Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Cultiver les légumes qui se trouvent dans votre réfrigérateur

Par Marie-Eve Shaffer
celeri-racines

Vous souhaitez planter des semis pour repiquer les pousses qu’ils produiront dans votre potager dès que la température le permettra. Pourquoi ne pas profiter des légumes qui sont dans votre réfrigérateur? Voici comment vous y prendre.

Stimuler de nouveau la croissance d’une plante potagère peut, dans certains cas, être plus simple que de planter des semences, d’après Larry Hodgson, alias le jardinier paresseux. Ça a aussi l’avantage d’être pratique et écologique.

«Faire repartir un plant de céleri ou de laitue romaine, c’est plus facile que de le semer, assure-t-il. Surtout le céleri, qui est un légume plutôt compliqué.»

Pour la tomate, cependant, le niveau de difficulté est le même, que vous récupériez les graines de celles que vous consommez ou que vous utilisiez des semences. Il reste à voir d’où viennent ces semences, de même que les tomates que vous dégustez.

«Si on achète localement, les chances d’avoir un bon légume [pour la reproduction] sont excellentes», souligne M. Hodgson, qui ne préconise pas particulièrement d’utiliser des légumes biologiques pour ces projets de nouvelles pousses.

Les tomates, les piments et les poivrons

Quelques graines suffisent pour que des plantules de tomate ou de poivron sortent de terre. Ne tentez pas de les recueillir une à une. Enterrez une tranche de tomate ou le cœur du poivron. Il est également possible de faire pousser un épi de maïs à partir de quelques grains recouverts de terre. Couvrez les pots d’une pellicule de plastique et disposez-les dans un endroit ensoleillé. Assurez-vous aussi que le terreau demeure humide. 

Vous pouvez utiliser des pots vendus en épicerie ou fouiller dans votre bac de recyclage pour trouver un pot de margarine ou de yogourt. Percez des trous en dessous pour que le surplus d’eau puisse s’écouler. Quant au terreau, celui vendu dans les pépinières pour les semis ou les plantes intérieures convient parfaitement, d’après Larry Hodgson.

Attention : des légumes achetés à l’épicerie ont été cultivés dans des serres ou des pays chauds. Leur durée de maturation pourrait ne pas convenir à la belle saison du Québec, qui est plutôt courte.  

«Pour ma part, je cherche les poivrons qui mûrissent en 55 à 65 jours, précise le jardinier paresseux. Je veux des résultats rapides puisque je réside dans une zone plus froide qu’à Montréal. Je préfère ne pas planter [les graines de ceux qui sont vendus en épicerie], mais les gens peuvent expérimenter.»

Les concombres et les haricots

Avec des graines de concombres et de haricots achetés à l’épicerie, vous risquez de faire chou blanc. «Les concombres que nous mangeons ne sont pas mûrs, explique Larry Hodgson. Ceux qui sont mûrs sont jaunes et pas mangeables, mais leurs graines sont mûres et elles peuvent être cultivées.»

Ainsi, vous ne pouvez pas utiliser les haricots et les concombres qui se trouvent dans votre réfrigérateur. Vous pouvez toutefois permettre à des plants de votre potager de mûrir complètement cet été et récupérer les graines pour l’an prochain.

«Habituellement, on laisse un plant mûrir et on consomme les légumes des autres plants», suggère Larry Hodgson. Il prévient que les plants matures produisent généralement moins que les autres.

Les pommes de terre

La pomme de terre est la championne de la reproduction. Il suffit de mettre en terre un morceau de pomme de terre pour donner naissance à un plant qui peut fournir plus d’une dizaine de tubercules. Veillez toutefois à ce que la partie que vous enfouissez comprenne un œil, c’est-à-dire un petit trou à partir duquel un germe peut se développer, insiste Larry Hodgson.

«L’idéal, c’est de prendre une pomme de terre qui a commencé à germer, conseille-t-il. La croissance est assez rapide et il n’y a pas de problème avec le climat parce que les pommes de terre qu’on achète sont produites au Canada.»

Le jardinier paresseux précise que cultiver ainsi des pommes de terre est «une vieille tradition» au Québec.

Le céleri, le poireau, la laitue…

Plutôt que de le jeter au compost, récupérez le pied de votre céleri et mettez-le dans un bol d’eau. Le feuillage s’épanouira et de petites racines se formeront. Vous pourrez alors le transférer dans la terre. D’ici là, changez l’eau tous les deux jours.

Faites de même avec la base d’un poireau, d’une laitue, d’un oignon vert ou d’un fenouil. Vous obtiendrez alors un nouveau légume.

«Dans l’eau, c’est encourageant, dit Larry Hodgson. On voit que les racines qui poussent très vite. C’est amusant, mais ça ne donnera pas une grosse production. Quand on cultive dans le terreau, la production est meilleure.»

Il conseille de laisser ces pousses quelques jours dans l’eau puis de les repiquer dans un pot rempli de terre.

La carotte, l’ail et la betterave

Vous pouvez aussi faire des essais avec des bouts de carotte, des gousses d’ail ou des collets de betteraves, mais un nouveau légume ne se formera pas. Vous obtiendrez plutôt de nouvelles fanes.

«On n’en a pas l’habitude au Québec, mais on peut manger ce feuillage», souligne le jardinier paresseux.

Encore là, vous pouvez mettre les extrémités de ces légumes quelques jours dans l’eau avant de les transférer dans la terre.

Les fruits

Si vous tentez l’expérience avec des fruits, armez-vous de patience. «J’ai cultivé [un citronnier] pendant 12 ans. C’était une belle grosse plante intérieure, mais elle n’avait pas encore fleuri», raconte Larry Hodgson.

Il est possible de faire germer un pépin de raisin ou un noyau d’avocat dans votre demeure, mais les chances qu’elle donne un fruit sont plutôt minces, d’après le jardinier paresseux. Elles requièrent beaucoup de soleil et d’espace.

Mais l’expérience ne coûte rien.

>> À lire aussi : Agriculture urbaine: cultiver la ville, Les bienfaits du jardinage écologique et Comment aménager un jardin écologique?

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

  • Par H N
    11 Avril 2021

    Moi je n'ai pas eu de bons résultats au début. Ce qui a aidé c'est de remplir un gros contenant de vinaigre transparent avec de l'eau du robinet, puis le laisser au soleil quelques jours avant de l'utiliser. Si j'ai bien compris, l'eau du robinet est traitée pour éviter la formation de micro-organismes et elle est parfois trop froide. Le fait de laisser quelques temps au soleil permet de la rendre plus adaptée pour cet usage. Pour les contenants, j'aime bien les contenants de champignons pour les semis et les pots de yogourt grec pour la suite. Depuis l'automne denier, j'ai réussi à avoir du thym, du basilic, de la menthe, des oignons verts, de la coriandre vietnamienne et du bok choy (en intérieur proche de la fenêtre).
    Il me semble que la culture de certains légumes à partir de "récup" est déconseillée par le ministère de l'agriculture, avez-vous de l'information à ce sujet s'il vous plait ?
    Aussi, avez-vous des astuces pour les nuisibles les plus communs ? (exemple : les petits moucherons noirs, les pucerons, les champignons, etc.)