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Véhicules neufs: pourquoi l’essai routier est essentiel

Par Nadine Filion
concessionaire Shutterstock.com

Acheter une voiture, c’est pour longtemps. Avant de faire votre choix, ne vous gênez pas: essayez-la. Voici pourquoi l’essai routier compte – plus que jamais.

1. Parce que c’est la tempête parfaite

L’industrie de l’automobile vit la tempête parfaite. À la pandémie de coronavirus qui a freiné la fabrication de véhicules s’ajoute une pénurie de puces à semi-conducteur qui ne semble pas vouloir se résoudre. Résultat: les stocks automobiles sont en baisse partout sur la planète.

Une situation exceptionnelle qui ne se réglera pas avant 12 mois, peut-être même 18, selon les experts. Ce que cela signifie pour vous? Que vous aurez sans doute à faire votre choix parmi une sélection réduite en ce qui concerne non seulement les modèles, mais aussi les groupes motopropulseurs et les niveaux d’équipements.

Vous ne pouvez mettre la main sur un exemplaire du modèle X que vous avez choisi pour son dégagement, sa performance ou sa technologie et vous devez vous rabattre sur le modèle Y? Voilà une excellente première raison de ne pas en esquiver le test sur route.

>> À lire aussi: Comment faire un essai routier réussi chez le concessionnaire

2. L’essai routier, c’est d’abord… essayer!

L’exercice vous permet d’évaluer son comportement (routier, bien sûr!), mais aussi de vérifier si vous trouvez une position confortable (de conduite!) derrière son volant, si la vision périphérique vous apparaît sécuritaire, si vous êtes à l’aise avec ses contrôles et ses technologies.

Certes, en ces temps de rareté automobile, certains concessionnaires n’ont peut-être pas de modèle «démonstrateur» à vous faire essayer. C’est le cas chez celui que vous visitez? «Allez en voir un autre de la même marque, ou changez de marque pour trouver un concessionnaire qui peut vous offrir le test routier, exhorte Sylvain Légaré, analyste en consommation automobile pour CAA-Québec. N’achetez surtout pas un véhicule que vous n’avez pas pu essayer.»

Parce que si vous découvrez que vous vous êtes trompé en prenant possession de votre voiture, vos recours pour faire annuler la transaction sont pratiquement inexistants.

3. Faites vos devoirs… et ouvrez l’œil

Que l’on soit bien clair: l’exemplaire du véhicule que le concessionnaire vous permet de tester sur la route n’est pas, sauf en de très rares occasions, celui qu’il vous vendra. C’est plutôt derrière le volant d’un véhicule démonstrateur que vous vous glisserez.

Premier conseil: assurez-vous qu’on vous fasse bien essayer le modèle que vous reluquez. Une Hyundai Elantra, ce n’est pas une Hyundai Sonata – et un Honda HR-V, ce n’est pas un Honda CR-V.

Cela dit, si une variante précise (base, mi-gamme ou de luxe) du modèle en question n’est pas disponible pour le test routier, ce n’est pas la catastrophe. Par exemple, si vous rêvez d’un VUS Toyota Rav4 rechargeable – actuellement l’un des véhicules les plus rares de notre marché –, mais que c’est le Toyota Rav4 à essence qu’on vous propose d’essayer, pas de souci.

Il faut cependant avoir fait vos devoirs. Et c’est très facile: tous les constructeurs affichent sur leur site internet les spécifications techniques, les caractéristiques de série et la description des équipements optionnels de leurs véhicules. Assurez-vous de bien consulter les sites canadiens, et non américains, des constructeurs puisque les différences d’équipements et de prix sont énormes.

Muni de la liste de ce que vous voulez trouver à bord de votre véhicule, vous pourrez (plus) facilement faire la part des choses entre la variante de base sans toit ouvrant, au revêtement de tissu et à la technologie de base que vous considérez acheter, versus la configuration tout équipée avec sièges en cuir chauffants et ventilés, réglables à même une giga tablette sur l’écran de bord, qu’on vous prêtera pour l’essai.

4. Vous vous êtes trompé? Difficile de changer de côté…

Vous n’avez pas été en mesure d’essayer un véhicule démonstrateur et vous avez conclu l’achat. Vous recevez votre véhicule et vous constatez que vos 6,5 pi ne parviennent pas à se loger sous le pavillon, bien que le siège conducteur soit ajusté au plus bas?

Oups.

Contrairement à la croyance populaire, la transaction concernant une automobile neuve ne peut pas être annulée par le client dans les dix jours suivant la signature du contrat. Plus précisément, l’achat payé comptant ou la location avec bail à long terme d’un véhicule neuf ne peuvent pas du tout être annulés. Seule la vente à tempérament peut l’être, mais alors la période de «dédit» n’est que de deux jours. Et encore faut-il ne pas avoir pris possession du véhicule.

Des annulations quasi impossibles

Lorsque vous «signez fort en trois copies» un acte de vente automobile, vous vous engagez, comme pour l’achat d’une maison – ou pour le mariage. Voici ce qu’il en est, tel que vulgarisé par MFrédéric Morin, vice-président affaires juridiques, conformité et environnement à la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ).

