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Nourrir les oiseaux sans les mettre en danger

Par Carole Côté
nourrir-oiseaux Shutterstock.com

Installer une mangeoire sur son terrain ou son balcon peut sembler simple, mais ce n’est pas le cas. Certaines pratiques peuvent même mettre en danger les oiseaux que vous voulez attirer. Voici ce que vous devriez savoir avant de vous lancer.

«La mangeoire pourrait avoir des impacts négatifs pour certaines espèces d’oiseaux: augmentation de prédation, propagation de maladie et modification des aires de distribution», selon l’éducateur-concepteur scientifique du Biodôme, Charles Girard Boudreault, dans un article de blogue d’Espace pour la vie publié récemment.

1. L’alimentation: séparer le bon grain de l’ivraie

Il existe plusieurs types de mangeoires, à choisir selon la configuration de votre espace et les espèces que vous souhaitez attirer: sur pied avec un plateau, modèle distributeur ou à suspendre.

Mais que mettre à l’intérieur de ces mangeoires pour faire œuvre utile? Des graines de tournesol surtout, des graines de chardon et du colza, répond Jean-Sébastien Guénette, directeur général de Québec Oiseaux. «Le tournesol plaira à un grand nombre d’oiseaux comme le geai bleu, la sittelle, le cardinal rouge, le pic ou la mésange», dit-il. Évidemment, tous ces grains seront naturels et non salés.

Vous pouvez aussi préparer vos mélanges en fonction des préférences des espèces que vous voulez observer, au lieu de vous procurer des sacs prémélangés. «Je ne recommande pas ces sacs bon marché, avoue M. Guénette. Ils contiennent du millet et d’autres grains que les oiseaux n’aiment pas et qui se retrouvent au sol. C’est du gaspillage pur et simple.»

La nourriture doit être sèche et ne pas avoir gelé (risque d’humidité). Il est important de ne pas trop remplir la mangeoire pour ne pas créer d’attroupement dans la cour, ce qui augmente le risque de maladies. Certains modèles empêchent les oiseaux de contaminer leur nourriture alors que d’autres ne peuvent nourrir que quelques becs à la fois, limitant ainsi le risque d’épidémie à la salmonellose ou à des maladies comme la mycoplasmose et la trichomonase.

Certains avancent qu’il n’est pas nécessaire de nourrir les oiseaux au printemps et à l’été, mais Magella Guillemette, professeur à l’Université du Québec à Rimouski et directeur du Laboratoire d’ornithologie aquatique, n’y voit pas de contre-indication. Il estime au contraire que ces sources de nourriture artificielles peuvent expliquer l’allongement de la présence de certains oiseaux en Amérique du Nord et le fait que certaines espèces, comme les tourterelles tristes, y passent désormais l’hiver.

2. Les mangeoires: loin des fenêtres!

Les mangeoires doivent être placées en hauteur, dans une zone bien dégagée, et pas trop près des fenêtres. Il est recommandé de les éloigner d’un à trois mètres d’une fenêtre. Cette distance permet aux oiseaux de s’échapper s’ils sont surpris par un prédateur… comme votre chat! Pensez à accrocher une clochette au collier de votre compagnon à quatre pattes.

De plus, les oiseaux voulant se sauver rapidement sont moins susceptibles de heurter une vitre à grande vitesse et de se blesser si les mangeoires sont loin des fenêtres, explique Environnement et ressources naturelles Canada, rappelant le rôle essentiel des oiseaux pour de nombreux écosystèmes.

>> À lire aussi: Aménagement paysager: les 6 principes fondamentaux pour une cour écologique

3. Les abris naturels: une oasis pour les oiseaux

Rendez votre jardin attirant en favorisant les plantes indigènes de différentes tailles. En plus d’attirer des espèces indigènes, vous leur offrirez de possibles sites pour la nidification. Les branches hautes serviront de lieu de repos, à l’abri des prédateurs, le temps de s’alimenter ou de reprendre des forces.

Le nectar, les graines, les baies des arbres fruitiers et les insectes fourniront de la nourriture aux oiseaux en plus de favoriser la diversification de la faune, selon le Laboratoire d’ornithologie Cornell. Vous pouvez aussi installer un lit de feuilles mortes au pied des arbres pour constituer un réservoir d’insectes nourriciers.

