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Appartement à louer: 12 indices pour flairer l’arnaque

Par Stéphanie Perron Mise en ligne : 30 mai 2019

Le nombre de fraudes liées à la location de logements a explosé au cours des dernières années. La nouvelle arnaque concerne les escrocs qui profitent de l'option «dépôt automatique» d'Interac permettant d'encaisser de l'argent sans qu'une question de sécurité soit nécessaire.

Plus de 600 signalements d’arnaques liées aux logements à louer ont été faits au pays en 2018. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg, car à peine 5 % des victimes portent plainte, estime Jeffrey Thomson, analyste de renseignements criminels au Centre antifraude du Canada.

Le modus operandi pour piéger les locataires est souvent celui-ci: un faux propriétaire affiche un logement sur un site comme Kijiji, Craigslist ou LesPAC. Le fraudeur promet de réserver l’appartement à la condition que le futur locataire paye d’avance le premier mois de loyer (même s'il n'a pas encore visité les lieux), ou indique qu’il acceptera de faire visiter l'appartement seulement après avoir reçu un dépôt de sécurité. Une fois l’argent encaissé, il rompt tout contact avec sa victime.

L’arnaque visant les propriétaires est tout aussi insidieuse: un individu affirmant vouloir s’établir au Québec envoie un faux chèque ou un virement frauduleux pour payer à l’avance les premiers mois du loyer compte tenu du fait qu’il est à l’étranger et qu’il veut qu’on lui réserve l’appartement. Le pseudolocataire envoie «par erreur» un montant supérieur au prix demandé, puis il demande qu’on lui rembourse la différence payée en trop.

Locataires et propriétaires, voici 12 indices à surveiller pour ne pas tomber dans le panneau.

On vous répond avec un courriel qui semble préfabriqué

Les escrocs ont l’habitude d’envoyer les mêmes réponses à tous ceux qui communiquent avec eux. Méfiez-vous des messages qui contiennent des éléments rarement utilisés dans les courriels, par exemple l’italique, les lettres de couleur, les polices de caractères autres qu’Arial ou Helvetica, etc. Même chose si votre nom n’est pas mentionné dans la formule usuelle de salutation au début du message.

Les photos sont à couper le souffle

Soyez vigilant si les photos semblent trop professionnelles, car plusieurs faux propriétaires volent des photos sur les sites d’agences immobilières afin de les utiliser pour leurs fausses annonces. Pour vérifier si une photo est utilisée ailleurs sur le Web, rendez-vous sur Google Images, cliquez sur l’icône de l’appareil photo et suivez les instructions.

Les photos comportent des irrégularités

Vérifiez si les photos d’intérieur concordent avec l’apparence extérieure du bâtiment en entrant l’adresse dans Google Maps et en vérifiant certains éléments comme la forme des fenêtres, le type de porte d'entrée, la présence ou non d’un balcon, etc.

Il est question d’un dépôt de sécurité

«Pour piéger les locataires, les fraudeurs ont l’habitude de demander un dépôt permettant supposément de démontrer le sérieux de leur démarche; aussitôt l’argent encaissé, le malfaiteur ne donne plus de nouvelles», dit Jeffrey Thomson. Selon l’agente Renée-Anne St-Amant, de la police de Gatineau, la nouvelle version de cette arnaque consiste à demander que le dépôt soit fait par virement Interac et à rassurer la victime en lui disant qu’on ne l’acceptera pas tout de suite et qu’il n’est donc pas nécessaire de révéler la réponse à la question de sécurité. «Ce que les victimes ne savent pas, c’est que certaines institutions financières offrent au destinataire d’un virement la possibilité d’activer l’option "Dépôt automatique" qui permet d’encaisser l’argent sans répondre à une question de sécurité. Ignorant que cette fonctionnalité existe, la victime procède à la transaction et voit son compte débité bien malgré elle», explique-t-elle. À cet égard, la porte-parole d’Interac, Rachel Kellogg, assure que lorsqu’une personne est enregistrée au dépôt automatique, l’expéditeur du virement en est informé avant de terminer la transaction, et qu’un message apparaît pour lui dire qu'il n'a pas besoin de fournir une question de sécurité. On peut toutefois imaginer que plusieurs victimes ne comprennent pas exactement le fonctionnement d’une telle fonctionnalité… et qu’elles tombent dans le panneau dans le temps de le dire. Par ailleurs, soyez aussi prudent avec les services comme Western Union, car eux aussi peuvent permettre d’encaisser de l’argent sans qu’une question de sécurité soit nécessaire.

