Véhicules autonomes: prometteurs, mais pas encore pour demain!

Par Julien Amado Mise en ligne : 15 juin 2017

Shutterstock.com

Ne rendez pas encore votre permis de conduire à la SAAQ, la voiture autonome n’est pas prête d’arriver sur nos routes.

On nous le répète sans cesse depuis quelques années, la voiture autonome représente l’avenir de l’automobile. Protégez-Vous s’est donc rendu au Sommet mondial sur la mobilité durable de Montréal pour savoir à quoi pourrait ressembler la voiture de demain.

Si l’on se fie aux acteurs du secteur, ce n’est pas demain qu’on va croiser des autos qui se conduisent toutes seules, ce sera plutôt… après-demain. 

Au terme de la journée du Sommet mondial, la majorité des intervenants s’accordaient pour dire que les premières voitures autonomes n’arriveront pas sur nos routes avant sept ou huit ans au plus tôt. On parle ici de véhicules capables de se conduire tout seuls à 100 %, pas de voitures traditionnelles équipées d’un système de pilotage automatique à utiliser seulement sur autoroute.

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Voici les principales difficultés que devront surmonter les voitures autonomes.

Lois et règlements

La situation actuelle est très simple. Quand un conducteur commet une faute, c’est lui qui est responsable – dans le cas d’une infraction, par exemple. Mais si une voiture qui se conduit toute seule déroge aux règles, qui est responsable? Le conducteur? Le constructeur? L’entreprise qui a développé le logiciel de conduite automatisée? Il faut donc d’abord établir un cadre légal pour que les véhicules autonomes puissent se développer.

La cartographie

Pour qu’un véhicule autonome s’insère dans la circulation actuelle, il doit savoir très exactement où il se trouve. Selon Dan Galves, directeur des communications de Mobileye, société spécialisée dans les aides à la conduite et la voiture autonome, la cartographie précise des routes constitue donc une priorité pour que des autos puissent se conduire toutes seules. Mais accumuler toutes ces données coûte cher et prend du temps. Puisque le réseau routier est en évolution constante (travaux, modifications de parcours, etc.), la cartographie doit être mise à jour en continu.

Le climat

Les véhicules autonomes ne rouleront pas seulement par beau temps ou l’été. «Ces véhicules vont devoir affronter le climat canadien avec de la neige et de la glace noire», a souligné au Sommet mondial le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau. Rappelons que ces autos sont équipées de capteurs et de caméras pour pouvoir se repérer dans la circulation. Recouverts de neige ou de glace, ils peuvent devenir aveugles et sont alors incapables de repérer les lignes au sol. Il faudra donc améliorer la technologie pour que les véhicules autonomes soient capables de rouler quelles que soient les conditions climatiques. 

>>À lire aussi sur notre site: notre billet de blogue «le bon moteur mais pas la bonne voiture».

La dynamique de partage

C’est un point crucial qui a fait l’unanimité parmi les spécialistes du secteur présents au Sommet mondial sur la mobilité durable de Montréal. Puisque les voitures autonomes peuvent se conduire toutes seules, il sera possible de repenser la manière dont on utilise tous les véhicules. Grâce à l’autonomie des voitures, les gens qui le souhaitent n’auront même plus besoin de posséder leur propre véhicule. Une auto faisant partie d’une flotte pourra les emmener au travail, à l’épicerie, voire même déposer leurs enfants à l’école ou à l’aréna sans eux. Grâce à ces véhicules disponibles à la demande, plus besoin de chercher un stationnement! L’auto repartira immédiatement pour répondre au besoin d’un autre client. Cela permettra de limiter le nombre de voitures dans les villes et de rendre la circulation plus fluide. Mais pour arriver à un tel résultat, il faudra que la grande majorité des véhicules en circulation soient autonomes.

La gestion des données personnelles

C’est une question importante qui a été soulevée par Joachim Damasky, responsable principal de l’Association de l’industrie automobile allemande (VDA). En effet, lorsque les véhicules qui se conduisent tout seuls seront disponibles sur le marché, il sera possible de savoir où ils iront et avec qui. Les entreprises pourront donc savoir à quelle fréquence vous allez au restaurant, où se trouvent votre travail, votre domicile, les magasins que vous fréquentez le plus, etc. Si les gens n’ont plus besoin de conduire, ils feront autre chose pendant le trajet, par exemple naviguer sur Internet. On peut donc imaginer que des ordinateurs ou des tablettes seront intégrés aux autos. Pour ces raisons, il est très important de savoir ce que deviendront ces données et réglementer l’usage que les entreprises pourront en faire. Enfin, la sécurité informatique de ces véhicules doit être efficace, en particulier contre le piratage. En effet, qui voudrait monter dans un véhicule qui peut être contrôlé à distance par des pirates informatiques?

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