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Benadryl : quand l’utiliser, quels sont les risques et par quoi le remplacer ?

Par Mathieu Ste-Marie
Benadryl : quand l’utiliser, quels sont les risques et par quoi le remplacer ? rustycanuck/Shutterstock.com

Alors que les cas d’intoxication au Benadryl sont en hausse depuis plusieurs années, Québec veut retirer des tablettes ce produit ainsi que les autres médicaments à base de diphénhydramine. Tour d’horizon en cinq questions.

1. Quand devrait-on utiliser le Benadryl ?

Dans la très vaste majorité des cas d’allergies saisonnières ou de réactions cutanées, il n’y a plus de raison d’utiliser ce médicament, estime Jean-François Desgagnés, pharmacien et président de l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ), qui appuie la position de Québec de retirer ces médicaments des tablettes.

« Il y a beaucoup d’autres solutions plus efficaces et sécuritaires que le Benadryl », souligne-t-il.

Selon lui, le Benadryl peut être utilisé dans des situations bien précises, notamment en psychiatrie pour réduire les effets secondaires de certains médicaments ou avant un examen d’imagerie médicale lorsque le patient a des allergies particulières (à l’iode, par exemple).

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2. Pourquoi certains experts veulent-ils qu’il soit vendu derrière le comptoir ?

Ces dernières années, les cas d’intoxication ont augmenté. En 2024, le Centre antipoison du Québec a recensé 603 cas d’exposition, dont 301 gestes volontaires, soit une hausse de cas de 10 % en trois ans.

En décembre 2023, un jeune de 18 ans est décédé après une surdose mortelle causée par une intoxication aiguë à la diphénhydramine. Ce drame a mis en lumière les risques liés à l’accès libre et non contrôlé à de grandes quantités de ce produit en pharmacie.

À la suite de ce décès, le Bureau du coroner a demandé de restreindre l’accès au Benadryl ainsi qu’aux médicaments à base de diphénhydramine pour les placer derrière le comptoir des pharmacies sous la supervision des pharmaciens.

Par ailleurs, sur les réseaux sociaux, plusieurs challenges impliquent ce médicament, ce qui inquiète les professionnels de la santé.

« Il y a beaucoup de mésusage, notamment avec les histoires sur le web de gens qui utilisent de grandes quantités de ce médicament avec de l’alcool pour avoir des effets euphorisants », note M. Desgagnés

3. Quels sont les principaux risques associés au Benadryl ?

Beaucoup d’effets indésirables et non négligeables sont associés à ce médicament.
Par exemple, la somnolence peut causer des chutes, de la confusion, rendre la conduite dangereuse et réduire la vigilance.

De plus, le Benadryl peut provoquer une vision embrouillée, des étourdissements, une sécheresse de la bouche, des troubles au niveau du cœur et des symptômes neurologiques graves. Pris à forte dose, il peut entraîner des hallucinations ainsi qu’une dépression respiratoire pouvant causer la mort.

Soulignons que l’alcool, les opioïdes et les médicaments sédatifs ou anticholinergiques peuvent amplifier les effets du Benadryl.

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4. Qui devrait éviter ce médicament ?

Les personnes âgées sont principalement à risque, puisque les chutes dues à la somnolence peuvent être graves et parfois fatales.

Le médicament ne doit jamais être administré à un nouveau-né, puisque le risque de surdosage accidentel est élevé et peut entraîner le décès.

De plus, le Benadryl est contre-indiqué en cas de glaucome, de rétention urinaire ou d’hypertrophie de la prostate.

Finalement, ceux qui ont une maladie du cœur doivent éviter ce médicament qui peut provoquer des troubles graves du rythme cardiaque à forte dose.

5. Quels produits peuvent le remplacer ?

Les antihistaminiques de deuxième ou de troisième génération, qui sont offerts en vente libre, peuvent remplacer le Benadryl.

Par exemple, le Loratadine (Claritin), le Fexofénadine (Allegra) et le Cétirizine (Reactine) constituent des solutions de remplacement couramment recommandées.

Ces médicaments procurent un effet plus durable, pouvant atteindre 24 heures, et causent généralement moins de somnolence que le Benadryl.

Outre les médicaments présents sur les tablettes, les pharmaciens ont le pouvoir de prescrire certains antihistaminiques vendus derrière le comptoir afin de soulager les symptômes d’allergie ou certaines réactions cutanées, indique le président de l’Ordre des pharmaciens du Québec.

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