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Des aliments surgelés « testés pour les résidus de pesticides », ça veut dire quoi ?

Par Johanne David
pois-congeles

Au rayon des surgelés, vous apercevez un sac de petits pois d’une grande marque portant la mention « testés pour les résidus de pesticides ». Est-ce que ça vaut le coup de les acheter ou est-ce aussi bien de garder votre marque maison?

L’étiquette « testé pour les résidus de pesticides » se retrouve déjà sur certains emballages de petits fruits surgelés et, plus récemment, on l’a vu apparaître sur des sacs de légumes surgelés. Pour le consommateur, est-ce que ça vaut le coup?

Respect des normes en vigueur

Les fruits et les légumes « testés pour les résidus de pesticides » sont cultivés selon des méthodes d’agriculture traditionnelle, mais sont soumis à des analyses visant la détection de résidus de pesticides. Qu’il s’agisse de bleuets ou de maïs sucré surgelés, l’entreprise qui appose une étiquette « testé pour les résidus de pesticides » doit faire la démonstration scientifique, notamment par des tests de laboratoire, qu’aucun des pesticides testés n’a été détecté sur le produit au-delà des limites de quantification.

Cela signifie que l’entreprise doit respecter les normes en vigueur concernant les limites maximales de résidus (LMR) de pesticides réglementées en vertu de la Loi sur les produits antiparasitaires. La LMR est la concentration de résidus d’un pesticide donné sur un aliment donné, jugée sécuritaire pour la santé humaine. Les résidus sont les petites quantités qui pourraient rester après l’utilisation d’un pesticide dans le champ au moment de la récolte. En général, il s’agit de quantités infimes qui se comptent en parties par million.

Tous les producteurs agricoles canadiens de fruits et de légumes frais sont assujettis à ces normes fédérales.

Sans pesticides, mais pas bio

Sans pesticides ne veut donc pas dire bio. L’agriculture traditionnelle a recours aux pesticides, alors que la culture biologique interdit l’usage des pesticides synthétiques. Un agriculteur bio peut cependant utiliser des pesticides naturels. L’agriculture bio interdit aussi le recours aux engrais chimiques de synthèse, aux OGM, aux antibiotiques et aux hormones de croissance.

«Le bio va au-delà du ‘‘SANS’’ pesticides. L’approche biologique, c’est une approche qui commence bien avant les semences, qui se fait à partir d’un sol qui est sain. Ce n’est pas une approche qui se limite au SANS», tient à préciser Pascale Tremblay, PDG du Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV), un organisme lié au MAPAQ.

Appellation versus allégation

Le biologique est une appellation réservée, encadrée par une loi, qui réfère à un mode de production. Elle répond à un cahier des charges et un plan de contrôle qui est appliqué par un organisme de certification accrédité par le CARTV. Au final, c’est le producteur, le certificateur et le Conseil qui fait que le consommateur est protégé lorsqu’il achète un produit ; c’est un gage d’authenticité.

Dans le cas de la mention « testé pour les résidus de pesticides », il s’agit d’une allégation, et cette allégation est volontaire. Elle donne des renseignements sur la façon dont les produits sont cultivés, manipulés, ou encore fabriqués. Lorsque ces allégations sont utilisées par des entreprises, elles doivent être véridiques et non trompeuses pour les consommateurs. Ici, l’allégation « testé pour les résidus de pesticides » doit faire la démonstration scientifique que le produit respecte les LMR pour les pesticides testés.

«Le consommateur se soucie de plus en plus de la provenance des produits qu’il achète. Cette étiquette ‘‘testé pour les résidus de pesticides’’ le rassure. Pour l’entreprise, c’est un positionnement marketing », explique Rémy Lambert, professeur d’économie agroalimentaire à l’Université Laval et spécialiste des appellations réservées.

Surveillance et échantillonnage

Les LMR pouvant se retrouver dans les aliments sont établis par Santé Canada et c’est l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) qui surveille la présence de résidus de pesticides dans les aliments, par le biais de son Programme national de surveillance des résidus chimiques, et détermine la conformité des produits aux LMR.

