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Choisir un casque de vélo pour enfant

Par Rémi Maillard

Même s’il répond aux normes de sécurité, un casque qui ne lui plaît pas finira à coup sûr au fond d’un placard... Conseils d'achat.

Même s’il répond aux normes de sécurité, un casque qui ne lui plaît pas finira à coup sûr au fond d’un placard... La règle d’or? Toujours le lui faire essayer avant de l’acheter – dans ce cas, choisir sur Internet ou dans un catalogue est à proscrire. Trois critères doivent vous guider: la sécurité, le confort et l’apparence. Grosso modo, les prix s’échelonnent de 10 à 45 $. La différence s’explique par une meilleure finition, un système d’ajustement plus sophistiqué ou des raffinements au plan du confort, mais aussi parfois simplement par le motif reproduit sur le plastique de recouvrement.

Autrement dit, le meilleur casque n’est pas forcément le plus cher! À noter que lorsqu’il est accidenté dans un certain laps de temps suivant son achat – entre un et cinq ans –, plusieurs fabricants proposent de le remplacer à moindre coût, voire gratuitement. N’achetez jamais un modèle non homologué par un organisme de certification reconnu. La preuve qu’il répond aux normes doit figurer sur un autocollant à l’intérieur, et pas seulement sur l’emballage. Cela dit, de l’aveu des spécialistes, les mauvaises surprises sont rares et la trentaine d’articles que nous avons examinés dans 15 grandes surfaces et magasins de vélo ou de sport montréalais respectaient tous ce critère.

Un bon casque doit couvrir le front, le dessus et l’arrière de la tête ainsi que les tempes sans limiter le champ de vision. Généralement fabriqué en polystyrène expansé, un matériau extrêmement solide qui réduit la quantité d’énergie absorbée par le crâne en cas d’impact, il est recouvert d’un microplastique lisse très résistant. Celui-ci protège la coque de polystyrène du soleil, des intempéries et des objets pointus, et permet à la tête du cycliste de glisser sur le sol en cas de chute, ce qui réduit le risque de fractures cervicales.

Le confort et l'apparence

Prêtez une attention particulière au poids et, surtout, à la taille: trop petit, il devient vite un instrument de torture; trop grand, il peut gêner l’enfant et sera de toute façon inefficace. Ne vous fiez pas aux catégories d’âge indiquées par les fabricants, mais plutôt à son tour de tête. Le casque ne doit pas lui compresser les tempes et, une fois ajusté, «doit suivre naturellement le mouvement lorsqu’il bouge la tête sans qu’on ait besoin d’attacher les courroies», explique Sylvain Lalonde, copropriétaire d’un grand magasin de vélo à Montréal. Et sans l’ajout des coussinets amovibles destinés à améliorer le confort. Enfin, choisissez un modèle bien ventilé: quand il fait chaud, le nombre de fentes d’aération et leur position deviennent des critères de confort importants. Optez pour des couleurs vives afin que votre petit champion soit bien visible des autres usagers de la route ou de la piste cyclable.

Bien mis... et efficace

Selon une enquête annuelle effectuée par la SAAQ, 75 % des moins de cinq ans, 57 % des cinq à neuf ans et 27 % des 10 à 15 ans portaient un casque en 2006. «Mais souvent il est tellement mal ajusté qu’il devient presque inutile», observe Sylvain Lalonde, copropriétaire d'un magasin de vélo à Montréal. En effet, beaucoup de jeunes le déplacent vers l’arrière sans se soucier de protéger leur front, desserrent trop les sangles ou oublient carrément de l’attacher. «Le casque est bien ajusté lorsque les courroies avant et arrière se rejoignent sous l’oreille et que la mentonnière n’est pas trop serrée», indique la SAAQ. De plus, il ne doit ni ballotter ni tomber sur le front ou la nuque. «Le mieux est de se rendre dans une boutique spécialisée où les conseils d’un professionnel feront toute la différence au moment du choix et de l’ajustement», suggère Patrick Howe, porte-parole de Vélo Québec.

Obligatoire?

