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COVID-19: l’augmentation des déchets collectés peut-elle faire grimper votre compte de taxes?

Par Marie-Eve Shaffer
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Depuis le début de la pandémie de COVID-19, des municipalités ont constaté que leurs citoyens génèrent davantage de matières résiduelles. Cette hausse peut-elle contribuer à faire augmenter le compte de taxes municipales l’an prochain?

Avec le confinement décrété à la fin du mois de mars dernier, bien des travailleurs ont délaissé les immeubles de bureaux, les commerces et les usines pour rester à la maison. Ainsi, les produits consommés jadis au boulot le sont désormais à domicile. D’autres ont profité de leurs temps libres plus nombreux pour désencombrer leur chez-soi. Résultat: les rebuts sortis chaque semaine pour la collecte se sont accrus dans plusieurs municipalités.

Augmentation des dépenses à Laval et dans la MRC de Marguerite d’Youville

À Laval, les résidents ont produit 3 % de plus d’ordures ménagères de mars à juin, par rapport à la même période l’an passé. La quantité de résidus organiques a également bondi de 15 % et celle des matières recyclables, de 2 %.

Pour la municipalité de l’île Jésus, cela pourrait représenter des dépenses supplémentaires de près de 415 000 $ puisque le prix de la cueillette de matières organiques et des ordures ménagères est calculé à la tonne. La responsable des affaires publiques de la Ville de Laval, Anne-Marie Braconnier, joue de prudence en indiquant qu’«il n’y a pas nécessairement de lien direct entre l’augmentation de ces coûts et le compte de taxes».

La Municipalité régionale de comté (MRC) de Marguerite d’Youville, qui regroupe les villes de Calixa-Lavallée, Contrecœur, Saint-Amable, Sainte-Julie, Varennes et Verchères, gère les déchets générés par les citoyens qui y résident. Elle a aussi relevé un accroissement de la quantité de rebuts récoltés de mars à juin, sans préciser dans quelle mesure. Cela entraîne une hausse des dépenses puisque les prix sont aussi déterminés selon le tonnage amassé.

«Le budget alloué à la gestion des matières résiduelles sera ajusté à la fin de l’année et il faut s’attendre à des coûts plus élevés pour les villes de façon globale à cause de la COVID-19», rapporte Dominic Gauthier, chargé de communications et des relations publiques de la MRC de Marguerite d’Youville.

Une hausse sans coût supplémentaire à Rimouski

La Ville de Rimouski a pour sa part observé une augmentation de 2 à 3 % des ordures ménagères recueillies au cours des cueillettes hebdomadaires effectuées de mars à juin, d’après des données préliminaires. Les sites d’enfouissement facturent aux municipalités le traitement de leurs déchets. Puisque la Ville exploite elle-même des lieux d’enfouissement, elle n’a pas de tarif à payer. De plus, le contrat de collecte des déchets n’a pas été accordé selon le tonnage recueilli. Cela fait en sorte que la hausse de rebuts n’a pas d’impact sur le budget municipal, selon Claire Lafrance, chef de la Division environnement du Service de génie et environnement de la Ville de Rimouski.

Rimouski doit toutefois s’acquitter de redevances, comme le prescrit le Règlement sur les redevances exigibles pour l’élimination de matières résiduelles. «[Ces] redevances sont redistribuées [à 85 %] aux municipalités sous forme de subvention conditionnelle à une bonne performance en gestion des matières résiduelles, et, à ce chapitre, la Ville de Rimouski a une très bonne performance», mentionne Claire Lafrance.

Cette municipalité du Bas-Saint-Laurent fait en effet partie des dix villes ayant une population de plus de 10 000 habitants qui génèrent le moins de déchets, d’après les statistiques de 2018 du ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques. Son taux annuel d’ordures ménagères se situait alors à 182,57 kg par résident.

Fluctuations dans la métropole

Quant à la Ville de Montréal, qui représente l’épicentre de la pandémie au Québec, elle a enregistré une baisse (-3 %) des ordures ménagères amassées du mois de février au mois de mai, par rapport à la même période en 2019, relatent des données préliminaires. La quantité de matières recyclables est demeurée stable alors que celle des résidus alimentaires a crû de 16 %.

La relationniste de la Ville de Montréal, Karla Duval, précise que la municipalité paye ses fournisseurs qui éliminent et valorisent ses rebuts selon le tonnage recueilli. Elle ne s’est pas avancée sur la possibilité que le compte de taxes de l’année 2021 soit révisé à la hausse en raison de cette accumulation supplémentaire de matières résiduelles.

La stabilité à Québec

Du côté de la Ville de Québec, il n’y a pas d’inquiétude: l’amas de déchets récoltés par les bennes à ordure depuis le début de la pandémie de COVID-19 est resté stable. S’il y a une augmentation des taxes municipales, celle-ci ne sera pas attribuable à la quantité de détritus rejeté par ses citoyens.

PRÉCISION 23/07/2020: À la demande de la Ville de Rimouski nous avons modifié un paragraphe afin d'ajouter des précisions sur le contrat de collecte.

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