Tout savoir sur la location de voiture en voyage
Avis, Entreprise, Hertz, Expedia… Les agences de location de véhicules sont nombreuses. Plusieurs précautions s’imposent pour éviter les mauvaises surprises lors d’une escapade motorisée à l’étranger.
Avant de réserver un véhicule
Munissez-vous des assurances nécessaires
Avant de prendre le volant
La location d’un véhicule peut être un bon moyen de découvrir de nouveaux endroits, surtout s’il est prévu que vous visitiez des lieux peu ou pas desservis par les transports publics. Cette méthode de déplacement peut aussi s’avérer économique si vous voyagez à plusieurs.
Dans les destinations touristiques, les agences de location sont nombreuses et, pour une même durée, le montant à débourser varie en fonction de l’entreprise choisie, de la catégorie de véhicule, du lieu de prise de possession et des équipements ajoutés, entre autres.
La Loi sur la protection du consommateur ne contient pas de dispositions particulières pour ce type de location à court terme. « Si le contrat est conclu à l’étranger, il faudra être d’autant plus vigilant que ce seront les lois du pays où le contrat est conclu qui s’appliqueront », prévient Charles Tanguay, porte-parole de l’Office de la protection du consommateur (OPC).
« Le domaine de la location de voiture est une véritable jungle; il faut constamment être sur ses gardes pour ne pas se faire dévorer », estime Pierre Bastien, de Laval, qui loue des voitures « au moins 2 fois par an depuis 12 ans ».
Voici donc les principaux préparatifs qui devraient vous permettre de prendre la route des vacances l’esprit tranquille.
Avant de réserver un véhicule
Sélectionnez le locateur
En plus des enseignes internationales (Avis, Budget, Hertz, etc.), plusieurs petites entreprises s’affichent sur les plateformes de location de véhicules telles que Booking.com, Expedia et DiscoverCars. « Il ne faut pas avoir peur des agences locales de votre destination, parce qu’il y a très souvent des économies substantielles à faire, affirme Jesse Caron, expert automobile à CAA-Québec. Prenez le temps de regarder les commentaires en ligne sur leurs services. »
Vérifiez si vous avez des rabais avec certaines enseignes par le biais de votre carte de crédit ou d’une association dont vous êtes membre. D’autres rabais peuvent s’appliquer si vous effectuez également des réservations de vols et d’hébergements sur une même plateforme ou auprès d’un agent de voyage.
Au-delà des tarifs, chaque locateur a ses conditions : âge minimal ou maximal des conducteurs, cautionnement requis ou non, annulation avec ou sans frais, kilométrage limité ou pas... Assurez-vous qu’elles vous conviennent.
Choisissez le type de véhicule
Il est presque impossible de réserver une marque ou un modèle précis. La plupart des locateurs ne s’engagent qu’à vous fournir un véhicule de la catégorie choisie : voiture (compacte, sport…), véhicule utilitaire sport (VUS), fourgonnette, etc. « Il y a quelques exceptions pour des modèles qui sortent de l’ordinaire, comme un Jeep Wrangler ou un Land Rover, souligne Jesse Caron. C’est alors clairement précisé. » Dans tous les cas, plus vous commencez à magasiner longtemps avant votre voyage, plus vous aurez de choix.
À votre arrivée, si aucun modèle de la catégorie réservée n’est disponible, l’agence vous en offrira souvent un de catégorie supérieure, sans frais supplémentaires… mais la consommation d’essence peut alors dépasser vos prévisions budgétaires. La location d’un véhicule hybride peut, par ailleurs, s’avérer économique, si les infrastructures le permettent.
Déterminez le lieu et le moment de prise de possession
De nombreux locateurs ont des comptoirs dans les aéroports, mais une telle facilité peut occasionner un surcoût allant jusqu’à 10 % du montant total de la location.
