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Contrer le vol de vélos

Par Amélie Cléroux
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Tout cycliste connaît les risques de se faire voler sa monture. Ce n’est pas une légende urbaine. À Montréal seulement, plusieurs milliers de vélos disparaissent chaque année. La plateforme Garage 529 permettra-t-elle de ralentir le fléau ? Portrait de la situation et astuces de prévention.

Le mois de mai célèbre le vélo, à l’initiative de l’organisme Vélo Québec. C’est aussi le début de la saison pour plusieurs cyclistes… et voleurs de vélos.

Ces vols ont lieu partout en province, mais c’est dans la métropole qu’ils sont les plus nombreux. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) reçoit quelque 2 100 plaintes pour vol de vélo chaque année depuis 10 ans, d’après Steve Girard, commandant du Poste de quartier 44 et mandataire du dossier pour le service. En comparaison, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) rapporte environ 500 signalements par année, alors que celui de la Ville de Gatineau (SPVG) a enregistré un peu plus de 150 vols en 2020.

Selon Vélo Québec, ce n’est que la pointe de l’iceberg. «Nous estimons que le nombre de plaintes doit être multiplié de six à dix fois pour refléter le nombre total de vols», indique Magali Bebronne, directrice des programmes de l’organisme. Les sondages menés par le SPVM correspondent à cette estimation, acquiesce Steve Girard, ce qui fait grimper le nombre de vols de vélos à Montréal à plus de 20 000 chaque année.

Et avec la pénurie de bicyclettes en magasins, il y a fort à parier que plusieurs personnes se tourneront vers le marché d’occasion, ce qui pourrait accroître le phénomène déjà qualifié de «fléau», croient les deux intervenants. Une raison de plus pour être vigilant, que vous soyez propriétaire de vélo ou à la recherche du vôtre sur les sites de petites annonces.

L’importance de monter un dossier d’identification

Mais pourquoi si peu de plaintes sont-elles déposées à la police ? Les raisons sont nombreuses. La majorité des vols sont «d’opportunité» et commis sur des vélos de 500 $ et moins qui se revendent facilement, d’après Magali Bebronne. Plusieurs propriétaires ont l’impression que porter plainte ne vaut pas la peine, surtout si leur assurance habitation accepte leur réclamation.

Mais, le plus souvent, les gens ne possèdent aucune preuve de la possession de leur vélo: ni numéro de série, ni facture, ni photos, selon le SPVM et Vélo Québec. «Nous avons besoin du numéro de série pour rendre le vélo à son propriétaire si nous le retrouvons», explique le commandant Steve Girard.

D’après le policier, environ 500 vélos sont retrouvés chaque année par les forces de l’ordre, mais seuls 5 % d’entre eux sont remis à leur propriétaire, faute d’avoir un rapport et ces informations sous la main. «Parfois, on fait une intervention chez un suspect où on trouve un grand nombre de vélos. Mais comme les numéros de série ne correspondent à aucun vélo déclaré volé, on est obligés de les lui laisser. C’est un peu frustrant !», ajoute le commandant.

Prenez donc le temps de noter le numéro de série de votre vélo. En général, il est inscrit sous la boîte du pédalier. Lorsque vous magasinez un vélo, demandez au commerçant d’inscrire le numéro sur la facture et conservez-la. Notez aussi ses caractéristiques, comme la couleur, la marque, l’année de fabrication et autres spécificités. Enfin, prenez votre monture en photo afin qu’on puisse bien la reconnaître et prenez-vous en photo avec celle-ci.

Ces informations pourraient vous permettre de retrouver votre vélo en cas de vol, mais aussi de le réclamer à votre assurance habitation. Un montant maximal – souvent entre 500 et 1 000 $ – peut toutefois être prévu. Informez-vous auprès de votre assureur pour connaître le montant de couverture prévu et augmentez-le au besoin.

Steve Girard insiste : ces informations ne sont pas nécessaires pour déposer une plainte, qui permet de mesurer l’ampleur du phénomène et d’orienter les actions des policiers. «Si on a une problématique aux alentours d’une station de métro, que plusieurs vols sont déclarés en une semaine, on va y assigner des ressources et faire de la prévention auprès des usagers», illustre le commandant qui invite les cyclistes à déclarer tout vol dont ils sont victimes.

Garage 529 : la solution pour contrer le recel de vélos ?

Cette plateforme de prévention du vol et du recel de bicyclettes a fait parler d’elle dans les dernières semaines quand le SPVM a dit l’utiliser. «Garage 529 a permis d’obtenir des résultats impressionnants dans les villes participantes. Par exemple, à Vancouver, les vols de vélos ont diminué de près de 40 % depuis son arrivée en 2015», indique le SPVM sur son site Internet.  

À Montréal, «environ 2 000 personnes se sont déjà inscrites», se réjouit le commandant Steve Girard. Le SPVM et Vélo Québec placent beaucoup d’espoir sur son utilisation afin de contrer le phénomène dans la métropole et ailleurs dans la province. «Vous pourrez écrire que j’invite les autres services de police à joindre le programme», lance le policier en entrevue. Déjà, les services de police de Québec, Gatineau, Laval et Terrebonne l’ont contacté pour en savoir davantage.

«Nous souhaitons que cela devienne le système privilégié au Québec», souligne à son tour Magali Bebronne. Symboliquement, l’utilisation de la plateforme et l’adhésion des citoyens enverraient un message clair aux voleurs et aux revendeurs, selon la directrice des programmes à Vélo-Québec. Mieux : elle compare l’utilisation à grande échelle à une forme d’immunité collective, l’idée étant que tous les services de police l’utilisent et que cela devienne une norme pour les commerçants de façon que, lorsqu’ils vendent un vélo, un fichier d’identification soit créé d’office sur la plateforme.

