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Les virements électroniques, comment ça fonctionne?

Par Maxime Johnson Mise en ligne : 01 Août 2013 Yan Lanouette

Transfert dargent virements electroniques 101 Yan Lanouette

Que ce soit pour transmettre de l’argent aux membres de votre famille, payer votre plombier ou payer votre loyer, à peu près tout ce qui se faisait avant par chèque peut désormais être réglé par l’intermédiaire d’un ordinateur ou d’un téléphone cellulaire. Voici ce qu'il faut savoir sur Virement Interac, ING et Paypal.

Les virements électroniques de personne à personne et les transactions au moyen d’un portefeuille électronique constituent la catégorie de paiements qui croît le plus vite au Canada depuis 2008, indique l’Association canadienne des paiements.

«Les chèques cèdent de plus en plus la place à des moyens de transfert électronique plus pratiques», affirme Christie­ Christelis­, président de la firme de recherche ontarienne Technology­ Strategies International, qui a étudié les moyens de paiement dans le rapport Canadian Payments Forecast 2013.

Ainsi, il est par exemple maintenant possible d'utiliser le service Virement Interac, les virements ING Direct, les transferts d'argent par l'intermédiaire de PayPal ou d'autres portefeuilles électroniques. Et bien que les transferts d'argent électroniques ne sont pas encore légion, ils offrent enfin une alternative économique aux traditionnelles agences de transfert, qui continuent de charger trop cher.



Virement Interac mène le bal



Le service Virement Interac est l’une des solutions les plus utilisées au Québec et au Canada. Lancée en 2004, cette innovation a toutefois mis du temps à s’implanter, par manque de participants. «Ce service a réellement décollé depuis que de plus en plus de banques l’offrent, soit depuis trois ou quatre ans», explique Caroline Hubberstey, directrice des affaires publiques chez Interac, une association pancanadienne qui regroupe notamment des banques, des caisses populaires et des entreprises de technologies et de paiement.



Les virements Interac sont maintenant offerts par quelque 180 établissements financiers au pays, dont les grands joueurs au Québec: Banque de Montréal, Banque Royale, Banque Nationale, TD Canada Trust, Banque Scotia, CIBC, ING Direct­ et, depuis cet été, les Caisses Desjardins. La Banque Laurentienne devrait aussi offrir le service prochainement.

Pour envoyer de l’argent au moyen du service de virement Interac, vous devez avoir accès aux services bancaires en ligne ou mobiles de votre institution financière. Le destinataire des fonds doit aussi posséder un compte dans une banque canadienne, de même qu’une adresse courriel ou un numéro de cellulaire au moyen duquel il peut recevoir des messages texte.

 Dans le menu virement ou paiement de vos services bancaires en ligne, vous choisissez l’option virement Interac, puis vous entrez le nom, l’adresse courriel ou le numéro de cellulaire du destinataire, ainsi que le montant à virer et le compte à débiter.

Ensuite, vous entrez une question de sécurité à laquelle le destinataire sera en mesure de répondre, par exemple: « En quelle année nous sommes-nous rencontrés? » ou une question personnelle le concernant comme «Quel est le prénom de ton père ?». Enfin, vous suivez les instructions pour envoyer l’ordre de virement.



Le destinataire recevra un avis de virement par courriel ou par message texte. Pour conclure la transaction, il n’aura qu’à cliquer sur le lien reçu, ouvrir une session sur le site de son institution financière et répondre à la question de sécurité. Vous n’avez donc jamais à partager vos informations bancaires avec quiconque, puisque chaque utilisateur procède lui-même à partir du site de son institution.

C’est Interac qui fait le lien entre les deux établissements et entre les titulaires des comptes.

En théorie, le transfert des fonds peut prendre jusqu’à 30 minutes en raison des vérifications de sécurité. Mais dans les faits, «l’argent est souvent viré en cinq minutes», indique Éric Mac Nicoll­, directeur ingénierie des solutions d’affaires Internet et mobile chez Desjardins­. Trop beau pour être vrai? Pas du tout! Alors que d’autres pays utilisent depuis plusieurs années le paiement mobile et les virements électroniques, le Canada est finalement entré dans la danse. «C’était l’un des services les plus demandés par nos clients», note Éric Mac Nicoll.

Interac ne souhaite pas pour l’instant dévoiler les statistiques d’utilisation de ce service. Mais selon le rapport Canadian Payments Forecast 2013, de la firme de recherche ontarienne Technology­ Strategies International, 44 % des Canadiens ayant transféré de l’argent de façon électronique au cours des six mois précédant l’étude s’en seraient servi. Ce chiffre place Virement Interac en tête des moyens de transfert de fonds utilisés au pays de personne à personne, détrônant de peu les bons vieux chèques, qui récoltent toujours 39 %!



«Dès que les gens utilisent le service une première fois, ils réalisent qu’il peut servir à plusieurs fins», explique Caroline­ Hubberstey. Il est d’ailleurs possible de programmer des virements fixes récurrents. Ce service a toutefois des limites: le montant maximal pouvant être transféré varie selon les établissements, mais il correspond habituellement à la limite quotidienne de retraits et de paiements associée à votre carte de débit. Et les frais? Le service est généralement gratuit pour le destinataire. L’expéditeur de fonds paie de son côté l’équivalent d’une transaction au guichet automatique – de 1 à 2 $ environ –, à moins que son forfait mensuel n’inclue un nombre de virements Interac gratuits.