La transaction au comptant. Vous payez en argent ou vous utilisez votre marge de crédit pour acquérir le véhicule. Autrement dit, vous n’avez aucun lien financier avec le concessionnaire.

Possibilité d’annulation: aucune. Dès que vous signez l’acte de vente, vous êtes lié à votre nouvelle voiture, pour le meilleur et pour le pire. Vous n’avez aucun recours pour vous soustraire à votre engagement.

Par contre, en ces temps où les concessionnaires font des pieds et des mains pour dénicher quelques exemplaires à vendre, certains pourraient accepter de négocier une rupture de contrat et s’entendre avec vous sur un montant de «dédommagement réel».

La location à long terme. Vous avez signé un bail de 12 mois, trois ans, peut-être même cinq ans. Vous apposez votre signature au contrat de location qui, ensuite, sera transféré à la division de services financiers du constructeur.

Possibilité d’annulation: aucune. Après la signature du bail, vous ne pouvez pas annuler une location automobile à long terme, et c’est valide pour un véhicule neuf, un véhicule démonstrateur, voire un véhicule d’occasion.

Vous venez de perdre votre emploi, vous vous séparez, il y a de la mortalité dans la famille... vous êtes mal pris? Dans le pire des cas, vous pouvez résilier le bail, mais vous devrez alors remettre le véhicule au bras financier du constructeur, qui l’enverra à l’encan et vous réclamera ensuite les inévitables pertes subies en lien avec la dépréciation.

C’est un dernier recours «que nous ne recommandons pas», dit Me Morin. Parce que la pénurie fait grimper la valeur des véhicules, peut-être voudrez-vous le vendre vous-même ou en céder le bail sur des plateformes numériques comme Lease Busters.

Achat financé par le constructeur. La vente à tempérament est la transaction automobile la plus commune au Québec: vous achetez le véhicule en utilisant l’offre de financement du constructeur. Et c’est parce qu’il «s’agit d’un contrat assorti d’un financement que la loi vous donne la possibilité de revenir sur votre décision», soutient MMorin.

Mais attention: le délai n’est alors que de deux jours. «Les gens croient avoir dix jours de dédit, mais la loi n’offre pareille faculté que dans le cas de ventes itinérantes», insiste l’avocat de la CCAQ.

Surtout, ces deux jours de grâce cessent d’exister si vous prenez livraison du véhicule. Nous le répétons: vous prenez livraison du véhicule? Plus aucune annulation possible, même si vous êtes à l’intérieur des deux jours de délai. C’est qu’à ce moment, «vous signez une clause au contrat selon laquelle vous déclarez avoir pris le temps de faire le tour du véhicule et que vous vous reconnaissez satisfait», explique l’avocat de la CCAQ.

Deux jours: à partir de quand et jusqu’à quand?

Lorsque vous magasinez un véhicule et que vous repartez de chez le concessionnaire avec une entente qui vous «gèle» un prix pour un modèle donné – que vous ayez versé un dépôt ou pas –, vous n’avez pas encore officialisé la transaction. Le marchand voudra peut-être vous faire croire que vous ne pouvez plus reculer, mais c’est faux.

Votre engagement formel survient au moment où vous signez l’acte de vente. Alors – mais seulement s’il s’agit d’une vente à tempérament, comme stipulé plus haut –, la loi sur la protection du consommateur vous accorde deux jours de délai pour annuler. Voici comme s’écoulent ces deux jours:

• Le jour de la signature du contrat de financement ne comptant pas, le compte à rebours commence le lendemain;

• Si les deux jours suivants sont des jours ouvrables, la possibilité d’annuler s’éteint à la fin du second jour. Ex.: vous signez un contrat assorti à un crédit le mardi, les deux jours de dédit sont le mercredi et le jeudi;

• Si le premier jour tombe un jour ouvrable, mais que le second est un samedi, un dimanche ou un jour férié, la loi dicte que ce second jour soit repoussé au prochain jour ouvrable. Ex.: vous signez un contrat assorti à un crédit le jeudi, le premier jour de dédit est le vendredi, le second est reporté au lundi (si non férié). Si le lundi est férié, le second jour est reporté au mardi.

Saviez-vous que…

Si vous êtes du genre à changer d’idée comme de chemise et que le fait de ne pas pouvoir annuler la transaction d’une automobile neuve vous donne des boutons, vous pourriez envisager un véhicule d’occasion «certifié» (généralement âgé de moins de cinq ans) par les constructeurs.

À peu près toutes les grandes marques ont leur programme de certification, et à peu près tous les programmes accordent un privilège «d’échange», ce qui permet à l’insatisfait d’échanger le véhicule choisi contre un autre dans les quelques jours, voire dans les quelques semaines suivant la transaction. Les marques les plus généreuses sont Hyundai et Chevrolet, avec un privilège d’échange de 30 jours, moyennant certaines conditions – par exemple, ne pas avoir parcouru plus de 2 000 km avec le véhicule (2 500 km chez Chevrolet).

>> À lire aussi : Achat d’une auto: gare aux frais supplémentaires illégaux, Pénurie de véhicules neufs : attention si votre location vient à échéance ! et notre section essais sur route.

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