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4 stratégies d’épargne pour la retraite

Par Éric Grenier Mise en ligne : 15 Janvier 2015  |  Magazine : 02 Février 2015 Luc Melanson

4 strategies d’epargne Luc Melanson

Les sous que vous avez amassés vous permettront-ils de vivre une retraite confortable? Inspirez-vous des stratégies proposées à Manon, une lectrice de Protégez-Vous qui a accepté de dévoiler sa situation à nos experts, en échange de leurs conseils. Son cas, bien que très personnel, lève le voile sur de grandes questions que tout épargnant devrait se poser.

Manon souhaite une retraite digne de ce nom: du temps pour elle, pour profiter de son jardin et faire quelques petits voyages. Rien d’extravagant, donc. Sa principale crainte est de ne pas avoir assez d’argent pour rester dans sa maison. Ses revenus lui suffiront-ils pour maintenir son train de vie actuel? La bonne nouvelle, c’est que Manon n’aura plus d’hypothèque à payer à sa retraite. Elle pourra donc rayer ce poste de son budget mensuel. Des rénovations majeures pourraient toutefois être nécessaires dans une vingtaine d’années, soit de trois à six ans après le début de sa retraite.

Profil de notre lectrice
Manon*, 48 ans

• État civil: divorcée. Sa fille, adulte, a quitté le foyer.

• Adjointe administrative pour une entreprise de transport de la banlieue nord de Montréal depuis plus de 15 ans

• Espère prendre sa retraite à 62 ans (soit en 2028), mais est prête à attendre jusqu’à 65 ans, s’il le faut.

• Salaire annuel brut: 53 000 $. Ne prévoit ni promotion ni changement d’emploi d’ici sa retraite. Son salaire devrait être indexé au coût de la vie chaque année.

• Solde hypothécaire: 78 500 $ (près de 800 $ par mois jusqu’au 31 décembre 2024). Aucune rénovation majeure n’est prévue pour sa maison au cours des prochaines années.

• Dépenses: 27 000 $ par an (sans compter les impôts, l’hypothèque et les dépenses liées au travail, comme les vêtements, l’essence, les lunchs, etc.). Désire maintenir ce train de vie à la retraite.

• REER accumulé: 117 212 $. Y ajoute en moyenne 3 000 $ par année.

• CELI: 9 500 $

• Prestations de la Régie des rentes du Québec (RRQ): si elle les réclame à 62 ans, elle obtiendra près de 8 000 $ par année. Si elle attend son 65e anniversaire, elle recevra plutôt quelque 12 500 $ annuellement.

• Sécurité de la vieillesse: 563 $ par mois à partir de 67 ans

* Prénom fictif

Alors, quel est le plan de match pour notre lectrice? Les experts consultés lui ont proposé quatre stratégies. Les voici.

Stratégie 1: Augmenter son épargne-retraite lorsque le prêt hypothécaire sera remboursé

Dès que Manon aura fini de payer sa maison, soit dans 10 ans, elle sera en mesure d’augmenter son épargne-retraite. Hélène Paradis, conseillère en placement pour Gestion de patrimoine TD, suggère donc qu’elle verse chaque mois dans son REER les 800 $ que lui coûte actuellement son hypothèque. Comme ce montant est déjà inscrit à son budget, l’exercice ne devrait pas être trop contraignant. Et ce seront 9 600 $ de plus dans le REER chaque année! Résultat prévu: revenu net de 21 000 $ par an à partir de 65 ans. Pourquoi ne pas plutôt rembourser prématurément l’hypothèque, quitte à suspendre l’épargne-retraite quelque temps? Cette stratégie serait avantageuse «seulement si les taux hypothécaires augmentaient substantiellement au cours des prochaines années, à un taux supérieur aux rendements de placement. Dans ce cas-là, ça pourrait valoir la peine», précise Hélène Paradis. Avant d’agir, Manon gagnerait donc à demander à un planificateur financier d’évaluer la situation.

