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Êtes-vous prêt à gérer vos investissements vous-même ?

Par Mise en ligne : 20 août 2018  |  Magazine : septembre 2018

Photos: Shutterstock.com, Réjean Poudrette

Photos: Shutterstock.com, Réjean Poudrette

Fonds indiciels, fonds négociés en bourse, courtage en ligne, robots-conseillers... Protégez-Vous présente diverses stratégies pour les investisseurs qui veulent devenir autonome. Ne vous lancez pas dans l'aventure sans lire les conseils de nos experts.

Si vous investissez dans des fonds communs de placement*, vous perdez environ 2 % de vos rendements* chaque année en frais de gestion. Depuis que ces coûts sont dévoilés sur les relevés de placements, vous pouvez constater à quel point ils ralentissent la croissance de vos épargnes.

Pour une définition des termes suivis d'un *, voyez le lexique en fin d'article.

L’investissement autonome, avec ses tout nouveaux robots-conseillers et ses frais minimes, semble donc la solution idéale. Il s’agit toutefois d’un pensez-y bien, car vous pourriez vite devenir votre pire ennemi. En effet, aucun investisseur n’est à l’abri d’une décision émotive qui pourrait avoir des conséquences importantes sur les rendements de ses placements, dit Fabien Major, conseiller financier chez Major Gestion Privée/Assante et chroniqueur.

Êtes-vous prêt à gérer vos investissements vous-même ? Ne vous lancez pas avant d’avoir lu nos articles sur les fonds communs indiciels, les fonds négociés en bourse, les sites de courtage en ligne et les robots-conseillers.

Connais-toi toi-même

Trois critères vous permettront de déterminer si vous êtes prêt ou non à gérer seul vos actifs : votre intérêt pour le sujet, le temps dont vous disposez pour vous occuper de votre argent et les connaissances que vous possédez (ou que vous êtes prêt à acquérir) pour ne pas vous perdre dans les méandres des marchés boursiers, résume Martin Gagnon, président de Banque Nationale Courtage direct.

« Il faut aimer la matière économique et financière, confirme Normand Caron, conseiller en formation au Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC). Si vous changez de chaîne lorsque vous voyez Gérald Fillion [journaliste économique et animateur de l’émission RDI Économie], ce n’est pas bon signe ! » Ajoutez à cela une bonne tolérance au risque* et voilà réunis les ingrédients indispensables pour devenir un investisseur autonome.

Protégez-Vous a concocté un dossier qui vous aidera à savoir si vous êtes prêt à passer à la « gestion autonome ». Nous présentons deux véhicules de placement qui sont adaptés à l’autogestion des actifs, soit les fonds indiciels et les fonds négociés en bourse*, ainsi que deux types de plateformes à découvrir : le courtage en ligne et les robots-conseillers. Mais pour commencer, voici quelques principes à prendre en compte.

Préparer le terrain

Avant de vous aventurer dans l’investissement autonome, il est important de faire le point sur votre situation financière. Au besoin, rencontrez un planificateur financier. En tenant compte de vos revenus, de vos dettes et de vos besoins d’épargne, il vous aidera à déterminer le montant que vous pourriez investir et gérer vous-même sans risquer de déséquilibrer votre édifice financier.

Votre profil d’investisseur

Si vous avez déjà des placements, vous connaissez probablement votre profil d’investisseur. Selon vos objectifs financiers, votre horizon de placement et votre tolérance au risque, les institutions financières vous attribuent un qualificatif comme sécuritaire, conservateur, équilibré, dynamique, énergique ou audacieux.

Une fois votre « catégorie » déterminée, vous serez amené à choisir parmi des véhicules de placement adaptés à vos besoins. Vous ne connaissez pas votre profil ? Établissez-le à l’aide de l’outil très complet de l’Autorité des marchés financiers.

Simulez !