Il est question d’un montant payé en trop

La tactique vise à piéger les propriétaires en leur envoyant un montant supérieur au prix convenu pour le loyer, puis leur demander qu’ils transfèrent la différence. «Le problème, note Jeffrey Thomson, c’est que le paiement du locataire est en réalité un faux chèque ou un faux message de confirmation de virement électronique qui imite ceux de PayPal ou Interac.» Par ailleurs, sachez que même si vous receviez un «vrai» virement, celui-ci pourrait ensuite être annulé par la banque, par exemple si l’argent a été puisé dans un compte ayant été piraté.

L’individu est en voyage d’affaires ou habite à l’étranger

«Les faux propriétaires affichent souvent un prix de 25 à 50 % inférieur à celui du marché et disent qu’ils ont dû quitter rapidement la ville et qu’ils veulent louer les lieux sans perdre de temps, explique Kent Sikstrom, responsable des relations avec la communauté de Kijiji. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle un fraudeur aura toujours un prétexte pour éviter de vous rencontrer.» Selon Jeffrey Thomson, cela s’explique par le fait que plusieurs escrocs résident à l’extérieur du pays et font partie de réseaux internationaux dans lesquels une personne crée la fausse annonce, une autre répond aux courriels, une autre s’occupe d’envoyer une fausse confirmation de virement bancaire, et ainsi de suite. Pour rassurer leurs victimes, les plus rusés proposeront un rendez-vous en personne, mais celui-ci sera évidemment annulé à la dernière minute.

Les courriels sont envoyés à partir d’une adresse gratuite

Recevoir un courriel provenant d’un fournisseur gratuit (Gmail, Yahoo, Hotmail, etc.) ne signifie évidemment pas que vous avez affaire à une fripouille, mais gardez en tête qu’une adresse courriel émanant d’une organisation québécoise connue (Vidéotron, Sympatico, etc.) demeure plus crédible.

Il est difficile de communiquer par téléphone

Soyez vigilant si, après quelques échanges de courriels, on ne vous fournit pas d’emblée un numéro de téléphone. Si vous réussissez à établir un contact téléphonique, continuez à faire preuve de prudence, car rien ne prouve que le numéro – qu’il soit répertorié au Québec ou ailleurs – sera encore en fonction la semaine suivante…

L’adresse du logement à louer n’est pas mentionnée

Il s’agit d’une manière d’éviter que vous vous rendiez sur place et découvriez que l’appartement n’est pas réellement à louer. Soyez prudent: certains escrocs tenteront de contourner le problème en mentionnant l’adresse d’un édifice comportant plusieurs logements, sans toutefois préciser le numéro de l’appartement à louer.

Le pseudopropriétaire ou le faux locataire est connu des internautes

Plusieurs victimes partagent leur expérience sur les réseaux sociaux. Si vous avez le moindre soupçon, écrivez dans un moteur de recherche les informations dont vous disposez: courriel mentionné dans l’annonce, nom de l’individu, etc. La plupart des escroqueries sont dénoncées sur le Web bien avant que les plaintes officielles ne soient enregistrées.

Vous visitez l’appartement et on demande un paiement sur-le-champ

Un beau parleur expérimenté pourrait avoir le culot de faire visiter un appartement à un maximum de personnes en faisant croire qu’il est le propriétaire (alors qu’il est simplement locataire), pour ensuite prendre la poudre d’escampette après avoir encaissé l’argent des dépôts. Plusieurs histoires du genre ont été rapportées, notamment celles orchestrées par Christian Levasseur, Marc-Antoine Désy-Pajot, Denis Normand-Hamelin et d’autres faux propriétaires dans les quartiers La Petite-Italie et le Plateau Mont-Royal à Montréal. Pour vérifier si une personne est réellement propriétaire d’un logement, consultez le registre foncier de la municipalité (par exemple, voici ceux de Montréal, Laval et Québec).

L’offre est trop belle pour être vraie

Un propriétaire qui offre un logement à 500 $ par mois au centre-ville de Montréal ou un locataire qui propose d’emblée de payer les premiers mois de loyer sans avoir visité le logement… Ça sent la magouille? C’est probablement le cas.

Bon à savoir: les sites Kijiji, Craigslist, LesPAC, Interac et PayPal publient des conseils pour vous aider à repérer les fraudeurs. Si vous soupçonnez une escroquerie, contactez le Centre antifraude du Canada.

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