ING mise sur la gratuité



Depuis 2011, les titulaires d’un compte chèques [email protected] de la banque virtuelle ING Direct peuvent aussi envoyer de l’argent à n’importe qui ayant un compte dans une banque canadienne.

Étant donné que ce compte en ligne n’exige aucuns frais d’opération mensuels, les virements sont gratuits, tant pour l’expéditeur que pour le destinataire. Mais ce service ne fonctionne que par courriel (pas par message texte) et le délai de transfert est de un à deux jours. «C’est une bonne solution lorsqu’il n’y a pas urgence», explique Silvio Stroescu, chef des dépôts chez ING Direct.

Ces virements gratuits représentent 60 % des transferts effectués par les clients de cette banque, qui utilisent par ailleurs le service payant d’Interac moins souvent.

Pour l’instant, seule ING Direct offre un service de virement gratuit vers une autre institution. Toutefois, la plupart des autres établissements financiers proposent à leurs clients la possibilité de se transmettre sans frais de l’argent entre eux.



D'autres joueurs s'en mêlent



Une forte concurrence existe en matière de transferts de fonds. Des portefeuilles électroniques s’imposent comme une solution de rechange aux comptes en banque traditionnels. En tête de peloton: le géant américain PayPal, qui permet de transmettre gratuitement de l’argent à un autre utilisateur de ce portefeuille électronique, qui compte cinq millions d’abonnés au Canada. 

Les fonds virés peuvent alors être puisés de votre compte PayPal ou du compte bancaire qui y est lié.

«Nos utilisateurs aiment le fait qu’il est possible de transférer de l’argent à quelqu’un immédiatement, que ce soit en ligne ou au moyen de notre application mobile. Cela diminue le risque de ne pas être payé quand vient le temps de partager une facture, par exemple», explique le directeur de PayPal Canada, Darrell MacMullin.

 Contrairement aux virements Interac et à la solution gratuite d’ING Direct, services qui sont limités aux comptes canadiens, PayPal permet d’envoyer de l’argent à un autre de ses clients n’importe où dans le monde, cette fois moyennant certains frais variant de 0,5 à 2 % du montant, selon les destinations.

En croissance, mais...



Même si les transferts électroniques de fonds gagnent en popularité, ceux-ci demeurent marginaux comparativement à l’ensemble des moyens de paiement existants au Canada, comme les cartes de débit ou les cartes de crédit. «Leur augmentation annuelle de 40 % est impressionnante, mais le total qu’ils représentent reste infime», précise Geoffroi Montpetit, directeur des affaires publiques à l’Association canadienne des paiements.



Selon l’organisme, les virements de personne à personne ou à l’aide de portefeuilles électroniques ne constituaient que 0,1 % du total des transactions effectuées au Canada en 2011, loin derrière les paiements en espèces (46 %), par cartes de débit (16 %), par cartes de crédit (14 %) et même par chèques (4 %). «Les chèques demeurent populaires pour les paies, les gros montants et les paiements de factures, confirme Christie Christelis, président de la firme de recherche ontarienne Technology­ Strategies International. Bien qu’ils soient sur le déclin, ils ne disparaîtront pas complètement.»

Agences de transfert de fonds: trop cher!

Par l'équipe de Protégez-Vous

Le transfert d’argent ne date pas d’hier. Les agences comme Western Union ou MoneyGram le faisaient partout dans le monde bien avant l’arrivée d’Internet. Et elles continuent. Mais à quel prix pour ceux qui n'ont pas d'autres alternatives? «Ces agences demeurent surtout intéressantes lorsque l’expéditeur ou le receveur ne possède pas de compte bancaire», affirme Christie Christelis, président de la firme de recherche Technology Strategies International. 

Intéressantes, vraiment? Pas pour ceux qui en ont le plus besoin, soit les immigrants qui envoient de l’argent à leur famille restée dans leur pays d’origine, dénonce l’organisme Consumers International (CI). «Les consommateurs continuent souvent de payer des commissions supérieures à 10 %, voire 20 % [du montant transféré]», peut-on lire dans le rapport Le jeu de hasard des transferts de fonds: les dés sont-ils pipés? paru en 2012. Elles peuvent même dépasser 40 % pour les transferts entre deux pays d’Afrique.

Selon CI, si les frais sont exorbitants et varient d’un endroit à l’autre, c’est notamment parce qu’il manque de transparence dans l’affichage des prix. Le consommateur paie d’abord une commission pour transférer les fonds, puis, en réalité, il paie une seconde fois car le taux de change appliqué permet d’assurer un «bonus» à l’agence, qui n’est pas obligée de communiquer cette information au consommateur. Dans certains pays, les comptoirs de paiement facturent aussi des frais aux destinataires qui souhaitent récupérer les fonds, explique CI.

Un groupe de travail formé par la Banque mondiale cherche des façons de ramener à 5 % les frais maximaux. Un objectif qui semble timide aux yeux de CI, qui «appelle les gouvernements à travailler avec les organisations de consommateurs pour étudier la situation dans leur pays et, si nécessaire, prendre des mesures pour faire baisser les prix et soutenir les consommateurs».

Illustration: Yan Lanouette

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