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Étudiants: 5 conseils pour utiliser l'IA sans tricher

Par Laurent Fontaine
Étudiants: 5 conseils pour utiliser l'IA sans tricher Father - Studio/Shutterstock.com

Un tiers des étudiants en postsecondaire au Québec concèdent qu’ils utilisent l’intelligence artificielle de manière contraire à ce que permet leur institution. Comment tirer profit des nouveaux outils sans être accusé d’un usage abusif ?

Selon le sondage exclusif SOM diffusé par Radio-Canada sur l’utilisation de l’intelligence artificielle en milieu étudiant au Québec, une large majorité d’étudiants (76 %) disent avoir déjà utilisé un outil d’IA générative dans un contexte scolaire, que ce soit pour réviser un texte, trouver des idées ou comprendre une notion complexe. Mais un tiers d’entre eux (31 %) indiquent avoir utilisé des outils comme ChatGPT, Gemini ou Claude en dehors des normes établies au cégep ou à l’université. « Le feu est pris », déclare Benoît Lacoursière, le président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), dans le récit numérique que Radio-Canada a consacré à cette situation

Même si des outils comme ZeroGPT, Compilatio ou Winston AI permettent de détecter l’usage d’un outil d’intelligence artificielle dans la conception d’un document, leur précision est loin d’être absolue… Et il existe leur contraire, des « humaniseurs » de textes (Humanizer.org ou Rewritify) pour proposer des modifications à des documents afin qu’ils n’aient pas l’air d’avoir été créés par une machine… même s’ils l’ont été !

Selon le sondage mené par SOM, 12 % des étudiants disent avoir été accusés d’utiliser l’IA de manière non conforme aux règlements de leurs institutions, et 4 % ont été sanctionnés.

Pour certains, les sanctions étaient justifiées. Pour d’autres, il est difficile de se justifier avec des outils IA qui brouillent les cartes! Voici les conseils de Charles Bilodeau, professeur adjoint à l’École des sciences infirmières de la faculté de médecine et des soins de la santé (FMSS) de l’Université de Sherbrooke, qui s’intéresse depuis longtemps à ces questions.

1. Respectez les consignes

Le premier réflexe est de vérifier ce qui est permis ou non dans un cours. Les règles varient énormément d’un enseignant à l’autre : certains acceptent de la correction linguistique ou de la mise en page seulement, alors que d’autres autorisent une utilisation plus large. « Avant de remettre un travail, insiste le professeur, mieux vaut poser la question clairement plutôt que de présumer la réponse. »

2. Déclarez l’usage de l’IA

Plus que jamais, la transparence est devenue « la » norme pour indiquer par quel chemin est passé un texte ou un travail. Mentionner l’outil utilisé, le type d’aide reçue et la manière dont l’information a été retravaillée permet d’éviter les malentendus. « Cette déclaration peut prendre la forme d’une simple note dans le travail ou d’un formulaire exigé par l’institution, l’important est de ne pas laisser planer le doute », appuie Charles Bilodeau. D’année en année, certains enseignants remarquent des changements soudains de vocabulaire ou de style chez les étudiants : « Des termes comme “nonobstant” surgissent dans des copies étudiantes là où ils étaient auparavant absents », illustre-t-il.

3. L’IA agit comme un compagnon, pas comme un remplaçant

Pour Charles Bilodeau, l’IA doit agir comme un « compagnon cognitif » : « Elle peut agir comme un tuteur numérique et aider de nombreux étudiants, à condition de l’utiliser comme il faut. ».

Il compare l’outil à un ami à qui l’on demanderait conseil : on peut discuter, confronter des idées, explorer des pistes, mais on ne le laisse pas prendre la décision à notre place. La machine ne remplace pas l’effort intellectuel personnel.

4. Gardez l’esprit critique

Au même titre qu’un site web ou un article scientifique, l’IA est une source d’information parmi d’autres : elle peut se tromper, présenter des biais, inventer des références… Les étudiants doivent donc vérifier les faits, croiser les sources et évaluer la crédibilité des informations obtenues. « La rapidité d’accès — presque instantanée — ne doit pas nous faire oublier la rigueur intellectuelle », rappelle celui qui est aussi chercheur au Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS).

5. Maîtrisez le contenu, conservez des traces

Garder les requêtes formulées, les versions préliminaires et les échanges avec l’outil peut s’avérer utile pour démontrer son cheminement en cas de questionnement d’un professeur. « L’IA oblige à revoir nos processus d’évaluation, indique Charles Bilodeau : de plus en plus d’enseignants incluent des présentations orales ou des périodes de questions pour évaluer si un étudiant peut expliquer et défendre son propre travail. » Ça va toujours mieux si ce dernier peut le faire…

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