Avant de jouer avec vos économies, faites des simulations en ligne : bâtissez-vous un portefeuille fictif, investissez avec de l’argent virtuel et observez. Plusieurs plateformes de courtage en ligne offrent cette possibilité, par exemple Questrade et Scotia iTRADE. C’est le cas également du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO), un organisme indépendant qui propose un outil de simulation en ligne très élaboré. Sur ce site, vous disposez de 200 000 $ fictifs. À vous de décider ce que vous voulez en faire.

Votre tolérance au risque

Ce facteur est crucial au moment de choisir vos placements.

Imaginons que vous souhaitez investir pour réaliser un projet à court ou moyen terme et que l’idée de voir vos épargnes diminuer de façon importante vous empêche de dormir. Votre tolérance au risque étant faible, un portefeuille composé majoritairement de titres à revenu fixe* (90 %) et d’une petite part d’actions* (10 %) pourrait vous convenir.

Inversement, si vous êtes prêt à vivre avec des placements dont la valeur fluctue de façon importante et que vous souhaitez investir à long terme, vous pourrez envisager des placements composés de peu de titres à revenu fixe (10 %) et beaucoup d’actions (90 %).

Par ailleurs, votre tolérance au risque aura une influence majeure sur vos réflexes en tant qu’investisseur. Si vous achetez un portefeuille « dynamique » qui renferme 60 % d’actions, et que la situation économique se dégrade au point où vos actions perdent jusqu’à 30 % de leur valeur, comment réagirez-vous ? Attention : ce ne serait surtout pas le moment de flancher et de tout revendre. La panique, comme l’euphorie en cas de marché à la hausse, est une très mauvaise conseillère en matière d’investissement, car la tendance peut s’inverser à tout moment, affirme Fabien Major.

Or, de nombreuses études démontrent que les investisseurs autonomes ont tendance à prendre des décisions à contretemps du marché. Ils vendent lorsqu’il serait préférable d’acheter, et vice-versa. Nos experts sont unanimes sur ce point : limiter le nombre de transactions que vous effectuez chaque année donne un meilleur rendement. Alors, calmez vos ardeurs !

Vos connaissances

Que signifie « FNB » ? Non, ce n’est pas l’acronyme d’une ligue sportive américaine. Si vous n’en avez aucune idée, c’est que vous devez approfondir vos connaissances avant de donner congé à votre conseiller !

En revanche, si vous connaissez bien les fonds négociés en bourse (ou FNB, justement) et les fonds communs indiciels, très en vogue ces dernières années, vous êtes plutôt bien parti. La complexité des marchés et des produits financiers est grande, et vous aurez besoin de solides bases pour vous lancer dans l’aventure.

Fabien Major fait un parallèle avec les médicaments vendus en pharmacie : « Il y a quelques années, la majorité des produits financiers étaient en vente derrière le comptoir et vous deviez avoir la prescription d’un professionnel pour réaliser une transaction. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. La finance se fait sans prescription et tous les produits financiers, des plus sûrs aux plus toxiques, sont accessibles. »

De plus, il y a tant de renseignements sur Internet qu’il est difficile de séparer le bon grain de l’ivraie. Pour vous informer, préférez les organismes officiels – l’Autorité des marchés financiers et la Chambre de la sécurité financière, par exemple –, ou encore les plateformes dont l’expertise et l’analyse des marchés sont reconnues, comme Morningstar, qui produit des recherches indépendantes sur les placements.

Plusieurs institutions financières proposent aussi des formations en ligne ou des webinaires, ou organisent des séminaires avec des conseillers qui se déplacent pour vous rencontrer. Le MÉDAC offre aussi une formation destinée aux investisseurs autonomes.