Outre faciliter les interventions policières, le SPVM et Vélo Québec estiment que Garage 529 outillera les citoyens. La plateforme ne remplace toutefois pas un signalement à la police.

Comment ça marche ?

Vous enregistrez votre vélo gratuitement à partir du site ou de l’application mobile, en fournissant des photos, le numéro de série de votre vélo et plusieurs autres informations, selon ce que vous détenez. En cas de vol, les usagers inscrits peuvent lancer une alerte. Vous pouvez aussi vérifier si un vélo est déclaré volé. Par exemple, si vous voyez une bicyclette d’occasion à vendre qui vous paraît plutôt louche, une recherche rapide vous permettra de savoir s’il s’agit d’un vélo déclaré volé. Vous pourrez éviter de contribuer malgré vous au phénomène, voire le dénoncer.

La police a aussi accès à ces informations. Elle peut ainsi remettre plus facilement les vélos retrouvés à leurs propriétaires, selon Steve Girard. Vous n’habitez pas à Montréal ? Soyez certain que si votre vélo y est retrouvé, le SPVM pourra accéder à vos informations et vous le remettre.

En parallèle, vous pouvez apposer sur votre vélo un autocollant muni d’un numéro unique qui agit à titre d’avertissement dissuasif. Il favorise aussi les recherches. Les Montréalais peuvent en dénicher gratuitement dans les postes de police de quartier. Vous pouvez aussi en trouver dans certaines boutiques de vélo ou en ligne, au coût allant de 2 à 10 $ par unité (des échantillons gratuits sont parfois disponibles).

La clé en prévention : un bon cadenas

Que pouvez-vous faire d’autre ? La majorité des vols se déroulent dans les lieux publics, selon Steve Girard, du SPVM. Cadenasser votre bicyclette est donc essentiel si vous devez la quitter des yeux ne serait-ce que quelques minutes.

Un cadenas solide en forme de «U» vous permettra de bloquer le cadre de votre monture, et potentiellement une roue. Ne barrez jamais une roue seulement, elles sont trop faciles à démonter. Méfiez-vous des modèles bon marché qui pourront être cassés facilement.

>> Consultez notre test de cadenas de vélo pour choisir un modèle résistant.

Un cadenas supplémentaire, par exemple un câble solide, pourrait compléter votre attirail et barrer vos roues. Sinon, si vos roues se défont facilement, vous pouvez les retirer et les barrer avec le reste du vélo. L’idée est de compliquer la tâche aux voleurs. Les systèmes supplémentaires de blocage sont rarement infaillibles, mais ils mettront des bâtons dans les roues des voleurs. Les vols de pièces étant courants, pensez à «remplacer les attaches rapides des roues et du siège par des écrous et boulons ou à traîner votre siège avec vous», recommande Magali Bebronne.

Le meilleur cadenas ne vaudra cependant pas grand-chose si vous l’accrochez à un grillage ou une clôture facile à couper ou à démonter. Privilégiez les supports à vélo, conseillent divers services de police. Ce n’est cependant pas toujours possible, souligne Magali Bebronne, qui vous conseille de «faire pression et de demander à votre municipalité et aux institutions d’installer des infrastructures adéquates, comme des supports à vélo ou des stationnements sécurisés pour cyclistes».

Quelques astuces de prévention

  • Vous magasinez une bicyclette sur un site de petites annonces ? «Méfiez-vous si le vendeur a plusieurs annonces ou un grand nombre de vélos à vendre, recommande Steve Girard, du SPVM. Exigez une facture ou des informations plus précises sur le vélo. S’il n’est pas en mesure de vous en fournir, je vous conseille de poursuivre vos recherches.
     
  • Rentrez votre vélo à l’intérieur chez vous. Si vous n’avez pas l’espace suffisant, assurez-vous qu’il est bien cadenassé, même s’il est dans votre cour ou sur votre balcon. S’il est dans un cabanon, ce dernier devrait être verrouillé. Bien qu’une minorité de vols aient lieu à domicile, selon le SPVM, il vaut mieux ne pas courir de risque.
     
  • Évitez de barrer votre vélo plusieurs jours consécutifs au même endroit. Par ailleurs, tenter de cacher votre vélo est souvent inutile, voire contreproductif. Vous risquez de permettre au voleur d’accomplir sa besogne en toute impunité, d’après le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Gardez en tête que peu de gens interviennent lorsqu’ils sont témoins de ce qui semble être un vol.
     
  • Véritable mordu, vous avez un vélo qui vaut son pesant d’or. Songez à vous procurer une seconde bécane plus modeste et qui attirera moins les regards pour les tâches quotidiennes, comme aller travailler ou faire vos courses, recommande Vélo Québec. Votre monture de luxe restera ainsi tranquillement à la maison en prévision de vos escapades et vacances.

>> À lire aussi : Comment choisir un bon siège de vélo pour enfant et Comment choisir un casque de vélo sécuritaire.

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  • Par GUILLAUME P.
    15 Mai 2021

    "Plusieurs propriétaires ont l’impression que porter plainte ne vaut pas la peine, surtout si leur assurance habitation accepte leur réclamation."
    Les compagnies d'assurance ne devraient-elles pas exiger un rapport de police pour payer une réclamation de vol? Je croyais que c'était le cas.

    journalist
    Par CéLINE MONTPETIT de Protégez-Vous
    26 Mai 2021

    Bonjour,
    Merci de nous avoir écrit. Votre question est tout à fait intéressante. Il est possible que certains assureurs, dans certaines situations, exigent un rapport de police, mais ce n'est pas toujours le cas selon les informations que nous avons obtenues.