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Le casse-tête des emplettes de Noël

Par Marie-Eve Shaffer
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Vous vous apprêtez à commencer votre magasinage des fêtes, mais réussirez-vous à faire toutes vos emplettes à temps? Rien n’est moins sûr avec les ratés dans l’approvisionnement des marchandises qui provoquent pénuries et retards de livraison.

Le mot d’ordre cette année : faites vos achats de Noël plus tôt. Surtout si vous voulez un produit d’une marque, d’une couleur ou d’une grandeur bien précise. C’est que, depuis mars 2020, la pandémie de COVID-19 a compliqué le parcours qu’un bien de consommation effectue de l’usine de production  vers le commerce de détail pour, enfin, se rendre jusqu’à la clientèle.

Les mesures sanitaires strictes et les confinements imposés dans certaines régions du monde ont forcé le ralentissement, et même l’arrêt complet, d’une part, de la production manufacturière, notamment en Asie, et, d’autre part, des activités des ports maritimes. Résultat : des cargos remplis de conteneurs de marchandises sont stationnés des semaines avant d’être déchargés et ravitaillés.

Voyez la vidéo qu’a réalisée la chaîne CNN pour illustrer l’ampleur du trafic maritime aux ports de Los Angeles et Long Beach, en Californie. Ces deux installations reçoivent près de 40 % de la marchandise importée aux États-Unis.

À cela s’ajoute la pénurie de main-d’œuvre qui fait rage partout sur la planète, autant dans l’industrie du transport que dans les commerces de détail. Les salaires et les conditions de travail ont poussé plusieurs travailleurs à délaisser leur emploi. Les aides financières consenties aux chômeurs pandémiques par les gouvernements ont également ralenti le retour au boulot.

«Dans le secteur des transports, [le manque de personnel] est une vraie problématique», souligne le professeur au département de marketing de HEC Montréal, JoAnne Labrecque. Elle souligne que l’émergence du commerce en ligne pendant la pandémie de COVID-19 a notamment contribué à augmenter la demande de camionneurs.

Des stocks plutôt bas

Dans ces circonstances, les commerces de détail ont des stocks plutôt limités et leurs tablettes pourraient être plus dégarnies qu’à l’habitude pour le magasinage de Noël. Plusieurs ont prévu le coup et commandé leur marchandise des mois à l’avance pour s’assurer de répondre à la demande. Malgré tout, l’approvisionnement risque d’être difficile pour les meubles, électroménagers, matériaux de construction, automobiles et pneus.

«Cela dépend de la distance entre le fabricant et le consommateur, note le directeur général du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), Jean-Guy Côté. Plus l’usine de production est loin, que ce soit en Asie ou aux États-Unis, plus il est laborieux d’importer sa marchandise au Québec. Quand le produit est local, c’est beaucoup plus facile.»

Les biens fabriqués au Québec n’échappent toutefois pas aux ratés dans les chaînes d’approvisionnement, d’après JoAnne Labrecque, notamment s’ils nécessitent des pièces ou des ingrédients importés. «Quand il manque des composantes d’un produit, ça ralentit [toute la chaîne de production]», fait-elle valoir.

Des consommateurs prêts à magasiner

Si les stocks des magasins sont bas, les attentes des consommateurs sont, pour leur part, élevées. Une étude menée par la firme Deloitte démontre qu’ils ont l’intention de dépenser davantage que les dernières années pour la période des fêtes. Les Canadiens devraient débourser en moyenne 1 841 $ cette année, comparativement à 1 405 $ en 2020 et 1 706 $ en 2019.

«La demande est très forte. Il faut s’attendre à un important achalandage dans les magasins», souligne Jean-Guy Côté.

Avec toutes les difficultés que connaît la chaîne d’approvisionnement, est-ce que les rabais seront au rendez-vous, comme c’est le cas habituellement à cette période de l’année ? «Les détaillants offriront des rabais, mais il est possible que ce soient des rabais différents de ce qu’on voyait avant la pandémie», avance JoAnne Labrecque, en évoquant la remise de bons rabais ou la vente d’inventaire.

De son côté, Jean-Guy Côté n’a pas eu vent de commerçants qui optaient pour une nouvelle stratégie à ce temps-ci de l’année. «Ils sont tellement contents de revoir leur clientèle, mais il faut s’attendre à ce qu’ils mettent de l’avant des produits locaux parce que l’approvisionnement est plus facile.»

Les détaillants doivent en fait trouver le moyen d’être concurrentiels, même par rapport aux cybercommerçants, de couvrir leurs frais de fonctionnement, qui ont augmenté après l’octroi de hausses de salaire pour conserver leur personnel, et, ultimement, de dégager une marge de profit, «en plus de répondre aux demandes des consommateurs et de s’assurer d’avoir de la marchandise en quantité suffisante», explique JoAnne Labrecque.

Soyez indulgent. Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement devraient s’atténuer en 2022, selon les experts interrogés pour cet article.

>> À lire aussi : Cinq choses à savoir sur la pénurie de cartes graphiques

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