À quoi ressembleront les autos dans 30 ans?

Par Julien Amado Mise en ligne : 20 mars 2018  |  Magazine : avril 2018

Photos: Google, Shutterstock.com

En nous basant sur l’évolution des technologies actuelles et après avoir interrogé plusieurs acteurs de l’industrie, nous avons esquissé un portrait de ce à quoi pourrait ressembler le marché automobile dans 30 ans. Avons-nous raison? Réponse en 2048!

Si on se penche sur le marché automobile et les développements technologiques actuels, on constate que le véhicule autonome est le nouvel objectif de l’industrie. L’allure sportive, la puissance des moteurs et les équipements toujours plus nombreux et luxueux ne sont plus dans l’air du temps. Pour demain, les constructeurs automobiles misent sur des véhicules autonomes et intelligents, à mi-chemin entre ordinateurs et voitures, capables de se conduire et de se stationner tous seuls. Cela dit, en 1950 ils nous assuraient qu’en l’an 2000 les voitures seraient volantes !

L’auto de demain sera électrique

Tous les grands constructeurs automobiles vont vers l’électrification de leurs véhicules. Les normes environnementales de plus en plus sévères vont aussi accélérer l’hybridation des véhicules, puis imposer le retrait progressif de la quasi-totalité des véhicules à essence. Et grâce aux progrès rapides des batteries (allègement, autonomie allongée et recharge plus rapide), les véhicules électriques à batterie devraient dominer les modèles alimentés à l’hydrogène pour la production de masse. Le réseau électrique existe déjà, ce qui simplifie l’implantation du réseau de bornes de recharge. Les contraintes imposées par la production, le transport et la distribution de l’hydrogène sont aussi des obstacles importants. À moins d’une découverte scientifique majeure, les véhicules à batterie devraient être ceux qui vont s’imposer dans les années à venir.

Des aides à la conduite à l’autonomie complète

L’évolution technologique des véhicules a été très rapide ces cinq dernières années. Plusieurs constructeurs (Tesla, Volvo, BMW, Mercedes-Benz, Cadillac, etc.) proposent déjà des véhicules pouvant se conduire seuls dans certaines conditions. Avec l’amélioration des capacités de calcul et le développement de l’intelligence artificielle, il ne fait aucun doute que des véhicules autonomes vont bientôt rouler sur nos routes. Mais quand? En 2018, les meilleurs systèmes vendus sur le marché peuvent déjà rouler seuls sur une voie rapide, suivre le véhicule devant eux dans la congestion et, dans certains cas, se stationner. Mais ces véhicules ne sont pas suffisamment «intelligents» pour remplacer les humains derrière le volant. Les meilleurs véhicules sur le marché ne sont pas encore capables de détecter un nid-de-poule, de s’insérer correctement dans la circulation ni d’éviter une plaque de verglas.

L’hiver est d’ailleurs un autre problème important qu’il faudra régler avant de pouvoir rouler dans un véhicule autonome. Dès que de la neige recouvre leurs capteurs, les autos actuelles envoient un message d’erreur au conducteur lui expliquant que les aides à la conduite sont désactivées.

Il y a donc encore de nombreux défis à relever, et il semble peu probable qu’un grand nombre de véhicules totalement autonomes circulent sur les routes du Québec avant 2030. En 2048, la technologie devrait être arrivée à maturité, et la quasi-totalité des véhicules en vente au Québec pourraient être autonomes. À ce stade, il sera possible de repenser totalement l’intérieur des véhicules puisqu’on n’aura plus besoin de volant, de levier de vitesse ni de pédales. L’avènement des véhicules autonomes devrait aussi réduire très fortement le nombre d’accidents de la route.

Des autos qui communiquent entre elles

Lorsque nous conduisons un véhicule, nous évaluons les dangers au fur et à mesure qu’ils apparaissent. Mais avec la généralisation des véhicules autonomes, ces derniers pourront communiquer entre eux et agir en conséquence. Un gros nid-de-poule? Une zone de congestion? Un accident? De la pluie verglaçante? Les premiers véhicules arrivés sur les lieux préviendront les suivants, qui pourront prendre un autre itinéraire ou anticiper les difficultés. Cette communication permettra aussi aux véhicules d’urgence de se déplacer plus rapidement et donc d’améliorer le temps de réponse des pompiers ou des policiers, par exemple.

Voiture particulière ou partagée?

Les véhicules autonomes pourraient se tailler une place dans nos vies de deux manières. La première, qui devrait précéder l’autre dans le temps, sera par l’intermédiaire de flottes de véhicules appartenant à des entreprises privées. Les personnes qui souhaitent se rendre du point A ou point B commanderont leur auto à l’aide de leur téléphone intelligent. Elles pourront être seules ou accompagnées dans l’auto, mais aucun des passagers ne sera considéré comme un conducteur, tous seront vus comme les passagers d’un véhicule détenu et assuré par une société – comme s’ils avaient pris l’autobus ou l’avion. Ces flottes de véhicules, particulièrement bien adaptées aux grandes villes, permettront d’optimiser les déplacements, d’éviter les problèmes de stationnement et d’utiliser moins de véhicules, ce qui sera bénéfique pour la congestion dans les centres-villes.

La seconde manière sera le remplacement des véhicules particuliers classiques par des véhicules autonomes. Plus polyvalent, un véhicule autonome pourra déposer les enfants à l’école, les parents au travail, puis aller se stationner dans un endroit prévu à cet effet. Pendant la période où il est inactif, le véhicule pourra être partagé avec d’autres personnes, ou rester stationné jusqu’à ce que son propriétaire en ait de nouveau besoin, pour rentrer du travail, par exemple. L’attachement très fort des personnes à leur véhicule laisse penser que cette solution pourrait être majoritaire en Amérique du Nord.

Conduira-t-on encore en 2048?

L’arrivée des véhicules autonomes sur les routes va engendrer une cohabitation avec des véhicules classiques pendant un certain temps. Mais si les véhicules autonomes deviennent majoritaires, on peut imaginer que certains gouvernements décideront d’interdire la conduite des véhicules classiques pour des raisons de sécurité. Et si ce n’est pas le législateur qui le fait, ce seront peut-être les assureurs qui auront raison des derniers irréductibles en leur facturant des primes très élevées. Mais alors, que fera-t-on de tous ces véhicules? Ils pourraient être conduits dans des endroits fermés et sécurisés (circuits, parcours routiers destinés à la conduite humaine uniquement). On peut aussi imaginer que les personnes qui souhaiteront continuer à utiliser leur véhicule seront autorisées à y installer un module de conversion pour le rendre autonome. Pour les gens qui considèrent la conduite comme une corvée quotidienne, cela ne poserait aucun problème. Pour les passionnés d’automobile, ne plus être autorisé à conduire serait une bien triste nouvelle…

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