Votre disponibilité

« Être son propre courtier est exigeant, rappelle Sylvain Théberge, porte-parole de l’Autorité. Vous devez demeurer à l’affût des marchés, des facteurs qui peuvent influencer la performance de vos investissements et des perspectives économiques en général. »

Or, comment estimer le temps nécessaire à consacrer à vos placements ? Tout dépend de vos choix. Il existe deux approches principales, explique Julien Brault, président-directeur général de Hardbacon, une entreprise qui propose une application pour les investisseurs autonomes : « La première consiste à investir par exemple dans des FNB, qui suivent les indices boursiers*. Cela prend quelques heures pour comprendre les principes du courtage et bâtir un portefeuille. Ensuite, une fois par année, vous vérifiez que vos placements sont toujours cohérents avec vos objectifs et, au besoin, vous procédez à un rééquilibrage*. »

L’autre approche consiste en une gestion active* de vos investissements. Toutefois, cette option demande des nerfs d’acier... «Vous constituez un portefeuille avec en majorité des actions d’entreprises, détaille Julien Brault. Elles varient beaucoup dans le temps, à la baisse comme à la hausse. Vous allez donc suivre régulièrement l’évolution de vos sociétés. » Le problème ? « En suivant la progression de votre portefeuille presque chaque jour, vous vous exposez à prendre de mauvaises décisions », poursuit le fondateur de Hardbacon.

Le montant de vos investissements autogérés

Faut-il gérer la totalité de vos avoirs ou une partie seulement ? En 2014, selon un sondage de Banque Nationale Courtage direct, 80 % des investisseurs autonomes continuaient de confier une partie de leurs actifs à un professionnel. Une gestion « hybride » raisonnable, estime Fabien Major : « Mes clients qui gèrent eux-mêmes 10 ou 20 % de leurs économies sont intéressés par la gestion financière, ils aiment avoir le contrôle sur leur portefeuille, mais ils savent aussi qu’ils ne sont pas au casino et qu’il s’agit du patrimoine familial. »

Nos experts se sont montrés frileux à déterminer la part maximale de ses économies qu’un investisseur autonome débutant devrait gérer lui-même. Cela dépend de nombreux facteurs, comme le profil de l’investisseur, sa tolérance au risque, le montant de ses épargnes et son niveau d’aisance avec les outils financiers existants (les plateformes de courtage en ligne, par exemple), rappelle Sabrina Della Fazia, directrice générale de la division Est du Canada à Gestion de Patrimoine – BMO Ligne d’action.

Vos outils

Pour faire le bon choix, revenez à votre profil d’investisseur. Le tableau suivant classe quatre outils en fonction de facteurs comme le niveau de connaissances requis et le niveau de tolérance au risque. Il indique également le ratio de frais de gestion* auquel vous pouvez vous attendre.

Certaines solutions en ligne, comme les robots-conseillers, permettent de vous lancer avec tout au plus quelques centaines de dollars. Toutefois, tempère Jean-Philippe Tarte, maître d’enseignement au Département de finance à HEC Montréal, « votre implication dans le choix du portefeuille et dans sa gestion sera minimale ». Ce type de plateforme est donc conçu pour un investisseur modérément autonome et qui n’a pas beaucoup de temps à consacrer à ses placements.

À l’inverse, si vous souhaitez créer vous-même votre portefeuille en choisissant les titres qui vous intéressent – des actions à la pièce ou des FNB, par exemple –, vous pouvez opter pour le courtage en ligne et bâtir votre propre portefeuille. Vous devrez cependant faire preuve d’une plus grande autonomie.

Mais quelle que soit l’option que vous retiendrez, n’oubliez pas que « le risque le plus important pour l’investisseur autonome, c’est de vouloir faire des gains rapides, prévient Fabien Major. Or, l’investissement qui fonctionne, c’est l’investissement à long terme ». Vous devrez donc également apprendre… la patience.