« Si la voiture n’est pas absolument requise à votre arrivée, prenez-en possession le lendemain, près de l’endroit où vous séjournez. En plus d’éviter une journée de location, le coût sera peut-être moindre, suggère Gaétan Poissant, de Sainte-Thérèse. Cette approche peut aussi s’appliquer au retour : rapportez la voiture à l’agence la veille de votre départ et utilisez un autre mode de transport pour vous rendre à l’aéroport. »
Si vous êtes tenté de faire affaire avec une entreprise qui fonctionne uniquement au moyen d’une application, sans comptoir de location physique, sachez qu’il pourrait s’avérer plus compliqué d’ajouter un service ou un accessoire supplémentaire une fois sur place, ou encore de procéder à des changements à votre réservation en cours de voyage.
Ajoutez les options (vraiment) nécessaires
Il est possible d’ajouter différents accessoires et services à votre contrat de location, moyennant des frais supplémentaires. Si certains se révèlent parfois incontournables – pensons à un conducteur additionnel ou à des chaînes à neige –, d’autres ont des solutions de rechange : vous procurer un siège pour enfant neuf sur place ou acheter une carte eSIM pour votre téléphone plutôt que de louer un GPS, par exemple. Quand une vignette ou un transpondeur (un dispositif fixé au pare-brise qui permet de payer les frais de péage sans s'arrêter) est requis pour certaines routes, l’achat direct peut être plus économique que la location… ou pas.
À supposer que vous prévoyiez traverser une frontière avec le véhicule, vérifiez si c’est une option payante, et surtout si c’est permis. « Ça fait partie des conditions d’utilisation et c’est indiqué assez clairement, relève Jesse Caron. Il peut aussi y avoir des zones du pays [de location] considérées comme plus à risque qui sont interdites. »
Vous serez pressé au retour? Il est possible de ramener le véhicule avec un réservoir vide, mais le carburant vous sera facturé à un prix plus élevé que si vous étiez passé préalablement à la station-service. Des agences offrent aussi l’option – pas nécessairement économique – de prépayer ce plein dès le départ. « Souvent, le prix du prépaiement est fixé pour tout un pays, mais le prix de l’essence varie d’une région à l’autre, donc c’est parfois meilleur marché que de faire le plein soi-même; ça vaut la peine de vérifier », mentionne Jesse Caron.
À lire aussi : Je voyage avec mon enfant ; est-ce que je peux installer son siège d’auto dans un véhicule à l’étranger ? et Comment choisir et utiliser une carte eSIM
L’agent de voyages, une protection supplémentaire
Si vous louez un véhicule par l’intermédiaire d’un agent de voyages qui est titulaire d’un permis de l’OPC, votre location sera couverte par le Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages (FICAV). Ce dernier permet un remboursement en cas de grève ou de catastrophe naturelle, entre autres. « Si votre vol est annulé parce que la compagnie aérienne se montre prudente – comme à Cuba ou à Puerto Vallarta récemment –, vous serez remboursé pour la location qui vous attendait à destination, alors qu’une assurance de carte de crédit ne paiera pas pour ça », illustre Moscou Côté, président de l’Association des agents de voyages du Québec (AAVQ).
À lire aussi : Comment fonctionne le Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages
Considérez d’autres solutions
- Achat-rachat
Vous prévoyez rouler durant au moins 17 jours en Europe? Dans plusieurs pays, il est possible d’acheter un véhicule neuf, puis de le revendre avant de rentrer. « Des compagnies françaises comme Citroën, Peugeot et Renault vous offrent de conduire une voiture flambant neuve avec toutes les assurances comprises, puis elles vous rachètent le véhicule », explique Moscou Côté, qui spécifie que seuls les agents de voyage peuvent offrir cette formule. Comme c’est le cas pour une location de vacances, le tarif est calculé en fonction du nombre de jours d’utilisation. « Ce n’est pas nécessairement économique, mais ça permet de choisir son modèle et d’éviter bien des soucis », ajoute Jesse Caron.
