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Littératie financière : à peine la note de passage

Par Emmanuelle Gril
litteracie-financiere CrizzyStudio/Shutterstock.com

La littératie financière des Québécois stagne, selon le plus récent indice de littératie financière produit par l’Autorité des marchés financiers. Avec une note de 54 %, il y a manifestement du chemin à parcourir.

La littératie financière, c’est la capacité d’une personne à mettre en œuvre les connaissances qu’elle a acquises pour bien gérer ses finances personnelles et prendre de bonnes décisions les concernant.

Or, selon le plus récent rapport de recherche sur l’Indice de littératie financière appliquée dévoilé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) le 21 novembre dernier, le niveau de littératie financière de la population ne fait guère de progrès au Québec. « L’aiguille ne bouge pas beaucoup et les progrès sont lents », confirme Antoine Bédard, directeur principal de l’assistance aux clientèles à l’AMF. Le score de 54 % est en effet considéré comme moyen et témoigne du travail qu’il faudra encore accomplir dans ce domaine.

Bonne nouvelle, cependant, le rapport permet de mieux comprendre comment on développe sa littératie financière et pourquoi un individu détient un meilleur niveau qu’un autre.

Des constats éclairants

Parmi les éléments qui ressortent de cette recherche, on apprend d’abord que la littératie ne s’apprend pas dans les livres. « Elle s’acquiert plutôt avec la pratique et de façon empirique, explique Antoine Bédard. On s’éduque en consommant des produits financiers, en y étant exposé. »

À cet égard, le fait d’acquérir une première propriété constitue un élément déclencheur, et même un point de bascule. « Il s’agit d’un événement charnière grâce auquel la personne développe sa littératie en se familiarisant avec le prêt hypothécaire, la mise de fonds, les assurances, etc. », soutient le directeur principal à l’AMF. Il souligne cependant que, comme la population a tendance à acquérir une première propriété plus tardivement qu’autrefois, le développement de cette expérience en est d’autant retardé.

Autre constat : tous les événements qui semblent lointains ou les facteurs aléatoires sont systématiquement plus difficiles à prioriser. On pense ici à la retraite et à la nécessité de la planifier financièrement, ou encore aux divers produits d’assurances puisqu’ils sont reliés à des risques hypothétiques.

Le rapport de recherche souligne également les liens directs existant entre la possession de produits financiers et les attitudes de prudence financière. Quelqu’un qui a pris le temps de se former en finances personnelles (avec une bonne littératie) aura tendance à prendre moins de risques inconsidérés en matière d'investissement ; et, quand il s’agira d’être plus audacieux, le risque sera mieux calculé.

L’AMF note également que, plus on possède de produits financiers variés, plus le niveau de littératie est élevé. Sans surprise, ce dernier est faible chez les consommateurs moins scolarisés ou dont la condition économique est fragile (moins de revenus, endettement, précarité d’emploi ou situation personnelle plus difficile).

Comment s’améliorer

Améliorer sa littératie financière permet de prendre des décisions plus éclairées. Voici plusieurs manières d’y parvenir :

  • Les conseillers financiers ont un important travail d’éducation à faire auprès de leurs clients. N’hésitez pas à les interroger, il n’y a pas de mauvaise question.
  • Responsabilisez-vous en vous renseignant et en diversifiant vos sources d’information.
  • Évitez les influenceurs sur les réseaux sociaux, car ce ne sont pas des professionnels agréés et leurs conseils peuvent s’avérer mal avisés, ou même risqués.
  • Privilégiez plutôt des sources comme l’Agence de la consommation en matière financière du Canada, l’AMF, ÉducÉpargne, l’Office de la protection du consommateur, Gérez mieux votre argent, Tout bien calculé, le volet de vulgarisation sur les finances personnelles des sites de grandes institutions financières, etc.
  • Les parents peuvent aussi mettre la main à la pâte en matière de formation, tout en s’adaptant à l’âge de leurs enfants. On commence avec l’argent de poche et, au fil des ans, on démystifie progressivement des notions plus complexes comme l’épargne, le crédit, les investissements, etc. « J’ai des ados à la maison et j’ai eu l’occasion de discuter avec eux de cryptomonnaie, pour leur en expliquer les dangers et leur montrer que ce n’était pas le Klondike », témoigne Antoine Bédard.

Bref, la littératie financière, ça commence tôt, c’est le travail de toute une vie, car on n’a jamais fini d’apprendre. Et ça peut rapporter gros…

>> À lire aussi : Guide des finances personnelles 2023, Comment améliorer la littératie financière des jeunes et Incontournable littératie financière

 

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  • Par Martin Pelletier
    29 Novembre 2022

    Sérieusement ça a prit une étude pour se rendre compte que les Québécois n'ont pas d'éducation financière?! By the way tout s'apprend mais pour l'enseigner faut le savoir aussi. Impossible de passer ce savoir à nos enfants si nos parents n'avaient pas d'éducation financière. Malheureusement le système éducationnel néglige volontairement cette facette importante de notre vie. Sinon, une fois éduqué, les gens paieraient la moitié moins d'impôts, comme ceux qui créent les lois fiscales à leur avantage. Par contre, petit bémol... un planificateur financier n'est rien d'autre qu'un autre produit de notre cher système d'éducation sous développé. Ils peuvent nous conseiller sur comment faire un budget, payer les dettes à intérêt élevé en premier, mais pour ce qui est de faire fructifier notre argent, désolé, mais ils ont la même carence littéraire que la majorité de la population. Sinon ils seraient les premier à ne pas mettre leurs épargnes dans leur propre fonds communs sous-performant et couteux en frais de gestion, et ils nous diraient aussi de nous en aller directement dans des actions directe qui paient un dividende.
    Beau rapport de recherche qui en apprendra à ceux à qui ça ne sert à rien, et qui fera dire à ceux qui sont éduqué financièrement que vous êtes en retard d'une décennie sur la nouvelle!