Autorité des marchés financiers

- Pour en savoir plus sur l’investissement autonome 
- Pour déterminer votre profil d'investisseur

Chambre de la sécurité financière

- Trouver des réponses aux questions fréquentes

Morningstar

- Consulter des recherches indépendantes sur les placements

Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO)

- Simulez vos investissements

Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC)

- Inscrivez-vous pour une formation

4 outils de placement sous la loupe

- « Les fonds communs facturent des frais allant jusqu’à 3 % des actifs sous gestion, ce qui est exagéré. Un investisseur autonome ne devrait pas payer plus de 1 % de frais. » Julien Brault, président-directeur général du site Hardbacon

Lexique

Action
Titre de participation émis par une société. En achetant ce titre, vous devenez actionnaire de cette société, qui pourra vous remettre une partie de ses profits en vous versant, par exemple, un dividende*.

Courtier à escompte
Site web par l’entremise duquel vous pouvez acheter ou vendre des actions, des obligations, des options, des parts de fonds communs ou d’autres valeurs mobilières. Ce site ne vous donne toutefois pas de conseils.

Dividende
Argent qui provient des bénéfices d’une entreprise et qui est versé aux actionnaires à différentes périodes de l’année. Un dividende peut être émis sous forme de liquidités (en argent) ou d’actions, par exemple.

Fonds commun de placement (FCP)
Panier de titres financiers qui regroupe l’argent de nombreux investisseurs. Un gestionnaire de portefeuille investit cet argent dans divers types de placements en fonction des objectifs de performance du fonds. Il existe différentes catégories de FCP : fonds à revenus fixes, fonds d’actions, fonds indiciels, etc.

Fonds négocié en bourse (FNB)
Fonds d’investissement dont les titres sont négociés comme des actions en Bourse. En investissant dans un FNB, vous acquérez des parts dans ce fonds, un peu comme si vous achetiez des actions pour détenir des parts dans une entreprise cotée en Bourse. Ces parts se transigent à un prix qui peut varier dans le temps, comme une action.

Gestion active / gestion passive
Techniques de gestion d’un portefeuille de placements. Lorsqu’elle est « active », la gestion a pour objectif d’avoir un meilleur rendement que le marché. À l’inverse, la gestion dite « passive » a pour but de suivre les performances d’un marché sans tenter de le battre.

Indice boursier
Statistique qui mesure l’évolution du marché boursier et qui en évalue la performance. Par exemple, le S&P/TSX est l’indice de la Bourse de Toronto. Le Dow Jones et le S&P 500 sont basés sur de grandes entreprises américaines et permettent de suivre la progression des marchés boursiers de nos voisins du Sud.

Obligation
Il s’agit d’un montant d’argent que vous prêtez par exemple à un organisme gouvernemental. Pour ce dernier, émettre des obligations lui permet d’emprunter beaucoup d’argent à des investisseurs. En échange de votre prêt, vous recevez des intérêts. Une obligation est un titre à revenu fixe car son taux d’intérêt, la durée du prêt et le calendrier de versements sont déterminés à l’avance.

Portefeuille
Somme de tous vos actifs financiers. Le degré de diversification de votre portefeuille doit permettre d’atteindre l’équilibre entre le risque, la volatilité et la rentabilité, tout en tenant compte de la durée prévue des placements.

Ratio de frais de gestion (RFG)
Pourcentage que les frais de gestion et d’exploitation d’un fonds représentent par rapport à l’actif investi.

Rééquilibrage
Opération qui consiste à compenser les soubresauts des marchés et à préserver la composition de votre portefeuille en procédant à des achats ou à des ventes de titres.

Rendement
Généralement exprimé en pourcentage. Le taux de rendement dégagé par un investissement, un placement ou une opération financière est le rapport entre le revenu obtenu et la mise de fonds initiale.

Risque
Possibilité ou non de perdre de l’argent à la suite d’une opération financière. Avant de devenir investisseur autonome, vous devez évaluer votre tolérance au risque en établissant votre profil d’investisseur.

Titres à revenu fixe
Type de placements qui procure un rendement à taux fixe pour une période déterminée, comme les obligations, notamment émises par les trois ordres de gouvernement du Canada (fédéral, provincial ou municipal) et par les sociétés d’État fédérales.

Sources : Autorité des marchés financiers, Hardbacon.

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