3. L’approvisionnement en eau: l’été seulement

Mettre de l’eau à la disposition des oiseaux durant l’été est la première chose que vous devriez faire, surtout si vous habitez en milieu urbain, selon Magella Guillemette. «Ici, à Rimouski, ce n’est pas un problème, car il y en a de l’eau! Mais à Montréal, c’est différent. Il est donc important de prévoir des sources auxquelles ils puissent boire et se rafraîchir», dit-il.

L’hiver, cependant, «les oiseaux du Canada savent tirer l’eau dont ils ont besoin de la neige et de la glace et n’ont pas besoin d’apport supplémentaire», rappelle la Fondation canadienne de la faune. Celle-ci recommande également de ne pas utiliser de bains d’oiseaux chauffés l’hiver, car la présence de l’eau pourrait leur faire croire, à tort, que les beaux jours sont revenus et qu’ils peuvent s’y baigner.

M. Guillemette rappelle que les oiseaux fonctionnent selon la lumière naturelle et les saisons, et que les risques qu’ils meurent gelés sont moindres que ceux posés par… les chats. Les félins constituent en effet «la principale cause de mortalité des oiseaux urbains, toutes sources confondues».

4. Le nettoyage des mangeoires: impératif!

Peu importe la mangeoire choisie, il faudra la nettoyer. «Il ne suffit pas d’installer une mangeoire et de regarder les oiseaux!, lance Magella Guénette, de Québec Oiseaux. Il faut s’en occuper, ce qui veut dire la nettoyer pour éviter la propagation de maladies.» Les restes de nourriture non consommés présentent aussi un risque s’ils sont laissés dans la mangeoire plusieurs semaines par temps chaud.

Ainsi, les mangeoires de type plateau devraient être nettoyées tous les jours et les autres types toutes les semaines pour éviter la pourriture et la contamination par les fientes ou la pourriture. Installez-vous à l’extérieur et utilisez de l’eau chaude et du savon à vaisselle. Évitez les produits chimiques et l’eau de Javel. Utilisez des gants et des brosses réservées à cette tâche, que vous rangerez dans le cabanon. Brossez les surfaces, rincez à l’eau claire et laissez sécher. N’oubliez pas de vous laver les mains une fois votre tâche terminée.

Si possible, changez l’emplacement des mangeoires de temps à autre afin d’éviter que les fientes s’accumulent au sol et entraînent des désagréments dont vous devriez vous occuper tôt ou tard.

5. La protection des oiseaux: de bonnes habitudes à adopter

Selon Espace pour la vie, ces quelques gestes peuvent contribuer à protéger les oiseaux:

  • Rendre les surfaces de verre plus visibles pour les oiseaux (moustiquaires, rideaux ou autocollants aux portes et fenêtres);
     
  • Planter des végétaux plutôt que d’asphalter ou de gazonner, car les arbres et les arbustes fournissent des abris et de la nourriture;
     
  • Garder les chats dans la maison ou accrocher à leur collier des clochettes qui préviendront de leur présence;
     
  • Contribuer à interdire les pesticides;
     
  • Cesser l’utilisation des matières plastiques.

Source: Laboratoire d’ornithologie Cornell et Espace pour la vie

>> À lire aussi: Planter des fleurs pour sauver les pollinisateurs

 

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  • Par JEAN-FRANÇOIS BRUNET
    06 Avril 2022

    Faire porter une clochette au cou d’un chat est de l’avis de plusieurs une torture pour ces petits êtres à l'ouïe beaucoup plus fine que la nôtre. Je ne voudrais sûrement pas être le chat d’un propriétaire qui me passerait un collier à clochette. Inconfort garanti sans possibilité d’y échapper, ça ressemble effectivement à un genre de torture rappelant le supplice de la goutte d’eau.

  • Par DENIS CHABOT
    14 Avril 2022

    Problème mathématique: Comment pouvez-vous placer une mangeoire pour oiseaux à 1 mètre d'une fenêtre et à 6 mètres d'une résidence?
    Il faut être attentif lorsqu'on écrit un article!