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Comment trouver un bon véhicule usagé en cette pénurie d’occasions?

Par Nadine Filion
penurie Shutterstock.com

Si vous lisez ceci, c’est que vous magasinez un véhicule usagé. Bonne chance: la pandémie a rendu le marché de l’automobile d’occasion «frénétique»! Conséquence: les prix ont explosé.

Il faut creuser pour trouver les bonnes occasions
Avant d’acheter un véhicule usagé
Est-ce le moment d’acheter un véhicule électrique usagé?
Opter pour un véhicule usagé, c’est recycler

L’achat d’une auto d’occasion peut être une opération périlleuse. L’aventure est venue se compliquer encore davantage avec la pandémie et la pénurie de puces à semi-conducteur, qui ont ralenti la production de véhicules neufs.

Devant la rareté de ces derniers, la pression des consommateurs s’est dirigée vers les véhicules usagés. Canadian Black Book, un site spécialisé dans l’évaluation de la valeur des automobiles, et AutoHebdo, un site de petites annonces automobiles, ont ainsi noté une explosion des prix au Québec en 2021. Les bonnes occasions se font donc de plus en plus rares…

En attendant que le marché retourne à la normale, il vaut donc mieux garder votre véhicule actuel, selon Daniel Boudreault, animateur de l’émission automobile Virage. «Gardez-le, entretenez-le et dites-vous qu’une réparation de 1500 $, dans le contexte, c’est une aubaine», suggère-t-il.

Votre entente de location arrive à échéance? Voyez au contrat ce qu’il en coûte pour conserver votre véhicule, conseille George Iny, directeur de l’Association pour la protection des automobilistes (APA). Comme la valeur résiduelle (c.-à-d. la valeur de rachat du véhicule après la période de location) a été fixée avant la pandémie, elle devrait être plus basse que ce que vaut aujourd’hui votre véhicule sur le marché de l’occasion. Cela est d’autant plus vrai pour les voitures ayant peu roulé depuis le début de la pandémie.

Sinon, sachez que certains commerçants automobiles sont prêts à offrir un montant supérieur à la valeur résiduelle annoncée au contrat afin de pouvoir récupérer le véhicule en priorité. Vous pourriez ainsi empocher un «bonus» de l’ordre de 2 000 à 5 000 $.

Tout cela étant dit, l’achat d’un véhicule usagé peut encore être une bonne option, d’après Éric Brassard, auteur du livre Finance au volant et planificateur (récemment retraité) chez BGY Services financiers intégrés. «Même avec les augmentations qu’on connaît, une bonne voiture d’occasion permet de faire de grosses économies par rapport au prix d’un modèle neuf», assure-t-il. George Iny précise cependant qu’il vaut mieux privilégier les modèles qui ont cinq ou six ans, car la valeur des véhicules usagés plus récents se rapproche trop de celle des véhicules neufs.

Nous savons que cela fait beaucoup de choses à prendre en considération. C’est pourquoi nous voulons vous aider à y voir plus clair avec cet article.

>> À lire aussi: notre guide Autos neuves et Autos d’occasion (2015-2020) qui contient des centaines de véhicules

Il faut creuser pour trouver les bonnes occasions

«Pour trouver “le deal”, il faut creuser beaucoup plus qu’auparavant, tout en gardant l’esprit ouvert», dit Benoît Béland, directeur marketing chez AutoHebdo. Vous rêvez d’un Honda CR-V à quatre roues motrices tout équipé de moins de 100 000 km? Allez-y plutôt pour une variante de base plus âgée et à deux roues motrices. Avec cette économie, profitez-en pour chausser votre véhicule de quatre bons pneus d’hiver.

Les camionnettes et les véhicules utilitaires sport (VUS) usagés s’envolent très vite, s George Iny. Il suggère donc de vous tourner vers ce qui a perdu la faveur populaire ces dernières années: les berlines. «Les voitures sous-compactes, compactes, et même intermédiaires d’occasion offrent actuellement le meilleur rapport qualité-prix.» Pensez notamment, dans le cas des compactes, à la Honda Civic, à la Hyundai Elantra ou à la Mazda 3 et, pour les intermédiaires, à la Honda Accord ou à la Toyota Camry. «Cela dit, ajoute le président de l’APA, n’essayez pas de payer le moins cher possible; visez plutôt la qualité. Le montant “supplémentaire” à payer pour une auto bien entretenue est presque toujours moins élevé que ce qu’il en coûte pour remettre en état une auto moins chère en mauvaise condition.»

Sinon, quitte à offrir «le gros prix» à un inconnu pour sa voiture, vérifiez auprès de votre entourage si des connaissances veulent changer la leur. Vous pourriez mettre la main sur une bonne occasion avant que celle-ci ne se retrouve sur le marché. Afin de protéger les deux parties, «remplissez néanmoins un contrat», conseille Sylvain Légaré, analyste automobile à CAA-Québec. Protégez-Vous met d’ailleurs à votre disposition un contrat détaillé de six pages: servez-vous-en, c'est gratuit!

Vous êtes convaincu d’avoir trouvé le véhicule parfait auprès d’un particulier, mais vous n’êtes pas le seul acheteur intéressé? «Si le véhicule semble beau et qu’il fait votre affaire, proposez le prix demandé, et même un peu plus», recommande M. Iny.

