Ottawa et plusieurs provinces songent à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans
Préoccupés par les impacts des réseaux sociaux sur les enfants et les adolescents, plusieurs pays songent à instaurer un âge minimum pour y avoir accès. L’idée fait aussi son chemin à Ottawa, ainsi qu’au niveau provincial au Québec, au Manitoba, en Saskatchewan et en Ontario. État des lieux.
Les discussions autour de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans prennent de l’ampleur au pays. À la mi-avril, quelques jours après que les militants du Parti libéral Canada (PLC) ont eu voté en faveur d’une résolution en ce sens à leur congrès, le ministre de la Culture Marc Miller a affirmé qu’Ottawa envisage « très sérieusement » une telle interdiction, sans toutefois s’avancer sur les détails.
Quelques jours plus tard, un groupe de professionnels québécois des technologies, du capital de risque et du marketing baptisé AgeStandard a lancé une pétition en ligne « pour que le Canada protège ses moins de 16 ans des réseaux sociaux », entre autres en adoptant une loi imposant aux plateformes le recours à un outil technologique pour estimer l’âge des utilisateurs.
Cette estimation devra être réalisée par des fournisseurs tiers indépendants des plateformes, selon le groupe de parents. « C’est la condition pour que la loi tienne. Laisser TikTok ou Meta évaluer l’âge de leurs propres utilisateurs, c’est demander à un fabricant de cigarettes de vérifier lui-même l’âge de ses jeunes clients », expliquent-ils dans une lettre ouverte.
« Personne ne contesterait l’idée de vérifier l’âge d’un adolescent avant de lui vendre de l’alcool. Nous demandons la même chose pour des plateformes dont les concepteurs savaient, et écrivaient dans leurs propres notes internes qu’elles rendaient des enfants malades », poursuivent-ils en faisant référence au récent jugement américain statuant qu’Instagram et YouTube ont conçu des produits délibérément addictifs pour les enfants.
Des réflexions provinciales
Au Québec, la Commission spéciale sur les impacts des écrans et des réseaux sociaux sur la santé et le développement des jeunes a recommandé en mai 2025 que « le gouvernement [provincial] mette en place une majorité numérique interdisant l’inscription et l’accès aux réseaux sociaux avant l’âge de 14 ans sans le consentement de son tuteur légal ». Pour l’instant, rien de tel ne semble à l’agenda des élus.
Du côté de la Saskatchewan, le premier ministre Scott Moe a déclaré à la fin mars prévoir lancer sous peu une consultation au sujet de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans dans sa province.
Un mois plus tard, le premier ministre Wab Kinew a annoncé que le Manitoba souhaite devenir la première province à interdire aux enfants l’utilisation des réseaux sociaux et des agents conversationnels basés sur l’intelligence artificielle (IA). Sur ce dernier point, il rejoint les militants du PLC, qui ont aussi approuvé une résolution en ce sens à leur récent congrès.
Fin avril, c’était au tour du ministre de l’Éducation de l’Ontario, Paul Calandra, de révéler que sa province envisage l’interdiction des réseaux sociaux jusqu’à un certain âge. L’interdiction des téléphones portables dans les écoles de l’Ontario est également considérée.
De nombreux pays y travaillent
Les réflexions autour de l’âge d’accès aux réseaux sociaux ne sont pas l’apanage du Canada. Les pays qui légifèrent sur cette question sont de plus en plus nombreux.
L’Australie a été le premier à le faire en décembre 2025 en interdisant les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. La Turquie (15 ans) et l’Indonésie ont rapidement suivi.
Or, une enquête en ligne récemment publiée montre que les jeunes Australiens les utilisent encore beaucoup. D’après la Molly Rose Foundation, 61 % des adolescents de 12 à 15 ans interrogés qui possédaient un compte sur les plateformes visées avant l’entrée en vigueur de la loi ont encore accès à au moins une d’entre elles. D’ailleurs, près des deux tiers des jeunes utilisateurs des différentes plateformes (64 % pour YouTube, 61 % pour Snapchat, 60 % pour Instagram et pour TikTok) affirment que celles-ci n’ont pris « aucune mesure » pour supprimer ou désactiver leurs comptes.
Des constats qui seront sans doute pris en compte dans les pays où des projets de loi concernant l’accès aux réseaux sociaux pour les adolescents ont été déposés ou sont en voie de l’être : la Norvège, le Portugal, l’Autriche, la Grèce, le Danemark, la France, l’Espagne, l’Italie, la Pologne, la Slovénie et la Malaisie. Dans la plupart des cas, les gouvernements veulent rendre les plateformes responsables de la vérification de l’âge de leurs utilisateurs.
Une consultation est également en cours au Mexique en vue de déposer des propositions de régulation dans les prochains mois. Même chose en Grande-Bretagne, où l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans a été rejetée en mars par une majorité de députés. Ceux-ci préfèrent attendre les conclusions d’une consultation et d’un projet pilote portant sur 300 adolescents britanniques pour légiférer.
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