Quoi mettre (et ne pas mettre) dans la trousse de soins de bébé

Par Mise en ligne : 06 décembre 2018  |  Magazine : janvier 2019

Réjean Poudrette

Réjean Poudrette

Bien souvent, les savons, lingettes et autres produits de soins du commerce ne sont pas nécessaires. Certains peuvent même causer des ennuis de santé. Voici ce qu’il faut mettre dans une trousses de toilette pour bébé.

Nouveaux parents, rassurez-vous : il est inutile d’acheter plusieurs produits pour protéger et soigner la peau de votre bébé, selon le pharmacien Pierre-Marc Gervais et la Dre Josée Anne Gagnon, pédiatre au Centre mère-enfant Soleil du CHU de Québec-Université Laval. «Beaucoup de choses peuvent se faire avec une débarbouillette, de l’eau tiède et un peu de savon», résume Pierre-Marc Gervais.

Quatre produits de base

Les experts que nous avons consultés conseillent de placer dans la trousse de toilette de votre enfant :

• un savon doux non parfumé ou un nettoyant sans savon (parfois appelé syndet, ou pain dermatologique) ; ces produits ont généralement un pH proche de celui de la peau, ce qui les rend peu irritants ;

• un shampoing doux et non parfumé ;

• une crème hydratante non parfumée à appliquer au besoin seulement, sur les zones sèches ;

• une crème non parfumée à base d’oxyde de zinc, conçue pour combattre l’érythème fessier ; si vous l’utilisez en prévention, choisissez une concentration de 10 à 20 %, ou remplacez cette crème par de la gelée de pétrole. Mais si les fesses de votre enfant sont très rouges, il vous faut une crème renfermant jusqu’à 40 % d’oxyde de zinc.

Dans tous ces cas, choisissez des produits non parfumés et exempts de substances nuisibles ou susceptibles de l’être (voyez «Six substances à éviter»). Ils n’ont toutefois pas besoin d’être étiquetés «pour enfant». 

Quant aux lingettes, elles sont pratiques, mais généralement superflues, dit Pierre-Marc Gervais. «Les débarbouillettes et l’eau savonneuse sont parfaites pour le changement de couches.» Si vous décidez d’acheter des lingettes, choisissez-les sans alcool, sans parfum et sans ingrédients indésirables (voyez «Six substances à éviter»).

Et surtout, ne les jetez jamais dans une toilette, même si l’emballage indique que vous pouvez le faire. Ces produits risquent en effet de perturber le bon fonctionnement des stations d’épuration.

>> À lire aussi : Comment choisir une bonne crème hydratante pour le visage

Des fesses sèches, archi-sèches!

Après un changement de couche, l’idéal serait de laisser votre enfant sans couche pendant un moment, pour que son popotin sèche à l’air libre. Ce n’est toutefois pas très réaliste, dans la plupart des cas.

Pour réduire le risque d’érythème, lavez doucement les fesses à l’eau et épongez-les bien. S’il a des petites rougeurs, appliquez une crème à base d’oxyde de zinc (concentration de 10 à 20 %) ou de la gelée de pétrole. Les experts consultés déconseillent toutes les poudres, qu’elles soient de talc ou de fécule de maïs, puisqu’elles augmentent le risque que votre enfant souffre de problèmes respiratoires. Santé Canada précise, pour la poudre de talc, qu’elle peut notamment provoquer la toux et même la fibrose (voir ci-dessous les substances à éviter).

En outre, le Collège des médecins met les parents en garde contre la fécule de maïs, qui pourrait provoquer ou aggraver une infection.

Sept substances à éviter

Outre des parfums, les produits de soin pour enfant sont susceptibles de renfermer plusieurs autres substances qu’il vaut mieux s’abstenir d’utiliser.

• Le talc, qui est utilisé comme ingrédient dans divers produits de soins corporels, comme les poudres pour bébé ou celles pour le visage, le corps ou les pieds. Santé Canada indique que les produits sous forme de poudres libres – qui peuvent se disperser dans l’air – contenant du talc sont susceptibles de causer des effets pulmonaires comme la toux, des troubles respiratoires, la diminution de la fonction pulmonaire et la fibrose. De plus, appliquée sur la région périnéale (entre l’anus et les organes génitaux), la poudre est une cause possible du cancer de l’ovaire. Vérifiez les étiquettes pour choisir un produit sans talc. Si vous en utilisez un malgré tout, évitez d'en appliquer sur les organes génitaux féminins, et tenez le visage de bébé éloigné du nuage de poudre. En cas d’érythème fessier, ne pas en appliquer sur les fesses présentant des lésions.