- Communauto
Vous êtes membre de ce service d’autopartage et vous partez vers une ville qu’il dessert en Ontario, en Alberta ou en Nouvelle-Écosse, ou même en France? Informez-vous sur la façon d’y utiliser votre abonnement québécois sans frais supplémentaires.
- Turo
La plateforme Turo, sur laquelle des particuliers louent des véhicules à d’autres personnes inscrites, est présente dans plusieurs villes canadiennes et dans certains pays, dont la France, l’Australie et le Royaume-Uni. Un service d’assistance routière est offert.
À lire aussi : Comparatif des services d'autopartage et de location d’auto
Munissez-vous des assurances nécessaires
Avant de conclure une réservation de véhicule, il vous faut à tout prix dresser la liste des assurances que vous souscrivez déjà, ainsi que de celles dont vous pourriez avoir besoin, car certaines s’achètent auprès du locateur. Dans tous les cas, ayez toujours à portée de main des copies papier de vos différents contrats d’assurance, en français et en anglais.
- Une assurance en cas de dommages corporels
En cas d’accident de la route, que vous soyez responsable ou non, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) vous indemnisera pour vos dommages corporels survenus partout dans le monde. À votre retour, vous pourrez aussi réclamer les indemnités auxquelles vous avez droit en vertu du régime public d’assurance automobile du Québec, pourvu que votre séjour n’ait pas dépassé six mois.
En revanche, dès que vous sortez de la province, il est recommandé de souscrire une assurance médico-hospitalière, afin de couvrir les frais qui ne sont pas pris en charge par la Régie de l’assurance maladie du Québec. Vérifiez si vous en bénéficiez déjà par le biais d’une assurance collective ou de votre carte de crédit, et, le cas échéant, si les conditions conviennent à votre situation. Sinon, contractez une assurance de soin de santé d’urgence.
- Une assurance en cas de dommages corporels causés à autrui
Les dommages corporels que vous pourriez causer à autrui hors du Québec ne relèvent pas de la SAAQ, mais plutôt de votre assurance responsabilité civile. Celle qui est rattachée à l’assurance auto a une couverture minimale obligatoire de 50 000 $ dans la province; il est recommandé de l’augmenter à 2 millions de dollars avant un voyage. « Cette assurance couvre les dommages corporels que vous causez à des personnes, mais aussi les dommages à la propriété privée et publique, donc ça monte vite », fait remarquer Jesse Caron, de CAA-Québec.
« La police de l’automobiliste québécois ne s’applique pas si on est au Mexique, en Europe ou en Asie », rappelle par ailleurs Carlos Melo, responsable des affaires techniques au Bureau d’assurance du Canada (BAC).
En théorie, au Québec, quelqu’un qui n’a pas d’assurance auto devrait souscrire une police F.P.Q. No 2 pour obtenir une assurance responsabilité civile substantielle. Or, selon nos intervenants, aucun assureur ne la propose. L’assurance habitation comprend aussi une assurance responsabilité civile dont vous pouvez augmenter le montant. Vous n’en avez pas? Prenez celle de l’agence de location.
Sachez également que, si vous êtes impliqué dans un accident lors duquel des personnes sont blessées ou décèdent, vous ne bénéficiez pas du système de responsabilité sans égard à la faute (no fault, en anglais) qui a cours au Québec. Vous serez alors soumis aux règles en vigueur sur les lieux de l’accident et, dans plusieurs pays, vous devrez probablement demeurer sur place le temps des procédures judiciaires.
- Une assurance en cas de dégâts matériels
L’assurance collision couvre le coût des dommages qui sont causés au véhicule de location, même si vous êtes responsable de l’accident. Pour le Canada et les États-Unis, demandez à votre assureur d’ajouter l’avenant F.A.Q. 27 (dommages aux véhicules dont l’assuré n’est pas propriétaire) à votre police. N’oubliez pas d’y indiquer les noms de tous les conducteurs, au besoin. Le BAC vous suggère aussi de vérifier si les protections sont adéquates pour le modèle loué, car ce sont les mêmes dont vous disposez pour votre propre véhicule.
