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Compostables et biodégradables: un casse-tête pour les consommateurs

Par Laura Landry
compostable

Les produits dits compostables, biodégradables ou réutilisables semblaient la solution de remplacement pour les plastiques, mais un rapport coproduit par Éco Entreprises Québec (ÉEQ) et la firme d’experts-conseils Solinov constate que, trop souvent, ces appellations ne remplissent pas leurs promesses et rendent complexe le tri des matières recyclables et compostables.

«Compostable» et «biodégradable», des termes non réglementés

«Les termes “compostable” et “biodégradable” sont des autodéclarations non vérifiées par un tiers. Le fabricant procède lui-même à des tests de biodégradabilité et de compostabilité, le plus souvent dans des conditions très différentes de celles où se retrouve le produit en fin de vie», souligne Geneviève Dionne, directrice Écoconception et économie circulaire chez ÉEQ, un organisme privé à but non lucratif qui accompagne les entreprises finançant la collecte sélective dans leur démarche d’écoconception d’emballages.

Sans être de la publicité mensongère, ces appellations créent de la confusion chez le consommateur et guident ses choix vers des produits parfois nocifs pour l’environnement, souligne le rapport.

Complexité du tri de ce type de produit

Les entreprises ne peuvent se faire confirmer par les usines de traitement que leurs contenants et emballages sont acceptables pour le recyclage ou le compostage avant de les mettre en marché ; ceux-ci sont alors majoritairement refusés et acheminés dans des sites d’enfouissement.

«Les plastiques biodégradables et compostables ne sont pas compatibles avec la filière de recyclage des plastiques et ne doivent pas être mis au bac de récupération, mentionne Brigitte Geoffroy, de RECYC-QUÉBEC. En ce qui concerne la filière du compostage ou de la biométhanisation, ces produits peuvent être refusés ou rejetés par les installations, même s’ils sont certifiés compostables.»

Québec a mis en place une stratégie de valorisation de la matière organique (MO) qui vise à gérer 100 % des MO provenant des résidences, des industries, des commerces et des institutions d’ici 2025. Mais les plastiques compostables et biodégradables actuellement sur le marché semblent incompatibles avec les filières de traitement des déchets si on en croit le rapport.

Produit compostable

Un contenant ou emballage est certifié compostable lorsqu’il se dégrade au même rythme que les résidus alimentaires et les résidus verts dans un milieu industriel où les conditions comme le taux d’humidité, l’aération et la température sont contrôlées, afin de donner un produit, le compost, qui permet d’améliorer la fertilité des sols.

Ces produits ne sont pas nécessairement compostables dans un composteur domestique où le temps de dégradation du produit sera très variable et généralement plus long.

Comme les produits certifiés en laboratoire ne se décomposent pas au même rythme sur le terrain et diminuent la qualité du compost, ils doivent souvent être envoyés dans un site d’enfouissement après un tri supplémentaire.

Les auteurs du rapport recommandent donc, entre autres choses, d’instaurer un meilleur encadrement des déclarations environnementales et d’assurer une «concordance entre les conditions de certification en laboratoire et celles utilisées sur le terrain pour limiter l’utilisation d’autodéclaration en décalage avec la réalité». Ils demandent également au gouvernement de fournir un encadrement légal clair pour que les emballages mis en marché soient réutilisables, recyclables ou composés de contenu recyclé.

Produit biodégradable

Un produit est biodégradable lorsqu’il se fragmente éventuellement en plus petites particules. Il n’y a pas d’échelle de temps pour apposer ce qualificatif à un produit : la dégradation peut se faire en 4 ou 4 000 ans. C’est dire que le terme biodégradable peut être utilisé à tous vents. «Même une roche peut être qualifiée de biodégradable», indique Geneviève Dionne.

À retenir

Les plastiques compostables sont biodégradables, mais les plastiques biodégradables ne sont pas tous compostables.

Quel type de produits privilégier?

Les emballages réellement 100 % compostables sont assez rares. Les sacs en papier brun sont ce qui existe de plus compostable, à la condition que le site de compostage accepte les matières fibreuses. Dans le cas contraire, ils sont retirés du procédé.

Chaque site de compostage applique ses propres critères de sélection en fonction du produit final désiré. Un compost de qualité utilise essentiellement des résidus alimentaires et des résidus verts.

Pour éviter la confusion chez les consommateurs et faciliter la gestion de fin de vie des emballages compostables, les auteurs du rapport recommandent d’établir une liste uniformisée des matériaux et emballages acceptés ou refusés dans les sites de compostage, incluant des mesures de contrôle sur le terrain.

Pour ce qui est du sac réutilisable, «il est écologique jusqu’au moment où l’on doit s’en départir. Ce type de produits est fabriqué à partir de plusieurs matières qu’il faudrait séparer afin de pouvoir les recycler individuellement, un processus complexe et parfois tout simplement impossible», mentionne Mme Dionne.

La réduction à la source est la meilleure option, selon elle. Mais, si vous devez acheter un sac ou un emballage à réutiliser, informez-vous sur sa composition et sa provenance. Questionnez-vous aussi sur le nombre d’utilisations que vous allez en faire, ainsi que sur votre capacité à prendre soin, à réparer et à prolonger la vie de vos objets. Ainsi, un sac fabriqué d’une variété de matériaux que vous utiliserez quelques fois par année est moins écologique qu’un sac à usage unique que vous mettrez ensuite au recyclage.

Biodégradable, mais souvent dommageable

Le biodégradable, même bien intentionné, peut aussi être dommageable pour l’environnement. L’appellation biodégradable peut donner l’impression aux gens qu’ils peuvent laisser l’emballage dans la nature – ce qu’on appelle un déchet sauvage – et qu’il va se décomposer rapidement et sans dommage. Mais le produit a besoin de conditions spécifiques pour pouvoir se décomposer.

Selon une étude effectuée par le programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en 2015: «Dans l’ensemble, il n’existe pas assez de preuves significatives voulant que les plastiques biodégradables, compostables, à base de biomasse et oxodégradables se dégradent complètement dans des environnements naturels.»

Distinguer les certifications

Comment se retrouver dans ce casse-tête d’appellations? Et, surtout, comment s’assurer de réellement servir la cause environnementale dans nos gestes au quotidien?

Le Bureau de normalisation du Québec gère le programme de certification sur les plastiques compostables conformément à la norme CAN/BNQ 0017-0888.

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Cette certification est volontaire et les frais sont assumés par le fabricant.

Plusieurs produits importés des États-Unis portent la certification américaine qui s’appuie sur les normes ASTM D6400 et ASTM D6868:

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Trouver l’emballage parfait : un défi de taille

Pour les entreprises québécoises, trouver des emballages respectueux de l’environnement représente tout un défi.

L’équipe de Prana était très enthousiaste à l’idée d’utiliser un emballage dit compostable. En suivant son emballage jusque dans les centres de tri, elle a constaté que l’impact écologique de celui-ci était plus grand que celui du plastique recyclable.

«Dans la dernière année, nous avons mis au défi un grand fabricant d’emballage de créer un produit qui corresponde à nos exigences. Le futur est prometteur», conclut Marie-Josée Richer, cofondatrice de l’entreprise Prana.

>> À lire aussi : Les 7 familles de plastique et Recyclage : des réponses à vos questions

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