• Les dérivés du sulfate, tels que le sodium lauryl sulfate (SLS), l’ammonium lauryl sulfate (ALS) et le sodium laureth sulfate (SLES), servent entre autres de détergents ou d’agents moussants. Ils provoquent de l’irritation chez certaines personnes. Le SLES est aussi susceptible de contenir des contaminants considérés comme cancérogènes par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

• Le phénoxyéthanol, qui est un conservateur. Il ne fait l’objet d’aucune restriction au Canada, mais il peut provoquer de l’eczéma et de l’urticaire. Un organisme français, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, le juge également toxique pour le sang et le foie et suggère des limites pour les enfants de trois ans. Dans son dossier sur les crèmes hydratantes, Protégez-Vous est allé plus loin, conseillant à tous les consommateurs, petits et grands, d’éviter cette substance autant que possible.

• Les phtalates, qui peuvent être utilisés, par exemple, comme solvants dans certains produits parfumés. Ils sont considérés comme des perturbateurs endocriniens susceptibles d’agir sur le système hormonal.

• Les parabènes, utilisés comme conservateurs. Au même titre que les phtalates, ils sont considérés comme des perturbateurs endocriniens susceptibles d’agir sur le système hormonal.

• Le méthylisothiazolinone (MI ou MIT) et le méthylchloroisothiazolinone (MCI), qui agissent comme des conservateurs et sont susceptibles de provoquer des allergies. Au Canada, leur utilisation est restreinte dans les cosmétiques, mais vous risquez d’en trouver dans les produits qui nécessitent un rinçage, par exemple les shampoings et les savons. Comme ces substances peuvent prendre divers noms, évitez les ingrédients qui se terminent par «thiazolinone».

L’alcool, utilisé comme conservateur et comme solvant. Cet ingrédient est trop irritant.

>> À lire aussi : Faire sa crème hydratante maison

Naturels, mais…

L’introduction de nouveaux aliments dans le menu de bébé est une étape importante, qui vous permet de vérifier si votre enfant est allergique à certains produits. Tant que ce processus n’est pas terminé, il vaut mieux vous abstenir d’utiliser des produits de soin renfermant des ingrédients potentiellement allergènes comme l’avoine ou l’huile d’amande douce.

Vraies ou fausses, les allégations ?

Les produits de soin pour bébé portent diverses allégations, dont plusieurs ne veulent pas dire grand-chose. Méfiez-vous notamment de toutes les promesses thérapeutiques, puisque Santé Canada n’accorde ni numéro d’identification du médicament (DIN) ni numéro de produit naturel (NPN) aux cosmétiques.

Quant aux allégations «biologiques», recherchez celles d’Écocert et de Québec Vrai. Elles attestent que les ingrédients végétaux contenus dans le cosmétique sont issus de l’agriculture biologique.

En revanche, la plupart des autres allégations que vous verrez sur les produits de soin ne sont pas réglementées. Ce sont donc les fabricants qui leur attribuent une signification. Les experts que nous avons interviewés recommandent de rechercher tout de même les suivantes:

Non parfumé ou sans parfum. Ces produits peuvent quand même contenir des ingrédients qui masquent l’odeur d’autres substances. On pense par exemple aux huiles essentielles, comme celle de citron ou d’eucalyptus.

Hypoallergène (ou hypoallergénique), «non irritant» ou «peau sensible». Gardez toutefois en tête que certaines substances peuvent être irritantes pour une personne et ne pas l’être pour une autre. Ce n’est donc pas une garantie.

Vous verrez aussi, sur de nombreux produits, les allégations «Testé par des ophtalmologistes» ou «Testé par des dermatologue ». Santé Canada indique que cela signifie habituellement que le produit a été testé en présence d’un médecin spécialiste, pour vérifier qu’il ne provoque pas d’irritation aux yeux ou à la peau. Toutefois, aucune réglementation ne dicte le protocole de ces tests.

Ressources

Santé Canada - Questions fréquentes sur certains ingrédients cosmétiques

Santé Canada - Sécurité des cosmétiques

Guide de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) pour donner le bain

EWG (base de données répertoriant plus de 70 000 cosmétiques dont des produits pour bébé, en anglais seulement). On peut faire une recherche par marque ou par produit. Chaque produit a une cote indiquant son niveau de risque pour la santé (faible, moyen ou élevé).

Société canadienne de pédiatrie – Soins de nos enfants

Cet article est extrait de notre guide pratique «Spécial bébé» disponible dans notre boutique.

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