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Des réponses à vos questions sur les cryptomonnaies

Par Alain McKenna
cryptomonnaies Chinnapong/Shuttersock.com

Le bitcoin monte. Le bitcoin chute. Les cryptomonnaies vont nous libérer des banquiers véreux. Les cryptos sont une arnaque. Qui dit vrai? Les réponses à vos questions.

Roi incontesté des cryptomonnaies, le bitcoin a perdu les deux tiers de sa valeur depuis son sommet de novembre 2021. Sa volatilité depuis sa création à la suite de la crise financière de 2008 est phénoménale et génère une foule de réactions qui, bien souvent, font oublier ce qu’est réellement le bitcoin.

Qu’est-ce qu’une cryptomonnaie?

Le bitcoin est une cryptomonnaie, qui est une forme de monnaie numérique. Il en existe d’autres. Ainsi, l’Ethereum est la seconde cryptomonnaie en popularité dans le monde, tout juste derrière le bitcoin. Ces «cryptos», comme on les surnomme, ont comme particularité d’être protégées de la contrefaçon par un chiffrement cryptographique, soit un ensemble de techniques qui permettent d’assurer l’intégrité des transactions basées sur la monnaie en question.

Qu’est-ce qu’une chaîne de blocs?

Outre son chiffrement, le bitcoin utilise un registre en ligne distribué qu’on appelle, dans le jargon, une chaîne de blocs ou «blockchain». Ce registre répertorie toutes les transactions faites avec des bitcoins. Il est réparti sur un très grand nombre de postes informatiques qui sont reliés en réseau. Ce système redondant est conçu pour être à l’épreuve du piratage, de la contrefaçon ou de la fraude.

Il est indépendant, c’est-à-dire qu’il n’est pas géré par une seule organisation centrale, comme une autorité gouvernementale ou une grande banque. Cette indépendance est d’ailleurs ce qui distingue le bitcoin ou l’Ethereum de ce que serait un dollar numérique émis par la Banque du Canada ou la Réserve fédérale américaine, par exemple.

Pourquoi tant de volatilité?

L’absence d’une autorité centrale explique en partie la volatilité du bitcoin. Une telle organisation pourrait émettre davantage de monnaie quand la demande est plus forte, par exemple pour amoindrir l’effet d’engouement et stabiliser sa valeur. À l’inverse, quand une série de mauvaises nouvelles économiques surviennent durant une courte période, rien ni personne n’empêche le marché d’être porté à liquider massivement ses bitcoins, provoquant une chute rapide de sa valeur. Les experts préviennent qu’il faudra s’habituer à une telle volatilité dans les cryptos, car leur valeur intrinsèque est à peu près impossible à déterminer.

Est-ce une valeur refuge?

Bien des promoteurs et adeptes du bitcoin qualifient la cryptomonnaie de valeur refuge de l’économie numérique. Ils diront aussi que c’est un moyen de se protéger des fluctuations présentes dans l’économie plus traditionnelle. Évidemment, le manque de stabilité de la cryptomonnaie contredit un peu cette affirmation. Le bitcoin est jugé encore trop nouveau et trop susceptible de fluctuer en fonction de l’intérêt d’un petit nombre d’investisseurs pour tenir un rôle de valeur refuge.

En fait, ses fluctuations des derniers mois correspondent de très près aux variations de la valeur de l’indice technologique Nasdaq de la bourse de New York, ce qui fait dire à plusieurs que le bitcoin est encore trop perçu comme une technologie spéculative pour jouer un rôle plus large dans l’économie mondiale.

À quoi sert le bitcoin?

C’est la question à 60 000 $ US. On ne le sait pas encore, mais des applications commencent à émerger. Certains commerces acceptent les paiements en bitcoin directement à la caisse, mais ils sont peu nombreux. Il n’y a pas de grand avantage étant donné que, de façon générale, le coût de la transaction est calculé dans une autre devise (en dollars canadiens), puis converti en bitcoin selon sa valeur du moment.

Il existe quelques applications où les cryptos peuvent servir à éviter des frais imposés par le système bancaire actuel. C’est notamment le cas des transactions transfrontalières impliquant plus d’une devise: le système international utilisé par les grandes banques impose des frais qui ne seront pas présents si on utilise les cryptos pour convertir des devises à moindre coût.