Au provincial, c’est le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), qui applique son Plan de surveillance des résidus de pesticides dans les fruits et légumes frais vendus au Québec et ce, en étroite collaboration avec l’ACIA.

«L’échantillonnage, tant au niveau fédéral que provincial, se fait de manière aléatoire dans les centres de distribution (fédéral-provincial) et dans les commerces au détail et chez les producteurs québécois (au provincial), selon des plans conformes aux principes du Codex Alimentarius (ligne directrice internationale)», explique Jessica Blackburn, chargée des relations de presse et des réseaux sociaux à l’Union des producteurs agricoles.

Pas systématiquement visités, mais bon taux de conformité

«Plus de 500 résidus de pesticides et composés de dégradation sont analysés dans près de 1000 échantillons annuellement par le Laboratoire d’expertise et d’analyses alimentaires. Les activités de surveillance des résidus de pesticides effectuées au MAPAQ au cours des 10 dernières années (2009-2019), dans les fruits et les légumes frais, démontrent un taux de conformité très élevé (de l’ordre de 97 %) », a expliqué le MAPAQ par courriel. Mais bien que le ministère et l’ACIA réalisent des programmes de surveillance, ceux-ci se font sur un nombre d’entreprises et de produits limités.

>> À lire aussi: Comment reconnaître les produits biologiques?

MISE À JOUR: Ce texte a été modifié le 23 mars 2021 pour ajouter une précision concernant l'usage de pesticides naturels en agriculture biologique.

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  • Par MARC BéDARD
    14 Mars 2021

    Si on répond ici à “ça veut dire quoi?”, je ne vois pas de réponse claire à l’autre question qui est posée, soit “Est-ce que ça vaut le coup de les acheter ou est-ce aussi bien de garder votre marque maison?”

    Avec 97% de conformité, on peut en douter, mais comme il n’est pas fait mention s’il en coûte plus cher ou non d’opter pour des produits portant cette mention, ion peut difficilement répondre à la question soi-même.

  • Par JACQUES PICHAT
    13 Mars 2021

    Intéressant, mais il me semble qu'il manque une conclusion claire à cet article. Car si j'ai bien compris les informations fournies, cette allégation n'apporte rien de plus au consommateur que la norme en vigueur pour tous les produits sur le marché. La «vraie affaire» c'est la certification bio! Si c'est bien le cas, pourquoi ne pas le dire explicitement... Protégez-vous hésite à se mouiller? Prenez ce commentaire comme venant d'un vieil ami qui ne vous veut que du bien!

  • Par H N
    13 Mars 2021

    Vous écrivez : "L’agriculture traditionnelle a recours aux pesticides, alors que cette option est exclue de l’agriculture biologique."

    Or d'après le cet article : http://www.scientifique-en-chef.gouv.qc.ca/impacts/ddr_pesticides-dans-agriculture-ce-quil-faut-savoir/

    "La culture biologique interdit l’usage des pesticides synthétiques. Un agriculteur dont la ferme est certifiée bio peut par contre avoir recours aux pesticides naturels [...]"
    "Les pesticides naturels peuvent-ils être toxiques pour le consommateur s’ils sont présents en trop grande quantité ? En effet, l’aspect naturel ne garantit pas l’absence de toxicité."

    Votre article me semble très bien, mais peut-être qu'il pourrait être plus précis sur ce point ?
    Les consommateurs que je croise pensent très (trop) souvent qu'en bio il n'y a pas de pesticides, c'est un mythe qui ne devrait pas exister. Les pesticides ont une utilité que l'on soit en agriculture bio ou non.

    Par H N
    11 Avril 2021
    Bonjour, Vous avez raison, nous aurions dû faire la distinction entre pesticides synthétiques et naturels. Une précision a été apporté à l'article. Merci de votre vigilance.Écrit par CéLINE MONTPETIT

    Merci pour la précision Céline MONTPETIT.

    journalist
    Par CéLINE MONTPETIT de Protégez-Vous
    24 Mars 2021

    Bonjour,
    Vous avez raison, nous aurions dû faire la distinction entre pesticides synthétiques et naturels. Une précision a été apporté à l'article. Merci de votre vigilance.