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Clicknpark : connaissez-vous l’« Airbnb » québécois du stationnement ?

Par Jean-Luc Lavallée
Clicknpark : connaissez-vous l’« Airbnb » québécois du stationnement ?

Vous en avez marre de tourner en rond pour vous garer au centre-ville? L’application québécoise Clicknpark, une sorte d’«Airbnb» du stationnement, vous permet de réserver une case vacante offerte en location par un particulier ou une entreprise.

Avant de vous déplacer, vous n’avez qu’à indiquer l’heure de votre arrivée et la durée souhaitée pour un stationnement; l’appli mobile, simple à utiliser, propose plusieurs options à proximité de votre destination, à divers tarifs (établis par ceux qui louent un emplacement). Chaque stationnement est géolocalisé et photographié pour que vous puissiez facilement le repérer.

Pas besoin de communiquer avec qui que ce soit rendu sur place, sauf en cas de pépin (une case inaccessible à cause d’un chantier de construction; un code QR qui ne fonctionne pas dans un stationnement équipé d’une borne interactive; une guérite automatisée qui refuse de coopérer; etc.).

Nul n’est à l’abri d’un pépin, mais l’expérience que nous avons tentée avec la plateforme, à quelques reprises dans la dernière année à Montréal, s’est généralement bien déroulée.

Des stationnements vides près d’un cégep

L’idée de l’appli a germé il y a une dizaine d’années. Le cofondateur de Clicknpark, Liam Garneau, étudiait alors à l’École d’entrepreneuriat de Québec, au Cégep Garneau. « Il est arrivé en retard pour ses examens parce qu’il n’y avait pas de stationnement disponible, raconte son associé Carl Grenier. Il s’est aperçu que ceux des résidents en face du collège étaient vides. C’est là qu’il a eu le déclic. »

« Quand tu cherches un stationnement, tu perds 10, 15 minutes; tu peux rouler un ou deux kilomètres juste en cherchant. Nous, on règle ce problème-là, se félicite Carl Grenier. Ça fait moins de trafic, moins d’émissions de CO2 [dioxyde de carbone]. Je me plais à dire que ça ne sert plus à rien de construire des stationnements; il faut simplement mutualiser les espaces [existants]. »

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- Carl Grenier est cofondateur et président de Clicknpark, une application mobile qui permet de réserver un espace de stationnement. Photo: Courtoisie.

Une croissance fulgurante

Avoir une bonne idée, c’est bien. La mettre en pratique, c’est une autre paire de manches. Quelques années se sont écoulées avant que Clicknpark ne prenne réellement son envol, en 2021.

La croissance a été fulgurante depuis. « Il y a un an et demi, nous avions peut-être huit employés… Là, nous sommes rendus à 60. On a des bureaux à Québec, Montréal, Gatineau, Ottawa, Toronto, Edmonton, Calgary et Vancouver. Ça va vite. On a une croissance de 3 à 4 % par semaine. On a maintenant 800 000 usagers et on génère des revenus de 45 millions de dollars par an », précise Carl Grenier, fier du chemin parcouru et de la réponse des utilisateurs.

Une forte demande

De toute évidence, il y avait un besoin à combler. C’est même étonnant que personne n’ait développé un tel concept plus tôt, alors que la congestion routière et la rareté de stationnements à tout moment – et davantage durant les grands événements, les chantiers de construction, les opérations de déneigement, etc. – aiguisent la patience des automobilistes.

Des groupes immobiliers d’envergure utilisent maintenant la plateforme Clicknpark pour rentabiliser leurs parcs de stationnement. Le Carnaval de Québec, les Grands Prix Cyclistes, d’autres grands événements, des musées ainsi que le promoteur evenko sont également devenus partenaires de l’appli mobile, pour faciliter la vie de leurs clients.

Plusieurs comparent Clicknpark à Airbnb, qui met en relation des voyageurs et des hôtes. Cela fait sourire Carl Grenier. « L’image est bonne. Au début, c’est vrai qu’on visait uniquement le résidentiel. Mais aujourd’hui, je te dirais qu’on est peut-être plus devenus le “Trivago” du stationnement, parce que toutes les compagnies de stationnement mettent aussi leur inventaire sur ma plateforme. On a deux modèles en un. »

Un petit revenu de location ?

Vous avez envie d’offrir en location votre propre stationnement pour faire quelques dollars ? Carl Grenier estime que le propriétaire d’un espace peut raisonnablement espérer un revenu annuel de 3 000 à 4 000 $.

Les locateurs actifs sur Clicknpark ne semblent pas avoir rencontré d’obstacles réglementaires jusqu’à présent, bien qu’il semble y avoir une zone grise pour les particuliers. « C’est un terrain privé, donc il n’y a pas d’embûches. On suit les règles. Il n’y a rien qui interdit quoi que ce soit à cet égard », soutient Carl Grenier en entrevue.

Dans le doute, il est préférable de contre-vérifier si le règlement de zonage de votre municipalité permet cet usage. Sachez aussi que les revenus de location d’un stationnement sont imposables et doivent être déclarés au fisc.

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