Une autre technologie très récente, les NFT, repose quant à elle exclusivement sur les cryptos. Les NFT (pour «non-fungible token» ou «jeton non fongible») sont des actifs numériques authentifiés à l’aide d’une chaîne de blocs et que les gens peuvent acheter ou vendre à partir de cryptomonnaies, comme le bitcoin ou l’Ethereum. Les NFT sont en quelque sorte l’équivalent pour des fichiers numériques en tout genre des cartes sportives à collectionner: leur valeur dépend essentiellement de l’engouement qu’ils suscitent auprès d’autres collectionneurs.

>> À lire aussi: Les NFT, entre le Far West et la ruée vers l’or…

À qui profitent les cryptos?

Comme tout actif spéculatif, les cryptomonnaies profitent à ceux qui ont misé en premier sur ces actifs. En cinq ans et malgré la déconvenue des derniers mois, le bitcoin a vu sa valeur se multiplier par sept. Il y a donc probablement des gens dans le monde qui détiennent des bitcoins dont la valeur demeure en ce moment supérieure à celle qu’ils ont payée pour les acquérir.

En revanche, les gens qui ont acheté des bitcoins ces derniers mois et qui ont payé un prix plus élevé que son cours actuel peuvent avoir perdu beaucoup, sinon presque tout leur investissement. Une règle d’or de l’investissement boursier à garder en tête, même dans le monde des bitcoins, dit qu’il est imprudent de céder à la panique et de vendre trop rapidement des actifs dont la valeur chute brusquement.

Cela dit, les plus fervents adeptes du bitcoin diront que la cryptomonnaie est plus qu’un coup de dés permettant de faire un coup d’argent rapide (ou d’en perdre beaucoup). Ceux-là vont vanter l’indépendance du bitcoin par rapport aux devises nationales, et donc sa plus grande mobilité d’un pays à l’autre ou d’un marché à l’autre.

Un aspect moins glorieux des cryptos est qu’elles font aussi l’affaire du crime organisé qui, au cours des dernières années, ont blanchi de l’argent en transigeant des monnaies comme le bitcoin. Le gouvernement américain a tout de même réussi l’hiver dernier à épingler un réseau criminel qui tentait de masquer grâce à l’anonymat permis par le bitcoin l’origine illégale des fonds utilisés pour acheter de la crypto.

Cryptos et… complots?

Le candidat à la chefferie du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, a répété à plusieurs reprises ces dernières semaines qu’il souhaitait, s’il devenait un jour premier ministre, imposer le bitcoin comme devise de rechange au dollar canadien. Poilievre s’en est aussi pris à quelques reprises à la Banque du Canada. Il accuse la Banque centrale d’être responsable de l’inflation accélérée du début de 2022.

Ces affirmations sont avant tout racoleuses. Une partie de l’électorat canadien (comme d’autres groupes similaires ailleurs sur la planète) se sent oubliée par les politiques économiques du gouvernement fédéral et par les institutions financières classiques. Parmi ces gens se trouvent des adeptes des cryptomonnaies qui affectionnent tout particulièrement le fait qu’elles soient en principe indépendantes du système financier traditionnel.

Évidemment, normaliser le bitcoin pour en faire une devise utilisable au Canada de la même façon que le dollar est une entreprise qui serait extrêmement complexe et risquée. Les chances que cela se produise demeurent donc à peu près nulles. Car la volatilité du bitcoin et l’absence de leviers et de mécanismes reconnus pour en amoindrir les fluctuations rendraient l’économie dépendante des humeurs d’un marché extrêmement volatil et d’un petit nombre de promoteurs de la technologie n’ayant à rendre de comptes à aucune autorité centrale reconnue.

>> À lire aussi: Vous voulez acheter des bitcoins? Gare à la plateforme que vous utilisez! et Des cryptos dans vos REER?

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  • Par Marcelle Lajoie
    15 Juillet 2022

    Les cryptos sont encore et toujours une solution en quête de problème, une catastrophe pour l'environnement et un paradis pour les crimnels. Bref, une abomination qui mérite de disparaître. Ne parlons même pas des NFT, acheter un URL qui pointe vers une image, la plus grosse idiotie du siècle!