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Pourquoi certaines catastrophes naturelles ne sont pas assurables

Par Marie-Ève Martel
Pourquoi certaines catastrophes naturelles ne sont pas assurables Clarke Colin / Shutterstock.com

Séismes, glissements de terrain, inondations : les catastrophes naturelles entraînent des milliards de dollars de dommages chaque année. Pourtant, plusieurs de ces risques ne sont pas couverts par les contrats d’assurance habitation de base. Pourquoi ? Et surtout, êtes-vous réellement protégé ? Voici ce qu’il faut vérifier avant qu’un événement malheureux ne survienne.

Récemment, de fortes pluies ont provoqué un glissement de terrain dans le secteur de L’Ascension, dans les Laurentides. En raison de l’ampleur des dégâts, la municipalité a déclaré l’état d’urgence. Cet événement fait écho à un autre glissement de terrain survenu à Sainte-Monique, dans le Centre-du-Québec, l’an dernier.

Les catastrophes naturelles pourraient devenir plus fréquentes et plus coûteuses au cours des prochaines décennies, d’après plusieurs études. D’ailleurs, entre 1985 et 1994, le Canada a enregistré 38 catastrophes assurées, contre 133 entre 2015 et 2024, selon le collectif Ouranos.

Même s’ils sont de plus en plus probables et fréquents, ces sinistres graves sont généralement exclus des polices d’assurance habitation, qui couvrent toutefois les dommages causés par de forts vents, le feu, le verglas ou la grêle.

Quels sont les critères d’assurabilité ?

Pour qu’un risque soit assurable, les assureurs doivent être en mesure d’estimer sa probabilité, sa fréquence et l’ampleur des dommages qu’il peut causer.

 Ils doivent aussi pouvoir répartir ce risque entre un grand nombre d’assurés. Si trop de personnes subissent un sinistre en même temps, le modèle d’assurance n’est plus rentable.

Des avenants offerts

Selon le Bureau d’assurance du Canada (BAC), 38 % des assurés québécois pensent être assurés contre un tremblement de terre avec leur contrat d’assurance de base. Or, ce n’est réellement le cas que pour 7 % des adhérents à une police d’assurance, souligne l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Pour éviter d’être pris au dépourvu, vérifiez les protections déjà prévues à votre contrat. Sur le site web de la Chambre de l’assurance de dommages (ChAD) – intégrée à la nouvelle Chambre de l’assurance depuis 2025 –, on peut encore trouver une fiche-conseil qui présente les couvertures les plus courantes.

À vérifier avec votre assureur

Êtes-vous couvert pour :

  • les inondations causées par le débordement d’un cours d’eau ?
  • les refoulements d’égout ?
  • les tremblements de terre ?
  • les glissements de terrain ?
  • les frais de subsistance si votre maison devient inhabitable ?

Ces protections sont souvent offertes en option, mais varient d’un assureur à l’autre.

À lire aussi : Changements climatiques : 5 questions sur votre assurance habitation

Si vous souhaitez être protégé contre certains risques exclus du contrat de base, vous devrez généralement souscrire un avenant, ce qui fera augmenter votre prime.

Si un sinistre n’est pas couvert dans la plupart des cas par les assurances privées, vous pourriez être admissible au Programme général d’assistance financière lors de sinistres du gouvernement du Québec. Il s’agit toutefois d’une aide de dernier recours, offerte uniquement pour certains événements, notamment les inondations, les glissements de terrain ou les tremblements de terre. Elle ne remplace pas une assurance habitation et ne couvre pas la totalité de la valeur des dommages.

Mieux se protéger

Les catastrophes naturelles coûtent de plus en plus cher. En 2024, elles ont entraîné plus de 9 milliards de dollars de réclamations d’assurance au pays, selon le BAC. « Au Québec, les sinistres catastrophiques assurés coûtent en moyenne plus de 877 millions de dollars par année depuis cinq ans », précise l’organisme.

Comme il est impossible de prévoir quand surviendra une catastrophe naturelle, la meilleure façon de limiter les pertes consiste à mieux se préparer.

Hormis la révision de votre contrat d’assurance, réduisez les risques en effectuant quelques travaux préventifs, comme nettoyer régulièrement les gouttières, vérifier le bon fonctionnement du clapet antiretour, installer une pompe de puisard munie d’une batterie d’appoint, élaguer les arbres fragiles situés près de la maison ou encore remplacer les matériaux les plus vulnérables lors de rénovations.

Voyez si votre résidence se trouve dans une zone à risque pour déterminer quelles améliorations seront les plus rentables. Selon le Bureau d’assurance du Canada, chaque dollar investi dans la prévention permet d’éviter entre 5 et 10 dollars de pertes futures.

Même avec une assurance complète, une catastrophe naturelle peut entraîner des dépenses importantes : franchise, relocalisation, rachat d’articles personnels, etc. Constituer un fonds d’urgence demeure donc l’un des meilleurs moyens d’éviter qu’un sinistre ne se transforme aussi en catastrophe financière.

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