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L’achat local de plus en plus privilégié

Par Marie-Eve Shaffer
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Avec le ralentissement économique qui affecte les commerçants québécois pendant la pandémie de COVID-19, l’appel à l’achat local se fait pressant. De plus en plus de consommateurs répondent présents.

Dans un sondage réalisé en septembre par le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), 70 % des répondants déclaraient «favoriser» l’achat local. «C’est une hausse de 50 % par rapport aux études qu’on a faites précédemment», rapporte le directeur général de l’organisation, Stéphane Drouin.

Parmi les consommateurs disposés à acheter localement, 20 % affirmaient qu’actuellement, pendant la pandémie, ils privilégiaient les produits locaux ou les commerces de proximité, alors que 24 % mentionnaient l’avoir «toujours fait». Près de 26 % des personnes interrogées soulignaient pour leur part opter pour l’achat local quand «le prix est équivalent».

«Ce que j’entends de la part de nos membres, c’est que les gens s’informent davantage des marques et des produits québécois», ajoute Stéphane Drouin.

Les chiffres de fréquentation du site internet Le Panier bleu, lancé par le gouvernement du Québec au printemps, témoignent également du penchant des consommateurs pour les produits des détaillants québécois. Plus de 1,1 million de recherches ont été effectuées entre avril et octobre, et 6,4 millions de pages ont été consultées.

>> À lire aussi: L’achat local, c’est quoi au juste?

Des initiatives favorables à l’achat local

La Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ) a aussi constaté une tendance en faveur de l’achat local avec son défi J’encourage. Lancé au début du mois d’octobre, il incite les citoyens de la Capitale-Nationale à manger une fois par semaine au restaurant et à réserver une nuitée par mois dans un hôtel de la région.

«Les gens ont vraiment embarqué. On a reçu des commentaires positifs des restaurateurs et des hôteliers», notait Steeve Lavoie, directeur général du CCIQ, une dizaine de jours après le lancement du défi.

Même son de cloche de la part de l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal (ASDCM), qui s’est associée à plusieurs initiatives favorables à l’achat local depuis le début de la pandémie. Caroline Tessier, directrice générale, mentionne que 3,1 millions de dollars ont été amassés au cours de quelque 25 campagnes de sociofinancement réalisées avec l’aide de l’organisme La Ruche depuis le mois de mars. Pas moins de 1,6 million de dollars serviront à donner un coup de main aux commerces de proximité montréalais.

«Près de 15 000 personnes ont contribué à ces campagnes, qui les ont sensibilisées sur leurs habitudes de consommation», indique Mme Tessier, très satisfaite de ces résultats.

Les Aliments du Québec ont proposé de créer la plus longue liste d’épicerie de denrées alimentaires préparées ou faites au Québec avec l’aide de la nutritionniste Geneviève O’Gleman et des chefs Stephano Faita et Chuck Hughes. Les consommateurs devaient recommander leurs produits préférés, qui seraient ensuite remis à des banques alimentaires. Pas moins de 1061 aliments ont été suggérés.

« C’est un succès. On a dépassé nos objectifs », affirme la directrice générale des Aliments du Québec, Marie Beaudry.

Répéter, répéter, répéter

Les Aliments du Québec comptent se démener de nouveau dans les prochaines semaines pour promouvoir les produits alimentaires québécois. «C’est important de taper sur le clou pour que le consommateur pense à acheter local. Même s’il n’achète qu’un seul produit, c’est quand même un soutien à nos entreprises», insiste Mme Beaudry.

«Il faut continuer à répéter et à répéter», renchérit Steeve Lavoie, qui entend lancer d’autres défis aux citoyens de Québec, notamment pour encourager le milieu culturel.

L’ASDCM souhaite pour sa part faire valoir le «cliquez et ramassez [click and collect]», qui permet aux consommateurs d’acheter en ligne et de récupérer eux-mêmes leur paquet. «C’est une autre façon de procéder pour aider les entreprises locales», mentionne Caroline Tessier. Les détaillants réalisent en effet des économies substantielles puisqu’ils ne payent pas de frais de livraison et qu’ils évitent la perte de colis.

Un système de boîtes postales doit d’ailleurs être implanté sous peu dans des artères commerciales montréalaises, d’après la directrice générale de l’ASDCM. Les acheteurs iront y cueillir leur colis après avoir été avisés au moyen d’une application mobile.

Acheter local et acheter tôt

En prévision de la période des fêtes, le CQCD conseille aux consommateurs de préconiser l’achat local et de s’y prendre à l’avance en raison des mesures sanitaires qui restreignent l’accès aux commerces, ainsi que du grand nombre de colis qui devront être livrés dans les prochaines semaines.

«Les commerçants souhaitent aplanir la courbe d’achalandage pour que cela soit facile à gérer. Ils pourront ainsi offrir une meilleure expérience de magasinage», explique le directeur général du CQCD.

Habituellement, pour obtenir un colis à temps pour Noël, il faut faire ses courses environ une semaine à l’avance. «Cette année, on parle de 10 à 12 jours ouvrables, en raison des enjeux de livraison», précise Stéphane Drouin.

>> À lire aussi : Acheter québécois, mission possible

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