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Comment choisir un cours de conduite hivernale

Par Rémi Leroux

Tempête, glace noire, blizzard… Vous redoutez les routes pendant l'hiver? Conseils pour savoir où prendre des cours de conduite hivernale si vous en ressentez le besoin.

Circuler sur des routes enneigées ou glacées se solde trop souvent par de la tôle froissée, voire des accidents graves. Cela signifie-t-il que les Québécois ne savent plus conduire dès que tombent les premiers flocons? «Bien sûr que non, dit Yves Lapointe, responsable des écoles de conduite à CAA-Québec. Mais ils doivent chaque année réapprivoiser les particularités de la conduite hivernale.»

Si, d’instinct, certains ont la bonne idée d’aller réviser la science du dérapage dans un vaste stationnement désert, parfois, ça ne suffit pas. C’est pourquoi parmi les quelque 400 auto-écoles agréées au Québec, certaines proposent du perfectionnement en conduite hivernale sur route. Si leur nombre n’est pas comptabilisé, c’est qu’«elles offrent ces cours sur une base volontaire, en sus des leçons de conduite régulières», dit Édith Rochette, porte-parole de l’Association québécoise du transport et des routes, qui gère l’agrément des écoles de conduite.

Parallèlement, des centres de pilotage automobile vous donnent la possibilité de vous exercer à la conduite en situation d’urgence (sur neige ou sur glace, par exemple). Et finalement, des écoles de conduite offrent aussi la possibilité de vous exercer à l’aide d'un simulateur. Êtes-vous prêt à affronter l'hiver?

Que vous soyez un pro du volant ou un conducteur du dimanche, un cours de conduite hivernale peut vous aider à aiguiser des réflexes essentiels. Cela faisait 50 ans que Dorothée Lavoie se promettait d’apprendre à conduire de façon sécuritaire sur la glace. À 70 ans, cette résidante de Rawdon s’est finalement fait plaisir.

L’hiver dernier, elle a suivi une formation de conduite préventive dans une école de pilotage des Laurentides. «Au fil des ans, j’avais appris la conduite hivernale de façon intuitive. J’avais développé de bons réflexes, mais sans savoir pourquoi. M’entraîner avec un moniteur m’a permis de comprendre mes réactions au volant. Et celles de ma voiture!» dit-elle.

«Parce que nous vivons dans un pays où l’hiver dure plusieurs mois, les gens pensent qu’ils savent conduire dans n’importe quelle condition», souligne Claude Bourbonnais, ancien pilote professionnel qui dirige la Clinique de contrôle automobile hivernale, à Vaudreuil-sur-le-Lac. Or, ils font fausse route! Savoir manœuvrer une auto sur la glace noire ou dans une tempête de neige ne va pas de soi.

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Plusieurs formules offertes

Peu importe la formule de cours choisie – dans une école de conduite, un centre de pilotage ou à l’aide d’un simulateur –, une formation en conduite hivernale est utile aux automobilistes qui souhaitent approfondir des notions brièvement abordées durant leur formation d’apprenti conducteur, ou peaufiner leur technique de conduite.

Au centre de pilotage Mécaglisse, un pionnier dans les formations de conduite hivernale, l’instructeur Franck Kirchhoff accueille autant des jeunes conducteurs que des groupes d’amis et des femmes qui ont reçu la formation en cadeau de leur conjoint, ou l’inverse. «Il n’y a pas de profil type, constate-t-il. Certains veulent acquérir plus d’assurance au volant après quelques années sans conduire, d’autres ont un nouvel emploi qui les force à être sur la route plus souvent, par exemple.»

Selon George Iny, président de l’Association pour la protection des automobilistes (APA), tout le monde devrait suivre une formation en conduite hivernale. «Les formations pratiques d’une journée sont un excellent moyen de se perfectionner. Nous y croyons beaucoup.» Il les considère comme plus efficaces que les formations plus courtes et les leçons à l’aide d’un simulateur, qui restent toutefois «utiles pour un apprentissage de base», dit George Iny.

La conduite hivernale est peu abordée dans la formation de base menant à l’obtention du permis de conduire. Toutefois, le gouvernement a revu en 2010 le cours de conduite obligatoire. Il s’étend maintenant sur 13 mois, «dans le but que l’apprenti conduise aussi en hiver, accompagné d’un moniteur», explique Mario Vaillancourt, porte-parole de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Mais il n’exige pas un nombre minimal d’heures de conduite en hiver. Qu’à cela ne tienne: des cours de conduite pratique offerts à l’heure, à la journée ou à l’aide d’un simulateur vous permettent d’apprendre à faire un pied de nez à l’hiver. Fait important: selon la SAAQ, 38 % des accidents survenus au Québec en 2011 se sont produits en décembre, janvier et février.

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Cours de conduite hivernale: route ou circuit spécialisé?

Beau temps, mauvais temps, les écoles de conduite vous offrent la possibilité d'apprendre à rouler prudemment. Offerts entre janvier et mars par certaines écoles de conduite (vérifiez auprès de celles dans votre région), les cours de conduite hivernale ont la particularité de s’adapter aux conditions météorologiques.

Par exemple, si votre leçon tombe un jour de tempête (chanceux !), vous vous exercerez à conduire avec une mauvaise visibilité, sur une chaussée glissante et obstruée, etc. Le cours diffère aussi selon que vous conduisez en ville ou sur des routes de campagne. Vous réviserez les grands principes de sécurité qui prévalent en hiver:

• Bien voir et être vu: déneigement efficace du véhicule et utilisation adéquate du système de chauffage pour

• Adapter votre vitesse aux conditions de circulation. «En hiver, cela veut dire ralentir!» rappelle Sylvain Bombardier, agent administratif à l’école de conduite Lauzon, à Montréal;

• Anticiper ce qui pourrait survenir, en augmentant notamment la distance de freinage;

• Maîtriser le freinage en situation d’urgence.

