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Achat local: les produits les plus difficiles à trouver

Par Frédéric Perron Mise en ligne : 16 avril 2019  |  Magazine : mai 2019 Photos: Shutterstock.com, Simaudio, Elmira Stove Works, Kanuk

Photos: Shutterstock.com, Simaudio, Elmira Stove Works, Kanuk

Peu de produits électroniques, d’électroménagers et de vêtements sont fabriqués au Canada. On trouve malgré tout quelques exceptions comme Simaudio (chaînes audio haut de gamme), Drainvac (aspirateurs centraux) et Kanuk (manteaux d’hiver).

Depuis les années 1970, la fabrication de plusieurs produits a été progressivement déplacée du Canada vers l’étranger, notamment en Asie et au Mexique. Selon Christian Deblock, directeur de recherche au Centre d'études sur l'intégration et la mondialisation de l’Université du Québec à Montréal, l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce en 2001 a accéléré cette délocalisation de la production en favorisant le libre-échange.

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Ce phénomène a particulièrement touché le secteur de la confection de vêtements, qui a perdu 75 % de ses effectifs de 1998 à 2018, selon Statistique Canada. Sur la même période, les emplois liés à la fabrication d’électroménagers et de produits électroniques ont respectivement chuté de 60 % et de 34 %.

«Les délocalisations d’usines sont intimement liées à la mondialisation, explique Patrice Jalette, professeur à l’École de relations industrielles de l’Université de Montréal. Les traités de libre-échange et l’abolition des barrières tarifaires ont facilité la mobilité des capitaux et des biens. La naissance du transport par conteneur durant la guerre du Vietnam dans les années 1960, qui a facilité le transport international de marchandises, et d’Internet dans les années 1990, qui a simplifié les communications, ont aussi contribué aux délocalisations.»

Progression de l'emploi au Canada

Source: Statistique Canada

Faibles salaires et subventions juteuses

Bien sûr, les entreprises sont attirées par les bas coûts de production dans des pays comme la Chine et le Mexique, où les employés gagnent de 2 à 4 $ l’heure. À titre de comparaison, le taux horaire des travailleurs d’usine est en moyenne de 30 $ au Canada et de 39 $ aux États-Unis, indique le Conference Board américain.

Mais selon Christian Deblock, les délocalisations ne sont pas uniquement liées aux coûts de fabrication; les subventions peuvent aussi peser dans la balance. Il mentionne le cas du fabricant d’électroménagers Electrolux, qui a fermé son usine de L’Assomption en 2004 où travaillaient 1 300 personnes, pour déplacer sa production à Memphis, au Tennessee. À l’époque, la Ville de Memphis et l’État du Tennessee avaient accordé près de 190 millions de dollars en subventions pour encourager l’entreprise à déménager.

La présence de grappes industrielles, de formations et de main-d’œuvre spécialisée peut aussi inciter les entreprises à installer leurs usines dans un pays plutôt qu’un autre. Un exemple bien de chez nous: l’industrie aéronautique montréalaise, avec ses fleurons comme Bombardier et CAE, qui attire plusieurs autres compagnies spécialisées dans le domaine.

LES INTROUVABLES

Pour la série documentaire Ma vie made in Canada, réalisée en 2017, le journaliste Frédéric Choinière a acheté uniquement des produits fabriqués au pays pendant un an. Voici la liste de ce qu’il n’a pas réussi à trouver:

– Four à micro-ondes;
– Robot culinaire;
– Perceuse;
– Fer à repasser;
– Séchoir à cheveux;
– Téléphone intelligent;
– Tablette;
– Ordinateur;
– Ciseaux;
– Coupe-ongles;
– Lames de rasoir;
– Casque de vélo;
– Cadenas de vélo.

Quelques exceptions

Même si l’on trouve très peu de produits électroniques, d’électroménagers et de vêtements faits au Canada, ce qui sort de nos usines ne manque pas d’intérêt. Tour d’horizon.

Simaudio

Les 42 employés de Simaudio produisent à Boucherville des chaînes stéréo haut de gamme allant d’un préamplificateur phono pour tourne-disque vendu 549 $ à un amplificateur qui se détaille 160 000 $. Le fait que Simaudio ait une production relativement restreinte (4 000 appareils par année) dans un créneau de luxe lui permet de la garder au Québec plutôt que de la déplacer vers l’Asie.

La philosophie de Simaudio se situe à des années-lumière de l’obsolescence programmée, ses produits étant couverts par une garantie de 10 ans. «Nous sommes même en mesure de réparer nos premiers appareils vendus en 1980», souligne Ève Chamberland, gestionnaire de projets marketing pour l’entreprise.

Elmira Stove Works

Du côté de l’électroménager, Elmira Stove Works fabrique en Ontario des appareils au look rétro, alors que Cavavin produit des celliers à Longueuil. On trouve aussi au Québec quelques fabricants d’aspirateurs centraux comme Drainvac, Soliroc Métal (appareils de marque AspirTech) et Trovac (aspirateurs de marque Cyclo Vac).

Kanuk

Dans le domaine du textile, Tristan et Le Château confectionnent environ 30 % de leurs vêtements au Québec. Maintenir une partie de leur production dans la province permet à ces entreprises de s’adapter rapidement au marché très changeant de la mode sans avoir à passer de commandes en Asie.

Pour sa part, m0851 fabrique autour de 90 % de ses produits (sacs et accessoires de cuir, vestes en cuir, vêtements d’extérieur et accessoires saisonniers) dans la province.

D’autres exemples? Yoga Jeans fabrique ses pantalons de denim à Montréal, alors que Shan confectionne ses maillots de bain haut de gamme à Laval. Du côté du plein air, quelques entreprises produisent des vêtements au pays, notamment Kanuk, Quartz Co. et Canada Goose. C’est sans compter les nombreux designers, comme Marie-Eve Emond (marques Betina Lou et Marmier), qui font leurs vêtements au Québec.

«Le manque de main-d’œuvre qualifiée est l’une des plus importantes raisons pour lesquelles il est difficile de produire localement, nous a expliqué l’entreprise Tristan par courriel. Évidemment, le coût de la main-d’œuvre et la pression du consommateur désirant payer peu cher pour ses vêtements sont des facteurs rendant la production locale quasi impossible.»

Malgré ces difficultés, Marie-Ève Faust, directrice de l’École supérieure de mode ESG UQAM, se réjouit de voir des entreprises comme Tristan et Le Château maintenir une partie de leur confection ici. «Je leur lève mon chapeau, car c’est tout un défi de fabriquer des vêtements chez nous et de les offrir à prix compétitif», dit-elle.

des emplois liés à la fabrication de vêtements sont disparus au Canada de 1998 à 2018.
Source : Statistique Canada

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