. On le voit en France, avec les gilets jaunes. On l’a vu avec les [camionneurs à Ottawa]. On l’a vu avec la pandémie. Il y a un décrochage et une perte de confiance dans les institutions.»

Isabelle Thibeault estime que des mesures ciblées et structurantes doivent être mises en place rapidement pour renforcer le filet social et ainsi aider les moins bien nantis à couvrir leurs besoins de base. Parce qu’ils ont dépassé l’étape de faire des choix: ils sont rendus à faire des «sacrifices».

D’ici à ce que les gouvernements réagissent, les deux conseillères budgétaires ont partagé quelques trucs pour alléger le fardeau financier des ménages dans le besoin:

  • Surveillez les rabais en épicerie et présentez-vous dès les premiers jours où ils sont offerts.
     
  • Communiquez avec les compagnies d’assurance pour négocier le prix de votre police.
     
  • Faites de même avec les entreprises de télécommunication. Optez pour un forfait à la carte pour diminuer cette dépense.
     
  • Envisagez la mutualisation: partagez votre véhicule ou louez une chambre dans votre demeure.
     
  • Faites appel aux organismes d’aide alimentaire, qui offrent plusieurs services (banque alimentaire, épicerie à bas prix, distribution de bons d’achat, etc.).
     
  • Minimisez le recours au crédit, dans la mesure du possible.
     
  • Demandez l’aide de conseillers budgétaires œuvrant dans des organismes communautaires, surtout à la suite de changements importants dans votre vie, comme une séparation ou la perte d’un emploi.

>> À lire aussi: Surveiller l’exactitude des prix pour économiser à l’épicerie et Cartes et marges de crédit: évaluez vos besoins et votre capacité de payer

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