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Le «nouvel» Ethereum veut devenir carboneutre

Par Alain McKenna
ethereum-2 Maurice NORBERT/Shutterstock.com

La deuxième cryptomonnaie en importance après le Bitcoin s’affranchit des serveurs énergivores qui l’empêchaient d’avancer. Le «nouvel» Ethereum promet de réduire de 99 % sa consommation d’énergie et, par le fait même, son empreinte environnementale.

À 2 h 42 (heure de l’Est) le jeudi 15 septembre, la plateforme de cryptomonnaie Ethereum a fusionné avec un registre numérique appelé Beacon Chain afin de transiter vers un modèle de fonctionnement à peu près carboneutre. La difficulté de l’opération a été comparée à un atterrissage lunaire. Le résultat devrait relancer l’intérêt envers l’Ethereum.

Elle devrait tout particulièrement vous interpeler si vous détenez dans votre portefeuille de placements ou même dans votre REER des parts dans un Fonds négocié en bourse (FNB) qui est rattaché à une cryptomonnaie. Au début de 2021, alors que l’intérêt envers les cryptos regagnait en vigueur, le secteur financier canadien a été parmi les premiers dans le monde à proposer aux épargnants des produits d’investissement liés au Bitcoin et à l’Ethereum.

À l’heure actuelle, le Bitcoin demeure la principale cryptomonnaie en importance, même si la valeur d’un Bitcoin vient de repasser sous les 20 000 $ US. La valeur totale de tous les Bitcoins en circulation est d’à peu près 380 milliards de dollars américains, ce qui représente environ 40 % de la valeur totale du marché des cryptomonnaies. L’Ethereum arrive au second rang, avec une valeur totale d’environ 195 milliards de dollars américains, une part représentant 20 % du marché total des cryptos.

Effet carboneutre

C’est en novembre 2021 que le marché des cryptos a atteint son pic de valeur. À l’époque, une des principales critiques était le niveau extrêmement élevé d’énergie nécessaire pour faire fonctionner ces technologies, surtout dans un contexte où, au-delà du pur potentiel spéculatif, leur utilité concrète restait encore à démontrer.

Il y avait donc un enjeu environnemental important lié à ce phénomène. La façon dont sont validées les transactions faites à partir de Bitcoin ou d’Ethereum nécessite le travail de nombreux serveurs informatiques. Et quand ces serveurs sont alimentés par des centrales au charbon ou au pétrole, comme c’était le cas en Chine, notamment, cela produit des émissions de gaz à effet de serre gênantes pour les investisseurs à la recherche d’un placement durable, dans tous les sens du mot.

En changeant la façon dont elle valide les transactions, la plateforme Ethereum promet de réduire de 99 % sa consommation d’énergie et, dans la foulée, son empreinte environnementale. Évidemment, c’est une théorie. Une partie des opérateurs de ces serveurs, qu’on appelle les «mineurs» d’Ethereum, s’entêtent et ont refusé de passer à la nouvelle mouture de cette crypto. Cela pourrait créer de la confusion auprès des propriétaires d’Ether, comme on appelle chacune des pièces («jetons») composant cette plateforme.

Selon certains spécialistes, ce ne serait que temporaire.

Que réserve l’avenir?

Les analystes, eux, sont partagés quant à l’avenir de l’Ethereum. La firme spécialisée dans les monnaies numériques Glassnode promet que la valeur d’un Ether pourrait doubler avant la fin de l’année, et qu’elle flirtera même à court terme avec les 4 000 $ US. Sa valeur est présentement d’un peu plus de 1 300 $ US. En fait, l’Ether a perdu 24 % de sa valeur ces dix derniers jours, ce qui contredit cet optimisme.

Les investisseurs seraient frileux ces jours-ci, et c’est la Réserve fédérale, la banque centrale aux États-Unis, qu’ils pointent du doigt pour expliquer leur désintérêt. La Fed, comme on la surnomme souvent, promet d’encadrer les cryptos pour les rendre plus acceptables auprès du grand public. Elle compte faire fuir les groupes criminels et l’activité illégale qui s’y cache, comme le blanchiment d’argent.

Le problème, c’est que la Fed n’a pas le temps ces jours-ci de s’attaquer réellement au problème. Elle temporise et préfère s’occuper des enjeux liés à l’inflation et à la santé plus générale de l’économie des États-Unis.

Tant que ça durera, les cryptos continueront de perdre de la vitesse, concluent donc plusieurs analystes.

Relancer les NFT et le Web3

Cela dit, l’Ethereum, c’est beaucoup plus qu’un objet de spéculation financière. C’est une plateforme sur laquelle reposent d’autres technologies en émergence, comme les fameux NFT, ces «jetons non fongibles» (en français) qui permettent d’attribuer une valeur et de transiger des créations numériques, comme des œuvres d’art, des objets virtuels, etc.

Les NFT sont le fer de lance d’une foule d’applications du même genre, promises depuis quelques années, où les transactions seront automatisées et sécurisées sans supervision d’une autorité tierce, comme une grande banque ou une institution financière.

Le mot-clé, ici, c’est «décentralisé». Il existe tout un écosystème de jeunes entreprises, de services et d’applications spécialisées dans ce qu’on appelle justement la «DeFi», ou la «finance décentralisée». Leur objectif est de remplacer les places boursières, les notaires et les banquiers, entre autres, en utilisant plutôt la «blockchain» de l’Ethereum.

Au-delà de la finance, l’Ethereum a aussi permis à des programmeurs de mettre au jour ce qu’ils appellent le «Web3», une constellation «décentralisée» de sites web qui se disent capables de fonctionner à l’ombre des géants du numérique que sont Google, Facebook et Amazon, notamment.

Là encore, c’est une technologie toute récente qui émerge lentement mais sûrement. Bien des gens associent le caractère «décentralisé» de la DeFi et du Web3 aux mouvements complotistes et réactionnaires, étant donné que les deux ont le même objectif assez extrémiste de s’affranchir des grandes institutions privées et gouvernementales qui supervisent le secteur financier international.

Naturellement, tout cela demeure en ce moment très théorique, voire marginal. La valeur réelle de ces applications n’est qu’une goutte d’eau dans un marché financier dont la valeur se chiffre en milliers de milliards de dollars (des «billions» français).

Mais au moins, désormais, ces technologies pourront se développer de façon relativement peu énergivore. Et quand l’engouement envers les cryptos redémarrera, parions que cette petite teinte de vert de l’Ethereum lui fera gagner de la valeur un peu plus rapidement que le Bitcoin. C’est ce que concluent les analystes, qui prédisent que sa part du marché des cryptos passera de 20 à 30 % au cours des prochaines années…

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