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Bornes de recharge électriques : la fiabilité n'est pas toujours là

Par Nadine Filion
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Les propriétaires de véhicules électriques le savent : rien de pire que de tomber sur des bornes publiques qui ne chargent pas, qui n’offrent pas la compatibilité annoncée, voire qui… n’existent pas ! Des situations courantes dans certains pays, mais auxquelles les Québécois semblent échapper.

L’une des anecdotes les plus médiatisées a été celle, l’été dernier, du grand patron de Volkswagen, Herbert Diess, qui a vu ses vacances dans le nord de l’Italie compromises parce qu’il ne trouvait pas à recharger sa VW ID.3 sur les bornes Ionity… un réseau cofinancé par Volkswagen.

Semblables mésaventures surviennent également de ce côté-ci de l’Atlantique, dans les autres provinces canadiennes et aux États-Unis. «Le cœur du problème, pour certaines juridictions, c’est que leurs gouvernements ont choisi de subventionner l’installation de bornes, mais pas leur entretien, explique Daniel Breton, PDG de Mobilité électrique Canada et l’un des tout premiers électromobilistes au pays. Personnellement, je me rappelle un périple à Virginia Beach : non seulement trois bornes rapides sur quatre étaient défectueuses, mais, lorsque j’ai composé le numéro pour rapporter la panne, jamais personne ne m’a répondu…»

En comparaison, les électromobilistes québécois sont parmi les plus choyés au monde, tant pour le nombre et la répartition des bornes que pour leur fiabilité.

Les deux grands réseaux – le Circuit électrique d’Hydro-Québec et son partenaire FLO (une filiale d’AddÉnergie) – cumulent plus de 6000 bornes de recharge publiques compatibles, dont plus de 500 dites de recharge rapide, réparties du nord de l’Abitibi jusqu’au bout de la route 138, sur la Côte-Nord. Et l’indice de fiabilité de ces bornes est parmi les plus élevés au monde.

«Malgré nos grands écarts de température et nos conditions météorologiques exécrables, une borne défectueuse au Québec, ça n’arrive pratiquement jamais», affirme Sylvain Légaré, analyste en recherche automobile chez CAA-Québec.

Cet analyste sait de quoi il parle : les services-conseils de CAA-Québec sont le fournisseur officiel du service à la clientèle téléphonique pour le Circuit électrique. L’expérience de près d’une décennie, sept jours sur sept, 24 heures sur 24, auprès des électromobilistes québécois en difficulté devant une borne publique montre que, «neuf fois sur dix, le problème vient d’une mauvaise compréhension du propriétaire envers son véhicule électrique», rapporte-t-il.

Surveillées comme «du lait sur le feu»

Daniel Breton abonde dans le même sens concernant la fiabilité des bornes dans la Belle Province. «Plus que la majorité des juridictions, le Québec affiche une excellente moyenne au bâton. De fait, pour être aussi bien servi ailleurs, il faut aller se promener en Colombie-Britannique, en Californie ou, évidemment, en Norvège.»

Deux raisons se cachent derrière cette avantageuse feuille de route, du moins pour le Circuit électrique. «Nous testons longuement les différentes bornes, par chaleur accablante et par des froids de -30 degrés Celsius, avant de choisir lesquelles installer», explique Martin Archambault, conseiller à l’électrification des transports chez Hydro-Québec.

Ensuite, «ces bornes, nous les surveillons comme du lait sur le feu, dit Stéphane Loubert, délégué principal à la Direction mobilité chez Hydro-Québec. Non seulement nous sommes très réactifs aux commentaires des usagers, mais notre application mobile sera bientôt en mesure de ‘‘notifier’’ la mise hors service temporaire des bornes, par exemple lors d’une opération de chargement de neige.»

Résultat de cette infrastructure monitorée en temps réel : à toute heure du jour et de la nuit, «moins de 1 % des bornes rapides du Circuit électrique sont temporairement indisponibles», a affirmé à Protégez-Vous le porte-parole à la Direction mobilité chez Hydro-Québec, Louis-Olivier Batty.

Trucs d’électromobilistes chevronnés

Afin de prévenir des situations peu… électrisantes, les experts interrogés dans le cadre de cet article ont bien voulu partager les trucs qu’ils mettent en pratique, qu’il s’agisse de trajets à l’intérieur ou hors de nos frontières.

– Gardez-vous 100 km d’autonomie pour un plan B. «Comme électromobiliste, on ne part pas sur un coup de tête, indique Johanne Boucher, coordonnatrice au service à la clientèle de ChargeHub. On doit planifier ses arrêts selon les bornes compatibles – personnellement, je les choisis en fonction de mes intérêts. Un musée, un resto, une attraction… Je joins l’utile à l’agréable et, de plus, j’arrive souvent à me brancher gratuitement. Des bornes gratuites, ça existe, il faut en profiter! Cela dit, comme les bornes qu’on a prévu utiliser peuvent être occupées ou défectueuses, il faut toujours avoir un plan B en tête. Et il faut savoir qu’à l’extérieur du Québec, ce plan B peut aisément se trouver à 80 km… C’est pourquoi je me garde toujours une marge de 100 km d’autonomie. »

– Familiarisez-vous avec les subtilités de votre véhicule électrique. Sylvain Légaré de CAA Québec recommande de découvrir les particularités de votre véhicule électrique avant de partir en escapade. «Devez-vous verrouiller les portières pour charger ? Jusqu’où devez-vous (bien) enfoncer le pistolet ? Apprenez à désactiver la minuterie, c’est le problème le plus fréquent qui survient à une borne publique. Par-dessus tout, prenez le temps de vous familiariser avec le manuel du propriétaire ; ce n’est pas lorsque vous serez mal pris que vous aurez envie de fouiller dans plus ou moins 200 pages pour trouver ce qui vous empêche de recharger…»

– Profitez de l’intelligence artificielle. «Notre application mobile du Circuit électrique est à la fois simple et très puissante, alors prenez le temps de la découvrir et de personnaliser votre profil, conseille Stéphane Loubert, du Circuit électrique. Dites-lui avec quel véhicule vous roulez, de sorte que l’intelligence artificielle pourra vous recommander des itinéraires selon votre autonomie électrique. Sachez que, cet itinéraire, elle le construit également en fonction de la météo : la vitesse du vent, la neige ou la pluie... Très prochainement, elle ira jusqu’à vous proposer des promotions de nos partenaires commerciaux. »

– Planifiez votre trajet. La planification de longs trajets passe par la validation des distances entre les étapes, l’ajustement «saisonnier» de l’autonomie électrique du véhicule et, tout juste avant de partir, la vérification de l’accessibilité et de l’état des bornes prévues à l’itinéraire, rappellent Daniel Breton et Pierre Langlois dans le Guide pratique de la voiture électrique.

>> À lire aussi : Êtes-vous prêt pour l’auto électrique ? et Bornes de recharge électrique : bientôt un passeport pour l’Amérique du Nord ?

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