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Les aliments riches en sodium, gras saturés et sucres mieux identifiés… dans 4 ans!

Par Karl Rettino-Parazelli
aliments-riches-sodium Khairil Azhar Junos/Shutterstock.com

Une nouvelle étiquette devra être affichée sur le devant des emballages des aliments ayant une forte teneur en sodium, en gras saturés et en sucre vendus au Canada au plus tard le 1er janvier 2026.

Santé Canada a dévoilé à la fin du mois de juin la version finale d’un règlement dont le but est d’aider les Canadiens à «faire des choix plus éclairés en matière d’alimentation». Concrètement, vous verrez apparaître un logo rectangulaire noir et blanc avec un symbole de loupe, qui vous indiquera si l’aliment que vous avez entre les mains a une teneur élevée en sodium, en gras saturés ou en sucre – ou une combinaison de ces trois nutriments. Apposée sur le devant de l’emballage, cette nouvelle étiquette s’ajoutera au tableau de valeur nutritionnelle.

logos-gras-sodium - Source: Santé Canada
produits-logos - Source: Santé Canada

Règles variables et exemptions

Les règles s’appliqueront différemment selon le type de produit. Les aliments préemballés, comme les charcuteries, les soupes ou les desserts glacés, devront afficher la nouvelle étiquette s’ils atteignent ou dépassent 15 % de la valeur quotidienne recommandée pour les trois nutriments. Ce seuil est abaissé à 10 % pour les aliments qu’on consomme en petite quantité, comme les cornichons, les biscuits ou les céréales, et s’élève à 30 % pour les plats principaux préemballés, comme les lasagnes et pizzas surgelées.

Certains produits sont cependant exemptés. C’est notamment le cas des fruits et des légumes sous toutes leurs formes, des œufs et du lait (entier et à 2 %), qui présentent, selon Santé Canada, «un avantage reconnu pour la protection de la santé». Les fromages et les yogourts qui contiennent suffisamment de calcium sont également exemptés.

Vous ne verrez pas d’étiquette sur les pièces de viande ou les poissons entiers à un seul ingrédient, pas plus que sur la viande hachée. Celle-ci ne faisait pas partie des exemptions prévues dans la première version du règlement, mais Santé Canada a rectifié le tir, notamment sous la pression de l’Association canadienne des éleveurs de bovins.

Le gouvernement fédéral a finalement adhéré à l’argument voulant qu’une étiquette sur les viandes et les volailles hachées, et non sur les coupes de viande entières, ferait croire à tort que les coupes entières sont plus saines que la viande hachée. Sans compter qu’une fois cuite, la viande hachée voit sa teneur en gras diminuer fortement.

Finalement, pas d’étiquette noir et blanc sur les aliments où le symbole serait «redondant», comme le sirop d’érable, le sel de table et le beurre, par exemple.

«Dans la bonne direction»

Le gouvernement fédéral justifie l’instauration d’une nouvelle étiquette en soulignant qu’«une alimentation élevée en gras saturés, en sucres et en sodium est un facteur de risque majeur pour l’obésité, les maladies du cœur et le diabète».

Il s’agit d’un «pas dans la bonne direction», selon Janusz Kaczorowski, professeur de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal spécialisé en prévention et en gestion des maladies chroniques. «Ce n’est pas une solution miracle et ça ne va pas régler tous les problèmes alimentaires au Canada, dit-il. Mais des données probantes nous disent que l’étiquetage devrait avoir un impact sur le comportement des consommateurs.»

Dans son argumentaire, Ottawa évoque l’exemple du Chili, où les aliments achetés par les ménages contenaient 37 % moins de sodium et 27 % moins de sucre après l’adoption d’un système d’étiquetage sur le devant des emballages.

Janusz Kaczorowski juge cependant que la version finale du règlement canadien est «assez timide». Il aurait par exemple préféré une étiquette utilisant un code de couleur – comme le «Nutri-score» européen, avec son échelle à cinq niveaux, de A à E et du vert au rouge – et souhaiterait qu’Ottawa mette en place une politique nationale de réduction du sodium.

«Je pense qu’il est important qu’on ait une politique fédérale qui ne repose pas seulement sur l’éducation et la responsabilité individuelle des consommateurs. Il faut que le gouvernement s’assure que les aliments offerts aux Canadiens soient non seulement sécuritaires, mais également bons pour la santé», explique-t-il.

Le Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ) juge pour sa part que le tableau de valeur nutritionnelle fournit déjà suffisamment d’informations pour éclairer le consommateur. Selon la vice-présidente en progrès en alimentation et développement durable au CTAQ, Annick Van Campenhout, la nouvelle étiquette ne fournira qu’une information «extrêmement parcellaire» sur la teneur en sel, en gras ou en sucre, et les seuils établis par Santé Canada sont «arbitraires».

«On aurait préféré quelque chose de beaucoup plus éducatif et informatif», souligne-t-elle, en évoquant elle aussi le «Nutri-score». Les transformateurs vont se conformer à l’étiquetage, selon elle, mais le CTAQ va «talonner» Santé Canada pour connaître l’impact de la nouvelle réglementation sur les habitudes de consommation et, ultimement, la santé des Canadiens.

>> À lire aussi: Produits sans OGM, gluten, gras trans, etc.: comment s’y retrouver et Comment comprendre les étiquettes alimentaires

 

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