Dans le reste du monde, vérifiez si votre carte de crédit vous offre une assurance collision pour une location que vous paieriez avec cette carte, et sous quelles conditions. Vous devez refuser l’exonération en cas de dommage par collision (EDC) que vous proposera le locateur, pour que l’assurance dommages de votre carte soit valide. En effet, l’assurance pourrait ne pas s’appliquer si vous oubliez d’inscrire ce refus dans le contrat de location.
Votre carte de crédit n’offre pas cette possibilité? Autant le BAC que CAA-Québec vous recommandent alors de souscrire l’assurance collision du locateur.
À lire aussi : Bien s’assurer pour un voyage… au Canada
Avant de prendre le volant
Inspectez minutieusement le véhicule
À la prise de possession du véhicule, prenez le temps de l’inspecter et de documenter les dommages apparents, de même que les éléments manquants. N’oubliez pas de jeter un coup d’œil au toit, aux revêtements intérieurs et sous le châssis. « Je recommande de prendre une vidéo complète, ou plusieurs photos – incluant le numéro de série –, lors de la prise de possession et au retour, surtout si vous retournez le véhicule lorsque la succursale est fermée », insiste Josée Arbour, de Saint-Augustin-de-Desmaures, qui a ainsi pu contester avec succès des frais de dommages facturés par un locateur.
Attardez-vous également à la pression des pneus, ainsi qu’à leur usure apparente, pneu de secours y compris. « Pour une location de plusieurs semaines, certains contrats de location attribuent au conducteur la responsabilité de différents éléments, dont les pneus », note Jesse Caron. Mieux vaut donc aviser rapidement le locateur de problèmes potentiels.
Ayez le permis nécessaire
Le permis de conduire québécois est valide au Canada et aux États-Unis, entre autres. Cela dit, dans une centaine de pays, il doit absolument être accompagné d’un permis de conduire international (PCI), soit sa traduction officielle en une dizaine de langues. Pour en obtenir un, vous devez faire une demande à CAA-Québec, en personne ou par la poste, et débourser une trentaine de dollars. Ce document est valable un an à compter de sa date de délivrance.
Pour savoir si le PCI est reconnu, ou même nécessaire, à votre destination, consultez la rubrique « Conduite automobile » (sous « Lois et coutumes ») des Conseils aux voyageurs et avertissements par destination du gouvernement canadien pour ce pays. Vous y apprendrez, par exemple, que pour conduire au Vietnam, « [v]ous devez détenir un permis de conduire vietnamien valide » et qu’il vous faut communiquer avec le ministère des Transports local. « Pour plusieurs destinations, le mieux est d’en parler avec un agent de voyages, qui pourra vous expliquer les règles », soutient Moscou Côté, président de l’AAVQ.
Familiarisez-vous avec les lois et la signalisation
Les lois en matière de conduite et de sécurité routière varient d’un pays – et parfois même d’une région – à l’autre. Il est donc essentiel de les étudier avant de partir. Même chose pour la signalisation, surtout en dehors de l’Amérique du Nord. « Conduire dans des endroits qui n’ont pas du tout les mêmes codes de conduite “non écrits” auxquels on est habitué, ça peut être une aventure! » fait valoir Jesse Caron.
En cas d’accident, communiquez immédiatement avec l’assistance routière de la compagnie de location; son personnel vous guidera à travers les étapes à suivre. Quant aux infractions routières (interdiction de stationnement, excès de vitesse, etc.), sachez qu’elles pourraient vous être signalées par la poste… longtemps après votre retour!
À ne pas oublier au retour
- Faites le plein d’essence (à moins d’autres directives inscrites au contrat).
- Inspectez attentivement le véhicule (gardez des preuves en images).
- Suivez les instructions pour la remise du véhicule et des clés.
- Soyez à l’heure! Les frais de retard sont souvent élevés.
Ce texte a d’abord été publié en mai 2016 par Julien Amado. Une mise à jour complète a été faite en mars 2026.