Laissez-vous plus (ou moins) de pourboire que la moyenne des gens?

Par Stéphanie Perron Mise en ligne : 03 juillet 2017

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Êtes-vous pour ou contre le pourboire? En laissez-vous par peur d’avoir l’air radin? Combien donnent les consommateurs, en général? Nous avons posé la question à plus de 1 400 personnes.

Notre article sur les pourboires suscite de nombreuses réactions chaque fois que nous le mettons de l’avant sur notre site ou sur notre page Facebook. Histoire de mettre des chiffres et des pourcentages sur cette pratique qui ne laisse personne indifférent, Protégez-Vous a réalisé un grand sondage auprès de son panel de consommateurs.

La première chose que nous avons demandée à nos lecteurs est quelle définition leur vient en tête lorsque qu’ils pensent au mot «pourboire». Pour la plupart, il s’agit d’un geste de reconnaissance pour un service bien rendu (45 %). D’autres considèrent plutôt qu’il s’agit d’un geste de remerciement qui est devenu une obligation (34 %), d’un complément de revenu pour un salaire peu élevé (10 %), d’un supplément qui devrait être inclus dans le prix (7 %), d’un incitatif pour recevoir un meilleur service (2 %) ou aucune de ces réponses (2 %).

Malaise et confusion

En matière de pourboire, il n’existe pas de règles officielles. Le fait d’en laisser relève des conventions sociales, de la gratitude, voire même de la peur d’avoir l’air grippe-sou. Et on dira ce qu’on voudra, le pourboire a le don d’engendrer des situations inconfortables. À preuve, la moitié des répondants ont avoué qu’il leur arrivait d’en laisser uniquement par crainte d’avoir l’air radin!

Et cette peur de passer pour un pingre ne s’arrête pas là. Prenons la situation suivante: vous acquittez la facture d’un service qui, selon vous, ne requiert pas qu’on laisse un pourboire. Au moment de payer avec votre carte de crédit, vous constatez que le terminal de paiement affiche la mention «pourboire suggéré» de 10 ou 15 %. Allez-vous modifier le pourcentage? Selon notre sondage, à peine deux personnes sur dix oseraient le faire.

>> À lire aussi: À qui devrait-on laisser du pourboire... ou pas?

Vous avez l’habitude de refiler quelques billets de plus, uniquement par crainte d’affronter le regard réprobateur du serveur ou du coiffeur qui estime ne pas avoir reçu son dû? Sachez que 13 % des gens avouent que le fait de ne pas croiser le regard de l’employé avant de quitter les lieux influencera le montant qu’ils lui laisseront.

Laissez-vous plus (ou moins) de pourboire que la moyenne des gens?

Fréquence à laquelle les gens laissent du pourboire*

Toujours

Souvent

Parfois

Jamais

Serveur au restaurant

95 %

4 %

1 %

0 %

Serveur dans un buffet 

50 %

13 %

20 %

17 %

Caissier dans un resto pour emporter

10 %

12 %

28 %

49 %

Caissier dans un resto où on commande debout

10 %

13 %

30 %

47 %

Livreur de resto s’il y a des frais de livraison

60 %

11 %

14 %

14 %

Livreur de resto sans frais de livraison

90 %

7 %

3 %

1 %

Livreur d’épicerie

61 %

12 %

10 %

17 %

Coiffeur

83 %

7 %

6 %

4 %

Massothérapeute

30 %

8 %

11 %

51 %

Chiropraticien

1 %

0 %

1 %

97 %

Chauffeur de taxi

66 %

15 %

12 %

8 %

Esthéticienne

57 %

9 %

10 %

23 %

Femme de chambre

37 %

24 %

26 %

14 %

Toiletteur canin

29 %

8 %

9 %

53 %

*Les pourcentages ont été arrondis, raison pour laquelle certains totaux donnent 99 % ou 101 %.

Le pourboire au resto

Selon François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales à l’Association des restaurateurs du Québec, le pourboire devrait être laissé sur la base de la qualité du service reçu. Or, notre sondage montre qu’environ la moitié des gens remercie plutôt leur serveur en fonction de l’ensemble de l’expérience (comme l’ambiance et la qualité de la nourriture), alors que l’autre moitié le fait en fonction de la qualité du service.

Si le serveur a offert un service ni mauvais ni exceptionnel (mais conforme à ce qu’on s’attend), sept personnes sur dix laisseront 15 % ou plus. Et si le service était inférieur à ce qu’on s’attend à recevoir (sans toutefois avoir été exécrable), c’est deux personnes sur dix qui laisseront 15 % ou plus.

Parenthèse ici: à peine la moitié des consommateurs savent que lorsque le terminal de paiement permet d’indiquer le pourcentage qu’on veut laisser au serveur, le calcul se fait en incluant les taxes, faisant en sorte qu’un pourboire de 15 % correspond en réalité à 17 %.

>> À lire aussi: En voyage, dans quels pays donner du pourboire?

Vous avez l’habitude d’acheter des coupons de restaurant sur des sites d’achat groupé comme Groupon ou Tuango? Selon la spécialiste de l’étiquette que nous avions consultée pour notre article sur le pourboire, Julie Blais Comeau, le montant du pourboire devrait être calculé sur la valeur du service et non sur le prix du coupon. Mais qu’en pensent les consommateurs? Pour 62 % d’entre eux, on devrait effectivement calculer le montant selon la valeur du repas. Les autres croient soit qu’on devrait le faire en fonction du prix payé (11 %), soit en faisant une moyenne entre le prix payé et la valeur du repas (5 %), soit en calculant le montant d’une autre façon (4 %). Environ 18 % ignorent de quelle manière ils devraient le calculer.

Adieu pourboire?

Maintenant, «la» grande question: devrait-on abolir le pourboire et l’inclure dans le prix des services, quitte à augmenter les prix? Pour le tiers des répondants, la réponse est oui, et voici pourquoi:

  • Les salaires ne devraient pas être déterminés en tenant pour acquis qu’ils seront complétés par des pourboires: 49 %
  • Ce geste de reconnaissance est devenu une obligation: 28 %
  • Je n’ai pas à récompenser quelqu’un qui ne fait que son travail: 9 %
  • Les gens qui reçoivent du pourboire ne le déclarent pas toujours au fisc: 5 %
  • Autre raison: 9 %

Quant à ceux qui souhaitent qu’on continue à en donner, voici ce qu’ils en pensent:

  • Il est normal de remercier un employé qui nous a offert un bon service: 42 %
  • Le pourboire incite les travailleurs à offrir un meilleur service: 32 %
  • Le pourboire permet de compléter les salaires peu élevés: 15 %
  • Les gens qui font un travail exigeant ou stressant méritent de recevoir un pourboire: 6 %
  • Autre raison: 5 %

Le sondage a été mené entre le 12 avril et le 2 mai 2016 auprès de 1 454 répondants. La plupart d’entre eux (92 %) ont affirmé qu’ils ne recevaient pas de pourboire dans le cadre de leur travail.

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