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Assurance locataire : quoi savoir pour prendre une décision éclairée

Article d'un partenaire

Par Chambre de l'assurance Partenaire de Protégez-Vous Mise en ligne : 09 juin 2026

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Vous êtes locataire et vous estimez ne pas avoir grand-chose à perdre en cas de sinistre ? Détrompez-vous. L'assurance locataire est l'une des protections les plus abordables qui soient — et l'une des plus sous-utilisées. Voici ce que vous devriez savoir.

Selon le Bureau d'assurance du Canada (BAC), environ un locataire sur trois au Québec ne détient pas d'assurance habitation. « Cette absence de couverture est préoccupante, compte tenu des risques financiers potentiels auxquels s'exposent les locataires non assurés », affirme Salma El Maroizy, administratrice au Regroupement des cabinets de courtage d'assurance du Québec (RCCAQ) et vice-présidente Assurance des particuliers chez Fort Assurance.

Cette faible adhésion tient en grande partie à une mauvaise compréhension du produit. « Plusieurs locataires pensent à tort qu’ils sont couverts par l’assurance du propriétaire », rappelle Salma El Maroizy. En réalité, celle-ci protège l’immeuble et les biens appartenant au propriétaire, mais ni les biens du locataire ni sa responsabilité en cas de dommages causés à autrui ou aux biens d’autrui.

À cette confusion s’ajoute une perception tenace : plusieurs jugent l’assurance locataire trop chère, alors que la prime moyenne tourne autour de 31 $ par mois, soit environ un dollar par jour. « Un coût raisonnable pour assurer sa tranquillité d’esprit », souligne l’experte.

Autre mythe répandu : « Je n’ai aucun bien de grande valeur, donc ça ne vaut pas la peine de m’assurer. » Salma El Maroizy nuance : « Même si l’on a l’impression de posséder peu, la valeur totale des effets personnels — vêtements, appareils électroniques, meubles, articles du quotidien — grimpe rapidement quand on additionne le tout. »

Il faut aussi se rappeler que l’indemnisation se fait généralement selon le coût de remplacement à neuf. Autrement dit, ce n’est pas le prix payé à l’achat qui compte, mais ce qu’il en coûterait aujourd’hui pour racheter un bien équivalent. « Les gens ont tendance à se baser sur ce qu’ils ont payé, alors que remplacer ces objets peut coûter beaucoup plus cher », souligne Pierre Duchesne, conseiller aux normes, assurances et produits en assurance des particuliers chez Beneva.

Sachant que le coût moyen d'un sinistre pour un locataire s'élevait à près de 10 000 $ en 2024, un locataire sans assurance doit se demander s’il a les moyens d'assumer un tel montant en cas d’infortune.

Il ne sert d’ailleurs pas à grand-chose de rogner sur la couverture. « C’est le premier 10 000 $ qui est le plus coûteux à assurer, explique-t-il. Augmenter la couverture peut donc être avantageux sans alourdir significativement sa prime. »

Un filet de sécurité

L’assurance locataire ne se limite pas au contenu du logement. Elle couvre aussi les frais de subsistance en cas de sinistre et, surtout, la responsabilité civile — souvent l’élément le plus déterminant lorsque survient un incident malheureux.

Un feu déclenché par une distraction ou un dégât d’eau qui affecte les voisins peut entraîner des réclamations substantielles. Dans ces situations, l’assureur du bâtiment peut indemniser les dommages, puis se retourner contre le locataire responsable afin de récupérer les pertes dont il est trouvé responsable.

« Sans assurance, les conséquences financières peuvent être majeures », rappelle Salma El Maroizy.

Les protections que vous prenez avec votre assurance pour couvrir ce qu’on désigne la responsabilité civile sont généralement conçues pour rembourser des pertes en dommage d’un ou deux millions de dollars. Or, l’écart de prime à payer sur votre assurance entre une protection d’un million ou une de deux millions demeure plutôt faible, ce qui incite plusieurs spécialistes à recommander une couverture plus élevée. « Pour quelques dollars de plus, on peut doubler sa protection, alors que les montants en jeu en cas de sinistre peuvent être très importants », souligne Carlos Melo, responsable des affaires techniques et du Centre d’information du BAC.

Cette garantie ne se limite pas au logement : elle couvre aussi les dommages causés dans la vie courante, y compris à l’extérieur du domicile et à l’étranger.

Comparer les protections plutôt que le prix

Si l’assurance locataire n’est pas obligatoire en vertu de la loi, elle tend à s’imposer dans les faits. De plus en plus de propriétaires exigent une preuve d’assurance, notamment pour la responsabilité civile.

Dans ce contexte, plusieurs consommateurs se tournent vers des comparateurs en ligne pour trouver le meilleur prix. Une approche qui comporte ses limites. « Une prime plus basse peut correspondre à une couverture moins étendue », rappelle Carlos Melo.

D’où l’importance de comparer d’abord les protections offertes : niveau de protection en responsabilité civile, couverture des dégâts d’eau, frais de subsistance en cas de relocalisation. « Présenter différents scénarios permet au client de mieux comprendre les écarts et de faire un choix éclairé », souligne Pierre Duchesne.

Choisir le bon produit et calculer la valeur de ses biens

Cela dit, comment savoir quel montant d’assurance vous convient ? L’inventaire des biens et les conseils avisés d’un professionnel sont deux éléments essentiels.

C’est ici que les agents et courtiers font la différence. Leur rôle ne se limite pas à proposer un produit : ils accompagnent le client dans l’évaluation de ses besoins et des risques propres à chaque situation. Il est donc essentiel de prendre le temps de bien répondre à leurs questions, en toute franchise et transparence. Bien que cette démarche soit souvent perçue comme une formalité rebutante, elle est en réalité déterminante : elle permet de bâtir une véritable stratégie de protection financière bien adaptée et appuyée par des conseils et une expertise reconnue. Si les risques et les besoins n’ont pas été bien évalués en amont avec l’aide d’un professionnel, il arrive trop souvent que l’assuré réalise trop tard l’ampleur de ses pertes — une fois le sinistre survenu.