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Achats en ligne: Le Panier Bleu perd du terrain par rapport à Amazon

Par Emmanuelle Mozayan-Verschaeve
achat-en-ligne Shutterstock.com

En avril 2020, le gouvernement Legault lançait Le Panier Bleu pour sensibiliser les Québécois à l’achat local. Deux ans plus tard, une enquête NETendances révèle que les ventes sur les sites des marchands québécois reculent, alors que celles d’Amazon augmentent. Comment les entreprises d’ici peuvent-elles contrer cette tendance?

Une enquête NETendances publiée récemment par l’Académie de la transformation numérique de l’Université Laval révèle que 57 % des Québécois ont augmenté la valeur de leurs achats en ligne par rapport à l’année précédente. Le site web d’Amazon et son application mobile arrivent en tête des endroits préférés par les cyberacheteurs québécois (48 %), suivi des sites web ou des applications mobiles de marchands québécois (19 %), de marchands canadiens (18 %) et d’autres marchands étrangers (15 %).

Le site web d’Amazon et son application mobile ont connu la plus forte croissance au cours de l’année, avec une augmentation de 7 %, alors que ceux des marchands québécois ont connu un recul de 6 %.

Cette même enquête montre que 52 % des adultes québécois connaissent Le Panier Bleu, qui se veut un répertoire des entreprises québécoises, et que 14 % l’ont déjà utilisé. La majorité de ces utilisateurs pensent que celui-ci leur a permis de mieux connaître l’offre de produits des marchands québécois en ligne et 46 % des adultes d’ici manifestent l’intention d’utiliser le site web du Panier Bleu pour y faire des achats en ligne lorsqu’un volet transactionnel y sera ajouté.

L’étude ne fait cependant pas mention des autres plateformes qui mettent de l’avant les produits québécois, comme Le Bon Panier (site et application mobile) et Ma Zone Québec, qui offrent toutes deux un volet transactionnel.

Un site plus convivial

Professeure agrégée en marketing à HEC Montréal, JoAnne Labrecque constate qu’Amazon s’est imposée comme «les pages jaunes du commerce. C’est une référence parce qu’elle existe depuis longtemps (2008). Sa stratégie de développement de commerce de détail n’a pas été rentable pendant plusieurs années, mais, avec le temps, Amazon a su se positionner par la publicité et en proposant son programme de fidélisation Prime. On ne peut pas la comparer au Panier Bleu, qui a à peine deux ans, mais je pense que multiplier les actions marketing dans différents médias serait utile afin de sensibiliser les Québécois à consulter ce site.»

Elle ajoute que le rendre plus convivial, pour trouver plus facilement et rapidement le produit recherché, et y ajouter d’un volet transactionnel seraient probablement des façons efficaces d’inciter les consommateurs à y magasiner.

Une question d’éthique

Sa notoriété, Amazon la doit à des atouts majeurs: un vaste choix de produits, des prix concurrentiels et un excellent service de livraison.

«Le Panier Bleu et les sites locaux ne jouent pas sur le même terrain. Aussi, ça prend du temps à une entreprise pour se faire connaître, puis au consommateur pour se familiariser avec un nouveau site et changer ses façons d’acheter», remarque la professeure agrégée en marketing, qui invite également à reprendre les habitudes d’achat en boutique. «C’est le fun de voir les produits sur place, d’en disposer instantanément et de profiter du service à la clientèle en direct.»

Selon JoAnne Labrecque, Amazon affecte l’infrastructure commerciale locale, et Le Panier Bleu s’avère une bonne stratégie pour nous inciter à acheter différemment, même si des améliorations restent à faire.

Les mauvaises conditions de travail des employés du géant américain qui ont déjà fait la manchette peuvent aussi mettre un frein à notre envie d’acheter chez Amazon. En ce sens, être conscient que l’on contribue au développement d’une compagnie d’ici qui offre un environnement de travail sain et des salaires décents à ses collaborateurs pourrait modifier nos habitudes de consommation.

Les produits privilégiés

Les achats en ligne se concentrent dans trois grandes catégories. Ainsi, 61 % des cyberacheteurs se sont procuré des vêtements, chaussures, bijoux et accessoires; 36 % de la musique, des films et des jeux vidéo; et 33 % des produits électroniques.

De nouvelles catégories ajoutées en 2021 révèlent que 28 % des cyberacheteurs québécois ont acheté des boissons et de la nourriture auprès d’une grande chaîne de détaillants alimentaires; 18 % ont commandé des articles de décoration pour la maison; et 15 % des boîtes de prêts-à-cuisiner comme Goodfood, Miss Fresh, HelloFresh ou Cook it.

>> À lire aussi: L’achat local de plus en plus privilégié, Achat local: comment et où trouver les aliments d’ici? et Des applications pour manger local plus facilement

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  • Par MARCIEN BISSON
    20 Avril 2022

    achat local??? c'est éliminer la concurrence, donc augmenter les prix.

  • Par MARGARET MOïSE
    20 Avril 2022

    Une autre raison du succès d'Amazon est peut-être dû au fait qu'une recherche pour un article désiré sur le web nous mène presque toujours à Amazon en premier. Canadian Tire arrive parfois sur la même page mais sinon il est difficile de trouver un autre vendeur en ligne, surtout pas québecois, quand on cherche directement un article.