Stratégie 2: Augmenter son épargne-retraite dès maintenant

Si Manon se serre la ceinture, elle pourra augmenter son épargne à quelque 5 000 $ par année, au lieu des 3 000 $ actuels. Cela correspond à environ 400 $ par mois. «Elle devra revoir son budget, afin de choisir parmi toutes ses dépenses celles qu’elle peut compresser», suggère Hélène Paradis, consciente toutefois de la difficulté d’un tel exercice. Parmi les sacrifices envisageables, il y a notamment le voyage annuel dans le Sud. Lors du renouvellement du contrat de location de sa voiture, Manon pourrait aussi trouver un véhicule moins coûteux. Elle paie plus de 400 $ par mois pour sa Honda. «Il faut faire la différence entre ce qu’on veut et ce dont on a besoin», dit Angela Iermieri, planificatrice financière au Mouvement Desjardins. Dans tout budget, il y a plein de petites choses, comme le fameux café au lait quotidien au bureau, qui finissent par peser lourd. À partir de janvier 2025 – une fois l’hypothèque remboursée –, elle pourra hausser ses épargnes à 1 200 $ par mois (ce qui correspond à 14 400 $ par année).
Résultat prévu: revenu net de 24 750 $ par an à partir de 65 ans.

Stratégie 3: Épargner plus longtemps

Le principal défaut des deux premiers scénarios? Ils ne permettent pas à Manon d’atteindre son revenu souhaité de 27 000 $ par an. Pour y arriver, Hélène Paradis lui conseille de suivre le scénario 2 et de reporter sa retraite à 67 ans. Il ne faut pas forcément se précipiter pour toucher ses prestations de la RRQ. Si vous réclamez cette rente à 67 ans plutôt qu’à 65, le montant sera bonifié de presque 17 %. Pour Manon, cela veut dire 2 000 $ de plus par année. «Quand c’est possible, ça vaut la peine de retarder la demande à la RRQ. Mais les travailleurs n’ont pas tous l’occasion de le faire», ajoute Nathalie Bachand, planificatrice financière au groupe Bachand Lafleur.
Résultat prévu: revenu net de 27 000 $ par an à partir de 67 ans.

Stratégie 4: Épargner encore plus

Pas envie de retarder la retraite à 67 ans? Il faut faire des sacrifices budgétaires encore plus grands, afin d’épargner dès maintenant 8 000 $ par année, et 17 600 $ lorsque l’hypothèque sera remboursée.
Résultat prévu: revenu net de 27 000 $ par an à partir de 65 ans.

Méthode de calcul

Pour les calculs, la conseillère en placement Hélène Paradis a supposé un taux d’inflation annuel de 2 % en moyenne pour les 15 prochaines années, ainsi qu’un rendement net moyen de 4,8 % chaque année sur les placements durant la vie active et de 4,2 % durant la retraite, selon une espérance de vie de 90 ans. Tous les scénarios tiennent compte des prestations gouvernementales (RRQ et Sécurité de la vieillesse). Nous utilisons les montants de 2014, qui évolueront bien sûr dans le temps.

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Commentaires 17 Masquer

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  • Par Michel Chevrier | 15 Février 2015

    Le fédéral réduit la pension de sécurité de la vieillesse si notre revenu brut total excède un montant qu'il fixe à chaque année. Il faut donc faire attention à ce que nos revenus habituels plus le décaissement ne dépassent pas le maximum annuel fixé par le fédéral.

  • Par Denise Deschênes | 28 Janvier 2016

    Je viens d'avoir 60 ans et travaille 5/jrs par semaine. Plusieurs personnes me conseillent de retirer mes rentes, car si j'attends à 65 ans, ce n'est pas rétroactif à 60 ans. Donc, je perdrais 5 ans.

    Je ne comprends pas cette perte car si j'attends à 65 ans, ça me donnerait 200 $ de plus par mois. Pourquoi, devrais-je alors la demander maintenant? Quelqu'un pourrait-il m'expliquer cette soi-disante "perte de 5 ans".

    Merci beaucoup.

    Par Daniel Noel | 05 Janvier 2016

    Un conseiller financier, spécialisé dans la planification de la retraite, est venu nous rencontrer au travail (nous travaillons pour les services sociaux du Qc et avons un bon régime de pension). Il nous a dit de ne pas hésiter à demander notre régime des rentes du Qc dès que nous atteignions 60 ans. Et ce même si nous avons l'intention de prendre notre retraite à 65 ans. Tous calculs confondus, ceci est beaucoup plus rentable.