Les blessures à la tête sont la première cause de décès chez les cyclistes et 40 % des victimes sont âgées de 15 ans ou moins. En outre, «le niveau de risque est au moins deux fois plus élevé chez les jeunes de six à 17 ans que chez les adultes», constate la SAAQ. Ces chiffres font bondir le Dr Dickens Saint-Vil, chirurgien pédiatrique et directeur du programme de traumatologie à l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal: «Je suis prêt à me battre pour que le port du casque devienne une obligation pour tous les petits Québécois qui font du vélo. Il n’y a aucun doute qu’il diminue de manière significative les traumatismes au niveau du crâne et de la colonne cervicale.» Le casque protège «de façon systématique, peu importe la cause de l’accident, l’âge ou le comportement de la victime», confirme le ministère des Transports du Québec dans son livre vert sur la sécurité routière.

Pourtant, contrairement à la Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et à la Colombie-Britannique, entre autres, il n’est pas obligatoire dans la Belle Province. «On ne peut imposer une telle mesure sans consensus social, souligne Jacqueline Laliberté, conseillère en prévention routière à la SAAQ. Peut-être une loi changerait-elle quelque chose, mais encore faut-il qu’elle soit applicable, et je ne vois pas les policiers courir derrière chaque cycliste. C’est d’abord aux parents de prendre leurs responsabilités.»

Un avis que partage Vélo Québec. Bien qu’il recommande le port du casque sur une base volontaire, l’organisme estime aussi qu’une législation contraignante freinerait la pratique de la bicyclette. La raison? Les familles les plus modestes seraient pénalisées, et surtout «cela donnerait l’impression que cette activité est dangereuse en soi», justifie Patrick Howe. Enfin, les opposants au port obligatoire font valoir que les accidents les plus graves résultent d’une collision avec un véhicule et que le casque de vélo n’est pas conçu pour résister à la violence d’un tel choc.

Tout-petits

Selon les normes en vigueur, les modèles destinés aux enfants de moins de cinq ans doivent descendre plus bas vers l’arrière du crâne et protéger les oreilles, d’où leur forme plus arrondie. La plupart sont vendus avec deux ou trois jeux de coussinets en mousse pour faciliter l’ajustement. Dans le cas des tout-petits, assurez-vous que la musculature de leur cou est assez développée avant de leur faire porter un casque. En règle générale, les pédiatres déconseillent de transporter un enfant de moins d'un an à vélo.

Ventilation

Un casque bien ventilé permet d’éviter l’effet «bain de vapeur». En outre, les fentes d’aération de certains modèles sont protégées par des filets anti-insectes.

Sigles

Le Canada n’impose aucune norme de sécurité en matière de casques de vélo. Assurez-vous donc que le modèle que vous achetez est estampillé de l’un des sigles ci-contre. D’autres mentions devraient également se trouver à l’intérieur du casque: sa taille (en cm) et son poids (en g), l'année et le mois de fabrication, le nom du fabricant et du modèle.

Choc

Remplacez le casque en cas d’impact violent. Même s’il paraît intact, il peut avoir subi des dommages suffisants pour amoindrir sa capacité d’absorption. Ne l’achetez jamais d’occasion ni dans une vente de garage.

Ajustement ou stabilisation

Les systèmes qui permettent de placer avec précision la partie arrière du casque sur la tête varient selon les marques et le prix. «Le plus pratique est celui à molette (1), qui donne un ajustement parfait sans avoir à utiliser les sangles», juge Sylvain Lalonde. Le réglage occipital peut tout aussi bien se faire à l’aide d’un bandeau de fixation cranté (2). Certains modèles sont simplement munis d’un dispositif de stabilisation qui aide les courroies à mieux serrer la tête (3). Parfois, il n’y a rien (4).

Gadget
Ce casque avec des personnages de Walt Disney clignote lorsqu’on appuie sur un petit bouton situé à l’arrière. Le hic? Le clignotement ne dure que 15 secondes et, pour le déclencher, l’enfant doit chaque fois ôter une main du guidon.

Tests

Comme ses principaux concurrents, Louis Garneau Sports utilise un banc d’essai pour s’assurer que ses produits respectent la norme. «On place le casque sur une tête métallique de cinq kilos qu’on laisse ensuite tomber le long d’un rail sur une enclume d’acier d’une hauteur de deux mètres afin d’atteindre une vitesse d’environ 6 m/s, soit 22 km/h», décrit Denis Gingras, directeur de la division accessoires du fabricant québécois. Les casques certifiés ont aussi subi d’autres tests: exposition à des températures extrêmes (de - 10 ºC à + 50 ºC), humidité, rayons ultraviolets, solidité des systèmes de fixation, etc.

Photos: Réjean Poudrette et Louis Garneau Sports

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