Avant d’acheter un véhicule usagé

Comment éviter les pièges lorsque vous achetez un véhicule usagé? D’abord, en obtenant l’historique du véhicule. Pour ce faire, effectuez une demande de dossier, au coût de 13 $, auprès de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Ensuite, et surtout, faites inspecter la voiture par un mécanicien indépendant avant de signer quoi que ce soit. Vous pourriez notamment faire appel à l’un des centres d’inspection automobile autorisés répertoriés par CAA-Québec ou au service mobile d’inspection de véhicules offert dans le Grand Montréal et recommandé par l’APA.

Avant d’acheter auprès d’un commerçant

Selon la Loi sur la protection du consommateur (LPC), les commerçants sont tenus d’annoncer des prix de vente «tout inclus» (avant taxes et avant options). L’ajout de frais additionnels (pour l’administration p. ex.) est une pratique illégale. Pourtant, elle est très répandue : en 2018, une enquête de l’Office de la protection du consommateur (OPC) révélait que près d’un marchand sur deux l’avait utilisée.

Le prix affiché, vous êtes en droit de l’exiger. Si le commerçant refuse de retrancher les frais ajoutés, avisez-le que vous pourriez le dénoncer à l’OPC. Évoquez en passant les récentes actions collectives intentées contre 157 concessionnaires par le cabinet d’avocats Lambert.

Toujours en vertu de la LPC, les automobiles d’occasion achetées chez un commerçant sont protégées par des garanties légales dites d’usage normal, de durée raisonnable et contre les vices cachés. Celles de cinq ans ou moins ou de moins de 80 000 km sont couvertes par une garantie de bon fonctionnement, dont la durée varie selon l’âge et le kilométrage.

Ces protections s’appliquent automatiquement. Le marchand veut vous faire signer une clause du genre «tel que vu» pour s’en libérer? Il commet une infraction. Pour prévenir ces problèmes, vérifiez la réputation de votre vendeur avant de faire affaire avec lui en consultant gratuitement son profil de commerçant sur le site de l’OPC.

Avant d’acheter auprès d’un particulier

En 2019, les ventes entre particuliers constituaient le tiers des transactions d’autos d’occasion au Québec, selon AutoMédia. Ces ventes ne sont pas soumises à la LPC, mais le Code civil prévoit quand même une garantie contre les vices cachés. Toutefois, contrairement aux marchands, un particulier peut se soustraire à cette responsabilité en inscrivant au contrat une formule du genre «vendu sans garantie légale de qualité».

Prenez garde aussi aux «faux particuliers». Ils se font passer pour de simples citoyens pour esquiver les obligations légales des marchands. «Ces faux particuliers ont tendance à vendre des véhicules au passé douteux, rapporte le directeur de l’APA. On a noté que, chez les trafiquants qui font transiter [leurs véhicules] d’une province à l’autre, les odomètres sont reculés en moyenne de 100 000 kilomètres.» Un particulier qui a bien entretenu son véhicule est normalement capable de fournir son historique d'entretien (factures à l'appui).

Est-ce le moment d’acheter un véhicule électrique usagé?

Les véhicules hybrides rechargeables et électriques sont encore moins nombreux sur le marché d’occasion que les véhicules «normaux». D’ailleurs, certains sont si rares que les prix demandés pour les plus récents rejoignent pratiquement ceux des modèles neufs. «Avec les rabais gouvernementaux offerts [jusqu’à 13 000$], vous êtes mieux d’aller vers le neuf, conseille Daniel Breton, PDG de Mobilité électrique Canada. Mais alors, vous ne devez pas être pressé.»

George Iny de l’APA se montre plus nuancé à ce sujet. Il indique qu’il y a des choix intéressants parmi les véhicules électriques usagés. Il faut cependant viser les modèles moins en demande ou les véhicules populaires qui sont plus faciles à trouver, comme les Chevrolet Bolt et Volt, Nissan Leaf et Kia Soul EV.

Et les électriques plus âgées, valent-elles le coup? Ces voitures de première génération (années-modèles 2016 ou antérieures) souffrent d’une petite autonomie (plus ou moins 130 km) qui pourrait convenir à certains… pourvu que cette autonomie se confirme. «Avant d’acheter, faites tester les batteries, recommande Daniel Breton. Vous ne voulez pas vous retrouver avec des batteries dégradées.» Pour ceux qui l’ignorent, faire remplacer ces batteries coûte le tiers du prix d’achat d’un véhicule électrique neuf.

Qu’en est-il des électriques de seconde main importées de l’extérieur de la province (c.-à-d. qui n’ont jamais été immatriculées par la SAAQ) et pour lesquelles le gouvernement du Québec offre jusqu’à 4000 $ de rabais par l’intermédiaire du programme Roulez vert? En 2021, les importations (et les demandes de rabais) ont passablement diminué, selon George Iny. Cela est dû, notamment, à l’augmentation des prix sur le marché américain, qui a rendu le programme moins profitable pour les marchands de voitures québécois.

Opter pour un véhicule usagé, c’est recycler

Si vous avez absolument besoin d’un véhicule et que votre priorité est l’environnement, sachez que de choisir une voiture usagée – particulièrement un modèle qui consomme peu d’essence, un hybride ou un électrique –, c’est « recycler ».

De nombreuses émissions polluantes sont générées pour fabriquer un véhicule neuf (pour l’extraction des minerais, le transport des pièces, etc.). Ainsi, même si rouler avec une Honda Civic ou une Hyundai Accent usagée peut sembler moins « vert » que de s’afficher au volant de véhicules électriques neufs comme la Chevrolet Bolt ou la Tesla Model 3, vous faites pourtant votre part en ne contribuant pas à la production de nouvelles émissions polluantes.

>> À lire aussi: notre guide Autos neuves et Autos d’occasion (2015-2020) qui contient des centaines de véhicules

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