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Perte de poids : il n’y a pas de produit ou de diète miracles

Par Céline Montpetit
produits-perte-poids VGstockstudio/Shutterstock.com

Vous n’aimez pas votre silhouette ou vous jugez que vous avez un surplus de poids? Les diètes et les produits amaigrissants risquent de vous faire plus de tort que de bien.

À l’adolescence, lorsqu’elle n’allait pas bien, Karen « mangeait [ses] émotions ». Quand elle a vécu sa première peine d’amour, elle a pris une dizaine de kilos en très peu de temps. « J’avais un grand vide intérieur et je le remplissais avec de la nourriture », nous a-t-elle avoué.

Pour maigrir, elle s’est mise à faire beaucoup de sport et elle a commencé à consommer des produits de « gestion du poids » Herbalife. Puis, ne se trouvant jamais assez mince, elle a développé des troubles alimentaires : l’anorexie et la boulimie. Il lui a fallu des années de thérapie pour s’en sortir.

Si vous désirez perdre du poids, sachez que les diètes restrictives et les produits amaigrissants comme les coupe-faim, les brûleurs de graisse ou les substituts de repas qui vous promettent de perdre du poids rapidement et sans effort sont déconseillés par les experts de la santé.

Karine Gravel, nutritionniste et docteure en nutrition, est catégorique : vous priver constamment de nourriture en suivant une diète ou consommer des produits amaigrissants ne vous fera pas perdre de poids de façon durable. D’ailleurs, selon l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), de 85 à 95 % des personnes reprennent le poids perdu dans les cinq années qui suivent un régime amaigrissant.

« Certains produits comme les thés amaigrissants vont entraîner une légère perte de poids sur la balance, mais dans les faits, vous perdez de l’eau et non du gras », donne en exemple Karine Gravel.

Pour plusieurs raisons, entretenir une préoccupation excessive à l’égard de votre poids et être constamment au régime peut avoir des conséquences sur votre santé physique et mentale.

  • Cela vous fait vivre des échecs à répétition, parce que, en règle générale, les gens essaient plusieurs fois. Karine Gravel a même des patientes qui essaient de perdre du poids depuis 30 ans !  « Les patientes se sentent constamment coupables de ne pas réussir. Or, le problème, ce n’est pas leur manque de volonté; c’est la méthode de privation qui ne marche pas », nuance-t-elle.  
  • Être constamment en train de surveiller votre poids augmente l’insatisfaction que vous pouvez avoir à l’égard de votre corps et diminue votre estime de vous-même à force de vous sentir perpétuellement inadéquate ou inadéquat, pas belle ou pas beau, etc.
  • À long terme, cela peut mener à des troubles alimentaires.  
  • Sur le plan physique, vous priver d’aliments ou ne pas manger assez peut entraîner de la fatigue ainsi qu’un manque d’énergie, en plus de provoquer un déficit calorique, car les besoins nutritionnels ne sont alors pas comblés.  
  • Finalement, les suppléments peuvent interagir avec certains médicaments vendus sous ordonnance.

Comment maintenir un poids santé

Il n’y a pas de solution miracle : selon les nutritionnistes, il faut d’abord manger à votre faim. Pour cela, il faut distinguer la faim de votre envie de manger et écouter vos signaux de satiété. C’est un travail d’observation, de prise de conscience. Cela peut paraître simple mais ne l’est pas, et parfois, l’aide d’un professionnel ou d’une professionnelle de la santé – comme une nutritionniste – peut se révéler nécessaire.

Vous mangez trop? Identifiez les raisons qui vous poussent à continuer de manger même quand vous n’avez plus faim.  Est-ce parce que vous êtes triste ou anxieux? C’est de ce côté-là qu’il faut mettre vos efforts, plutôt que suivre des diètes ou consommer des produits amaigrissants.

Finalement, il faut le plus possible bouger et manger sainement, en respectant les proportions recommandées par le Guide alimentaire canadien. En gros, la moitié de votre assiette devrait être constituée de légumes et de fruits; un quart, de grains entiers; et l’autre quart, de protéines. Par ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé recommande au moins 150 minutes par semaine d’activité à intensité modérée, ou au moins 75 minutes par semaine d’activité soutenue. 

Karine Gravel est d’avis que les gens devraient être mieux sensibilisés à la notion de « poids naturel » : « C’est le poids que nous avons quand nos habitudes de vie sont relativement bonnes », explique-t-elle. Cela est plus réaliste que de vouloir correspondre à un idéal inatteignable. En outre, peu importe les efforts que vous y mettrez, il y a des facteurs sur lesquels vous n’avez pas de pouvoir et qui influencent votre poids, notamment votre génétique, votre âge et le fait d’être un homme ou une femme.  

Industrie de la minceur : la loi vous protège

« Perdez 30 livres en 30 jours », « perdez du poids de façon permanente »… La Loi sur la protection du consommateur (LPC) veille à vous prémunir contre ce type de promesses irréalistes qui pullulent sur le Web et sur les emballages de produits vendus dans les pharmacies, les boutiques spécialisées et d’autres commerces.

En effet, un commerçant ou un fabricant qui garantit des résultats a l’obligation de remplir sa promesse; il doit être capable de justifier les arguments promotionnels qu’il utilise, entre autres. Par exemple, il s’expose à des amendes et/ou à des poursuites s’il allègue que l’efficacité de son produit a été scientifiquement prouvée et que c’est faux, ou encore s’il prétend que son produit a été approuvé par un médecin et que ce n’est pas vrai.   

De plus, la LPC oblige les commerçants à ne pas omettre de préciser des faits importants. Un exemple parmi tant d’autres : si, pour perdre 10 kilos (22 livres) en un mois, il faut non seulement prendre les pilules, mais aussi suivre une diète sévère et faire cinq heures d’exercice intensif par semaine.  

À supposer que, après avoir acheté un tel produit, vous considériez avoir été floué, exigez un remboursement. En cas de refus, communiquez avec l’Office de la protection du consommateur (OPC), qui vous accompagnera dans vos démarches. « Vous pourriez également tenir une entreprise responsable de dommages moraux ou de problèmes de santé occasionnés par la prise de tels produits », ajoute Charles Tanguay, porte-parole de l’OPC. Cela vaut aussi pour tout ce qui concerne les PSMA, c’est-à-dire les produits, services ou moyens amaigrissants tels que les programmes de perte de poids, comme ceux que proposent les centres de santé minceur, ou encore des séances d’hypnose. 

Prenez garde, aussi, aux offres d’échantillons de produits gratuits sur Internet. « Souvent, les gens commandent l’échantillon et donnent leur numéro de carte de crédit pour payer les frais de livraison de 5 ou 10 $, illustre Charles Tanguay. Certaines entreprises continuent de les facturer mois après mois, sans que ces personnes ne s’en rendent compte. Quand elles le réalisent, il est trop tard pour se faire rembourser. » Si vous succombez à ce genre d’offre, assurez-vous de vérifier vos relevés de carte de crédit chaque mois. Vous constatez qu’on vous a facturé un montant à votre insu? Communiquez rapidement avec l’émetteur de votre carte de crédit pour demander une rétrofacturation.

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