    Par Trudeau Gaetanne | 24 Septembre 2015

    j'ai 60 ans er bientôt 61, je voulais prendre ma retraite donc j'ai demandé mes rentes que je reçois depuis mes 60 ans. J'ai chanfé d'idée, j'ai décidê de voyager tout en travaillant car j'ai 4 semaines de vacances et se sont des voyages dispendieux. et l'argemt de mon travail comble mes voyages et surtout que je suis en inne santé, j'ai encore des assirances au travail, etc. Je regrette de recevoir mes rentes car je suis obligée de les mettre en REER car c'est ajouté ´a mon salaire et je dois payer de l'impôt. J'ai lu dernièrement qu'a la retraite c'est mieux d'écouler nos REER et ensuite, demander les rentes . Moi je pense que je fais cela à l'envers

    Par Régent Bouffard | 07 Avril 2015

    Supposons qu'à 60 ans votre rente du Québec soit de 700$ par mois. Si vous la retirez à partir de cet âge, à 65 ans ça représenterais une somme de 42000$. Comme vous travaillez toujours, vous pourriez l’investir dans un REER, donc vous ne payeriez pas d'impôt supplémentaire et ce montant, après 5 ans, pourrais valoir facilement 50000$. Si vous attendez à 65 ans pour retirer votre rente, même à 200$ de plus par mois, donc 900$ par mois, ça vous prendrais environ 20ans pour rattraper ce 50K$. Vous auriez alors 85 ans. La retraite c'est une affaire très personnelle...

  • Par pascal chagnon | 05 Décembre 2015

    Je travaille en fiscalité et il faut aussi être logique avec les REER, il faut savoir ne pas jouer a Séraphin et vouloir a tout prix optimiser le maximum de REER , de vider son plafond de REER total disponible... Surtout quand les gens ont déja un bon fond de retraite, car dans ses cas, les impôts viendront gruger joyeusement votre REER retirés... Plus que ce qu'il vous aura fait économiser lors de son achat.... (sauf certains fond avec ajout de retour à l'achat) et aussi les intérêts sur vos REER donc si vous ammasser 500 000$ en REER et avec une retraite de 35 000$ plus la RRQ et la Pension de Vieillesse plus autres placement, bonne chance avec vos retrait de REER..... de plus si vous ne prenez pas tout et décédez bienvenue dans les impôts globalement féroce.....même si vos enfants recoivet en héritage, bonjour les impôts.....
    Il faut consulter un BON planificateur et diversifier se splacement et considérer d'autres options que les REER qui a court terme sont payant , mais enrichissent aussi les Banque et les impôts à long terme , Pensez-y

    Par Atsu Komlan | 07 Février 2015

    Une belle analyse car je viens de me rendre compte que mettre de l'argent déjà imposé dans un REER (j'ai une pension déterminé au fédéral) était pas avantageux pour moi. je ne faisais que renflouer la banque et le fisc à long terme. Heureusement, je n'ai pas bcp dedans donc l'impact est minime. Mieux vaux tôt que tard.

  • Par Odette St-Pierre | 03 Décembre 2015

    http://www.servicecanada.gc.ca/fra/services/pensions/sv/paiements/index.shtml

    Le lien ci-joint peut répondre à vos questions

    O. St-Pierre

  • Par FRANTZ PIERRE-LOUIS | 11 Décembre 2015

    Je lis avec intérêts les questions et quand j’aimerais commenter, la multitude de situations et de cas particuliers risquerait d’induire en erreur. Même s’il y a de grands principes, le diable est dans les détails, comme on dit.

    Oui, il faut absolument se renseigner et s’éduquer à la chose financière. Mais, il peut être couteux de jouer à l’apprenti sorcier avec votre retraite. Il fut un temps où je réparais à peu près tout dans ma maison et me tenais informé des trucs de bricolage. Aujourd’hui, j’ai le bénéfice de savoir quand faire appel à un spécialiste. Pour la voiture, je n’ouvre le capot que pour rajouter le lave-vitre.

    C’est la même chose en finances personnelles. Faites appel à un planificateur financier, le seul capable de vous donner une vision intégrée et holistique de votre situation. De préférence, choisissez-en un à honoraires uniquement, car il ne vend pas des placements couteux et des assurances. En prime, vous aurez la paix d’esprit de conseils objectifs.

    Il n’y a qu’un seul risque important, celui de ne pas vivre la vie que vous voulez. Çà, c’est très, très personnel. Vous adorez cuisiner, pourquoi ne pas avoir la cuisine de vos rêves comme projet de vie!

    Quand vous déciderez à quoi vous dites oui, il sera beaucoup plus aisé de dire non aux dépenses qui ne contribuent pas à votre bonheur.

    Pour maximiser vos chances, vous aurez à contrôler 3 rongeurs silencieux : impôt, les frais et l’inflation. Et il faut aussi considérer les espérances : de rendements, de volatilité et de longévité.

    Le temps change et vous aussi. Votre plan financier ne doit pas être dans un tiroir et être oublié. Il doit être revu au moins une fois par an. Tel un bon médecin de famille, un bon planificateur financier vous proposera un suivi régulier et en cas d’évènements heureux ou malheureux.