Les tarifs sont les mêmes que pour une leçon de conduite régulière, soit entre 40 et 50 $ l’heure. «Nous recommandons deux heures d’entraînement par année pour les jeunes conducteurs [16-24 ans] et un rappel de deux à quatre heures tous les trois ans pour les automobilistes expérimentés, explique Sylvain Bombardier­. Cette fréquence suffit pour développer et entretenir de bons réflexes et des aptitudes comme l’anticipation.»

Comme l’efficacité des leçons de conduite hivernale est tributaire de la météo – plus les conditions routières sont mauvaises, mieux c’est! –, espacez vos cours de conduite pour augmenter vos chances de vous exercer dans de «bonnes» conditions. Puisque les voitures ne réagissent pas toutes de la même manière en situation d’urgence, les moniteurs recommandent que vous vous entraîniez si possible avec votre véhicule. Sinon, les voitures des auto-écoles font aussi l’affaire pour développer de bons réflexes.

Cours de pilotage sur circuits spécialisés

Vous rêvez secrètement d'être un pilote automobile? Revenez sur Terre! Mais allez tester vos habiletés de conduite hivernale sur un circuit aménagé. Offerts entre janvier et mars, à la demi-journée ou à la journée dans des centres spécialisés, des cours de pilotage permettent de réaliser des manœuvres plus poussées que celles pratiquées dans le cadre d’un cours de conduite hivernale «classique» donné dans une école de conduite. Ils ont lieu sur des terrains d’entraînement aménagés de manière à réveiller le pilote en vous, sur un circuit automobile ou sur un lac gelé, par exemple. Vous approfondirez vos réflexes au moyen de ces exercices:

• slalom (pour le positionnement des mains sur le volant);
• évitement d’obstacles (cônes en plastique) à différentes vitesses;
• freinage d’urgence (éviter le blocage des roues);
• contrôle de dérapage (train avant et train arrière);
• freinage en courbe;
• contrôle de la trajectoire du véhicule.

Le coût varie selon la durée de la formation et le véhicule utilisé – le vôtre ou le leur, ce qui sera plus cher. Par exemple, à la Clinique de contrôle automobile hivernale de Claude Bourbonnais, la formation pratique d’une demi-journée coûte 200 $ avec votre véhicule. Chez Mécaglisse, une journée d’apprentissage avec votre véhicule revient à 255 $ pour les 16-24 ans et à 345 $ pour les 25 ans et plus (lunch compris). Aussi, certains constructeurs automobiles (BMW ou Mercedes, par exemple) offrent des forfaits d’une journée pouvant coûter jusqu’à 800 $.

Cours de conduite hivernale au moyen d’un simulateur

Températures élevées, absence de neige… Même au cœur de l’hiver, les conditions climatiques ne sont pas toujours adéquates pour une leçon de conduite hivernale optimale. C’est pourquoi, tout au long de l’année, les écoles de CAA-Québec et les écoles Permis+, entre autres, proposent des cours à l’aide d’un simulateur, soit un dispositif comprenant trois écrans géants, un siège, un volant, un tableau de bord et des pédales d’accélération et de frein.

Le simulateur reproduit différentes conditions routières. Les instructeurs peuvent provoquer une tempête de neige, recouvrir la chaussée de glace noire ou ajouter du vent ou du brouillard. Vous pouvez donc vous exercer à certaines manœuvres audacieuses sans risquer de faire un tonneau! Ces cours coûtent le même prix que des leçons de conduite régulières, soit autour de 40 $ l’heure.

Yves Lapointe recommande cependant de coupler les heures de conduite virtuelle avec des exercices sur route afin de tirer parti des avantages des deux enseignements: la sécurité avec un simulateur et la maîtrise du véhicule sur la route. Enfin, les écoles de conduite Tecnic (à Laval et à Longueuil) possèdent des voitures équipées pour simuler la conduite sur glace. Un dispositif, «exclusif en Amérique du Nord» selon l’entreprise, permet de soulever légèrement le véhicule pour reproduire un dérapage sur glace ou un aquaplanage. La formation dure trois heures et son prix varie entre 150 $ (si les élèves suivent déjà les cours réguliers) et 200 $ (pour les nouveaux).

Cours de conduite hivernale au moyen dun simulateur
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  • Par Francois-Leonard Gilbert
    22 Janvier 2016

    Article très intéressant! A mon avis, les cours de conduite hivernale devraient être obligatoires, tout comme les pneus d'hiver le sont maintenant.
    J'ai cependant une question: y a-t-il des cours sur piste offerts hors de la région de Montréal? J'ai participé à un cours d'une journée avec le Motorsport Club of Ottawa (http://www.mco.org/wordpress/winter-driving-school-news/the-curriculum/), mais je cherche quelque chose plus prés de la région de Québec.

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  • Par DANIEL ROUSSETY
    21 Janvier 2016

    Quand j'étais jeune j'allais me pratiquer sur des terrains déserts et je suis sûr que c'est la minorité qui le faisait. De plus, aujourd'hui les voitures sont munies d'anti dérapage, de contrôle de stabilité etc, si bien que les conducteurs se fient sur l'ordinateur et ne savent plus contrôler leur voiture. Résultat, quand sa dérape c'est la catastrophe. Certains disent qu'il faut éviter que la voiture dérape. Au contraire je crois qu'il faut se pratiquer à la faire déraper en toute sécurité bien sûr.
    Daniel Roussety

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