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Sur la route : Méfiez-vous des ventes d'autos privées

Par Marie-Eve Shaffer
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Vous n’avez pas fini de payer votre voiture, mais le concessionnaire vous convie à une vente privée pour l’échanger contre une plus récente. Une bonne idée?

Dès que vous mettez les pieds dans la salle d’exposition, le concessionnaire vous sort le grand jeu : « Ça ne vous coûtera rien de plus ! », vous assure-t-il. À ce compte-là, vous vous permettez de lorgner le modèle dernier cri. L’ambiance festive de l’événement vous pousse à accepter l’offre.

Dans les faits, vous partirez de l’endroit plus endetté qu’avant votre visite.

Des prix gonflés

C’est que votre prêt-auto comprend désormais ce qu’on appelle, en langage courant, une « balloune ». Celle-ci représente la différence entre le solde du prêt-auto et la valeur résiduelle de l’ancien véhicule. Par exemple, s’il vous reste 12 000 $ à payer pour une voiture évaluée à 7 000 $, la « balloune » s’élève à 5 000 $.

Ce capital négatif s’ajoute au prix de votre nouvelle voiture et à la valeur d’échange de l’ancien véhicule. En clair : sur le contrat, la nouvelle auto annoncée à 30 000 $ coûte maintenant 35 000 $ (plus de 40 000 $ avec les taxes). La valeur d’échange de votre véhicule actuel passe quant à elle de 7 000 à 12 000 $. « Le concessionnaire veut ainsi donner l’impression qu’il a effacé votre dette antérieure », explique le directeur de l’Association pour la protection des automobilistes (APA), George Iny.

Votre prêt finance désormais l’acquisition de deux véhicules pour lesquels il reste 28 000 $ (40 000 $ moins 12 000 $) à rembourser. Votre endettement a plus que doublé en l’espace d’une soirée, alors que le véhicule que vous possédiez déjà convenait probablement encore.

« Vos paiements mensuels demeurent les mêmes, mais au lieu d’être échelonnés sur 24 mois, ils le sont sur 84 mois, et même plus », dénonce Paul Cérat, chargé de communication à l’Union des consommateurs.

Or, la Loi sur la protection du consommateur (LPC) interdit de financer une dette dans un prêt-auto et stipule qu’un marchand ne peut pas demander un prix supérieur à celui qui a été initialement annoncé.

Une demande de recours collectif a d’ailleurs été déposée au mois de mars contre FCA Canada (Chrysler Canada) et Kia Canada, sans oublier la Banque Scotia et la Banque de Montréal, qui auraient ainsi contrevenu à la LPC.

Une approche de plus en plus répandue

La firme américaine J.D. Power, qui collecte des données sur le comportement des consommateurs, a constaté que de 2010 à 2015, le nombre de Canadiens ayant échangé un véhicule en reportant un capital négatif – lequel se chiffre en moyenne à 6 700 $ ­– a bondi de 50 %. Près du tiers des prêts-autos absorbaient ainsi une dette.

Entre avril 2018 et mars 2020, l’Office de la protection du consommateur (OPC) a pour sa part remis 25 avis d’infraction et engagé cinq poursuites pénales contre des concessionnaires ou des marchands de véhicules usagés qui avaient inclus un capital négatif dans un prêt-auto ou qui avaient majoré des prix de vente. Il a aussi transmis 148 avis pour rappeler à l’ordre des commerçants qui ne respectaient pas la loi pour ces mêmes raisons ; bref, parce qu’ils tentaient de jeter de la poudre aux yeux des consommateurs.

Ressource

Office de la protection du consommateur
Renseignements faux ou cachés

>> À lire aussi : Offre de financement auto: sachez lire entre les lignes! et notre Guide autos neuves: près de 170 véhicules testés

Correction

Le 17 septembre 2020, nous avons modifié cette citation: « Vos paiements mensuels demeurent les mêmes, mais au lieu d’être échelonnés sur 24 mois, ils le sont sur 84 mois, et même plus », dénonce Paul Cérat, chargé de communication à l’Union des consommateurs.

Dans la version originale de l'article, M. Cérat parlait d'un contrat de 48 mois, et non de 84 mois.

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